Page images
PDF
EPUB

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Le Patois de la commune de la Grand'Combe, Champion, Paris, 1910.

(Ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres.) La Dame lisant un livre, de Pieter de Hoogh, Société anonyme

des éditions Sonor, Genève, 1921. * Quelques heures de français dans une université anglaise, Les

Presses Universitaires, Paris, 1923. *The Methodical Study of Literature, Les Presses Universitaires,

Paris, 1924.

En préparation : Le Rôle psychologique de la construction dans la phrase française. * Ces ouvrages sont en vente à Londres, chez Williams and Norgate,

14 Henrietta Street, W. C. 2.

R. LANSON et J. DESSEIGNET, La France et sa civilisation, de la

Révolution à nos jours, G. Harrap and Co, London, 1922. Jean PLATTARD, La Renaissance des lettres en France, Armand

Colin, Paris. G. Rudler, L'Explication française, principes et applications,

5e édition, Paris, A. Colin, in-12. G. RUDLER, Les Techniques de la critique et de l'histoire littéraires

en littérature française moderne, Oxford University Press (Presses

Universitaires de France, in-12. G. RUDLER, Michelet historien de Jeanne d'Arc, tome 1 : La Méthode;

tome II (à paraître prochainement): La Pensée et l'Art, in-80. G. RUDLER, Michelet, Jeanne d'Arc, édition critique (2 vol.),

Hachette. Société des textes français modernes, in-12.

FÉLIX BOILLOT
Professeur à l'Université de Bristol

LES

IMPRESSIONS SENSORIELLES

CHEZ LA FONTAINE

« Vous ne connaissez pas Zenon, mademoiselle ? Ne le connaissez jamais. Il niait la sensation. Et tout n'est que sensation. »

Anatole FRANCE. Jocasle et le Chat maigre, p. 4.

LES PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE

49, BOULEVARD SAINT-Michel, PARIS HUMPHREY MILFORD, OXFORD UNIVERSITY PRESS

LONDRES, EDIMBOURG, GLAscow, TORONTO MELBOURNE, LE CAP, New-YORK, BOMBAY, MADRAS, SHANGHAI

1926

PQ
1812
B68

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE :

20 exemplaires sur papier pur fil des Papeteries Lafuma,

numérotés de 1 à 20.
Et 2 exemplaires sur papier de Hollande,

numérotés A et B.

L'auteur se fait un agréable devoir de remercier Mlle E. MORIN et M. de V. PAYEN-PAYNE qui ont bien voulu l'aider à corriger les épreuves du présent ouvrage.

z
HP Thuerre
5-16-41

INTRODUCTION

« Toutes les méthodes exactes, érudites et patientes dont médisent volontiers les gens qui ne les comprennent point ou ne sont point capables de les manier, ne vont pas à supprimer le sentiment littéraire, mais à lui donner une nouvelle activité, un jeu plus sûr et plus large et des possibilités inépuisables de jouissance ».

G. LANSON,
L'Art de la prose, 1918.

[ocr errors]
[ocr errors]

But de l'ouvrage. Rôle des impressions sensorielles. Leur nature.

La cénesthésie. Les impressions sensorielles dans la littérature. Les impressions sensorielles chez La Fontaine. Leur subordination à l'action.

En présentant au public cette nouvelle étude sur La Fontaine, nous ne sommes pas très certain d'avoir fait mieux ni même autre chose qu’un catalogue analytique et sans doute, si tel est le cas, on saura bien nous le dire. Peut-être aussi verra-t-on là le moindre défaut de cet ouvrage. Certains trouveront qu'à l'instar de ces conteurs :

Qui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope (1) nous avons passé beaucoup de temps, dépensé beaucoup d'efforts à de minutieuses bagatelles qui ne sont point dignes qu'on s'y amuse. D'autres nous reprocheront d'avoir écartelé le pauvre bonhomme tout pantelant sur la table d'opération.

Nous reconnaissons avoir cédé à cette curiosité aiguisée qu'a

(1) Le Dépositaire infidèle, F. IX, 1.

)

développée de nos jours l'habitude particulière de la critique historique et de la littérature analytique, mais nous serions fort sensible au reproche d'avoir voulu faire étalage d'une fausse précision scientifique.

Par une investigation approfondie, par la multiplicité d'observations précises et définies, nous avons, certes, tenté de serrer de plus près la vérité, cette « chose insaisissable » dont parle H. Spencer, mais il serait puéril en pareille matière de demander à ces constatations plus qu'elles ne peuvent fournir et nous espérons ne l'avoir pas fait. Notre dessein a été simplement d'offrir aux étudiants un instrument de travail qui n'existait pas encore. A notre connaissance l'étude générale et méthodique des impressions sensorielles et de leur transformation formelle chez un écrivain n'a pas été entreprise jusqu'à ce jour bien qu'elle ait déjà été recommandée par Renard (1) et Rudler (2).

Déterminées par l'hérédité, le milieu, l'éducation, mystérieusement élaborées dans le laboratoire secret de la conscience suivant le tempérament de l'auteur, les impressions sensorielles sont ensuite plus ou moins consciemment objectivées en une forme unique, compréhensive et synthétique qui affecte à son tour la sensibilité du lecteur. La connaissance de leur fonctionnement est donc capitale pour l'intelligence intime d'une œuvre et de son créateur. Elle permet à certains égards de juger de sa technique sur des éléments plus complets que ceux dont la critique dispose d'ordinaire. Ces éléments sont innombrables et la documentation qu'ils fournissent ne peut être accessible et utilisable qu'à condition d'être logiquement ordonnée. Aussi, pour que l'abondance des matières de ce « magasin de documents » ne nuise pas à la clarté de l'ensemble, nous avons adopté

[ocr errors]

(1) La Méthode scientifique de l'histoire littéraire, Paris, Alcan, 1900.

(2) Les Techniques de la critique et de l'histoire littéraire, Oxford, Clarendon Press, 1924, ouvrage indispensable à tous ceux qui cherchent à résoudre des problèmes d'histoire littéraire.

« PreviousContinue »