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N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d'un pas relevé,

Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l'ennemi se présentant,
Comme il en youlait à l'argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein, et l'arrête.

Le mulet, en se défendant,

Se sent percer de coups; il gémit, il soupire ;
Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis
Ce mulet qui me suit du danger se retire;
Et moi j'y tombe et je péris!

Ami, lui dit son camarade,

Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi: Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi, Tu ne serais pas si malade.

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Un loup n'avait que les os et la peau,

Tant les chiens faisaient bonne garde ! Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau Gras, poli (1), qui s'était fourvoyé par mégarde. L'attaquer, le mettre en quartiers,

Sire loup l'eût fait volontiers;

(1) Luisant,

Mais il fallait livrer bataille;

Et le mâtin était de taille

A se défendre hardiment.

Le loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint qu'il admire.

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- Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,

D'être aussi gras que moi, lui repartit le chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères et pauvres diables

Dont la condition est de mourir de faim.

× Car, quoi! rien d'assuré ! point de franche lippée ! Tout à la pointe de l'épée !

X

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Suivez-moi, vous aurez un bien meilleur destin.

Le loup reprit :

Que me faudra-t-il faire ?

X - Presque rien, dit le chien donner la chasse aux gens x Portant bâtons et mendiants:

Flatter ceux du logis, à son maître complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs de toutes les façons,

Os de poulets, os de pigeons;
Sans parler de mainte caresse.

Le loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

✰ Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé: [de chose. · Qu'est-ce là? lui dit-il.—Rien. —Quoi ! rien !- -Peu

Mais encor?

Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause,

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Attaché dit le loup vous ne courez donc pas

Où vous voulez ?-Pas toujours; mais qu'importe !

-II importe si bien que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître loup s'enfuit et court encor.

VI

La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion

La génisse, la chèvre, et leur sœur la brebis,
Avec un fier lion, seigneur du voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,

Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva prís.
Vers ses associés aussitôt elle envoie.
Eux venus, le lion par ses ongles compta,
Et dit:

Nous sommes quatre à partager la proie.
Puis en autant de parts le cerf il dépeça;
Prit pour lui la première en qualité de sire :
Elle doit être à moi, dit-il, et la raison,
C'est que je m'appelle lion :

A cela l'on n'a rien à dire.

La seconde, par droit me doit échoir encor :
Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort.
Comme le plus vaillant, je prétends la troisième.
Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,
Je l'étranglerai tout d'abord.

VII

La Besace

Jupiter dit un jour; Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son composé quelqu'un trouve à redire,
Il peut le déclarer sans peur;

Je mettrai remède à la chose.
Venez, singe; parlez le premier, et pour cause:
Voyez ces animaux, faites comparaison

De leurs beautés avec les vôtres.

Etes-vous satisfait ? Moi! dit-il, pourquoi non ?
N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres?
Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché :
Mais pour mon frère l'ours, on ne l'a qu'ébauché;
Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre.
L'ours venant là-dessus, on crut qu'il s'allait plaindre.
Tant s'en faut de sa forme il se loua très-fort;
Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encor
Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles;
Que c'était une masse informe et sans beauté.
L'éléphant étant écouté,

Tout sage qu'il était, dit des choses pareilles : x
Il jugea qu'à son appétit

Dame baleine était trop grosse.
Dame fourmi trouva le ciron trop petit,
Se croyant, pour elle, un colosse.

Jupin les renvoya s'étant censurés tous,

Du reste, contents d'eux. Mais parmi les plus fous

Notre espèce excella; car tout ce que nous sommes,
Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous,

Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes:
On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain.
Le fabricateur souverain

Nous créa besaciers tous de même manière,

Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui,
Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.

VIII

L'Hirondelle et les petits Oiseaux

Une hirondelle en ses voyages

Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,
Et devant qu'ils fussent éclos,

Les annonçait aux matelots.

Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème,
Elle vit un manant (1) en couvrir maints sillons.

Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons ;
Je vous plains, car pour moi, dans ce péril extrême,
Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin.
Voyez-vous cette main qui par les airs chemine?
Un jour viendra, qui n'est pas loin,

(1) Paysan.

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