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E P I T R E S.

Epîtres.

А

On a placé les épîtres suivant leurs dates.

. Quelques-unes de celles qui ont été imprimées dans les autres éditions , ne paraissent point ici ; elles fesaient partie de lettres mêlées de prose et de vers qui sont recueillies dans un des volumes de cette édition.

Peut-être les lecteurs trouveront-ils plusieurs des premières épîtres fort inférieures à celles que

l'auteur a données lui-même au public ; cependant on n'a pas cru devoir les retrancher : on y verra les progrès qu'il a faits vers la perfection. Et ceux qui cultivent la poësie y apprendront que, même dans un petit genre, le génie le plus étendu et le plus facile a encore besoin du secours de l'étude et de la réflexion,

N. B. On trouvera dans quelques volumes de cette nouvelle édition des renvois à celui des Epîtres, lesquels ne se rapportent pas exactement aux chiffres indiqués, parce que depuis l'impression il est survenu un assez grand nombre de pièces pour engager

les Editeurs à réimprimer le volume en entier, ce qui a changé le premier ordre numérique des Epîtres. Mais au moyen de la Table on reconnaîtra facilement les citations.

Les notes font indiquées par des chiffres ; et les variantes par des lettres ilaliques.

A MONSEIGNEUR,

Fils unique de LOUIS XIV. (1)

1706 ou 1707.

Noble fang du plus grand des rois,
Son amour et notre espérance,
Vous qui, sans régner sur la France,
Régnez sur le cour des François, (2)
Pourrez-vous souffrir que ma veine,
Par un effort ambitieux,

Ose vous donner une étrenne,
Vous qui n'en recevez que de la main des Dieux ?

La nature en vous fesant naître,
Vous étrenna de ses plus doux attraits,

Et fit voir dans vos premiers traits
Que le fils de Louis était digne de l'être.
Tous les Dieux à l'envi vous firent leurs présens :
Mars vous donna la force et le courage;

Minerve, dès vos jeunes ans,
Ajouta la sagesse au feu bouillant de l'âge,

(1) Ces vers furent présentés à ce prince par un soldat des invalides : l'auteur avait environ douze ans lorsqu'il les fit. Voyez le Commentaire historique sur sa vie. Cette pièce y est citée , mais avec quelques differences.

(2) On rimait alors pour les yeux: M. de Voltaire suivait en cela l'exemple des poëtes du siècle de Louis XIV; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que la rime était faite pour l'oreille : il entreprit le premier d'accorder l'orthographe avec la prononciation , et fit voir le ridicule d'écrire le peuple français, còmme saint François. Plusieurs écrivains ont senti la justesse de ses observations , et ont adopté son fyftême.

Az

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L'immortel Apollon vous donna la beauté;
Mais un Dieu plus puissant, que j'implore en mes peines,

Voulut aussi me donner mes étrennes,
En vous donnant la libéralité.

EP I TRE I I.

A M A D A ME

LA COMTESSE DE FONTAINE,

Sur son roman de la comtesse de Savoie.

17 13.

La Fayette et Segrais, couple fublime et tendre,
Le modèle, avant vous, de nos galans écrits,
Des champs élysiens, sur les ailes des Ris,

Vinrent depuis peu dans Paris :
D'où ne viendrait-on pas, Sapho, pour vous entendre?

A vos genoux tous deux humiliés,
Tous deux vaincus, et pourtant pleins de joie,

Ils mirent leur Zaïde aux pieds

De la comteffe de Savoie.
Ils avaient bien raison : quel dieu, charmant auteur,
Quel dieu vous a donné ce langage enchanteur,

La force et la délicatesse,
La simplicité , la noblesse ,

Que Fénélon seul avait joint;
Ce naturel aisé dont l'art n'approche point?
Sapho, qui ne croirait que l'Amour vous inspire ?
Mais vous vous contentez de vanter son empire;

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