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Toutes sortes de maux. Si don coursier voulait

Ne point céler sa maladie,

Lui loup, gratis, le guérirait :

Car le voir en cette prairie

Paître ainsi sans être lié

Témoignait quelque mal, selon la médecine.

J'ai, dit la bête chevaline,

Une apostume sous le pied.

Mon fils, dit le docteur, il n'est point de partie
Susceptible de tant de maux.

J'ai l'honneur de servir nos seigneurs les chevaux,
Et fais aussi la chirurgie.

Mon galant ne songeait qu'à bien prendre son temps,
Afin de happer son malade.

L'autre, qui s'en doutait, lui lâche une ruade
Qui vous lui met en marmelade

Les mandibules et les dents.

Cest bien fait, dit le loup en soi-même, fort triste; Chacun à son métier doit toujours s'attacher.

Tu veux faire ici l'arboriste (1),
Et ne fus jamais que boucher.

IX

Le Laboureur et ses Enfants

Travaillez, prenez de la peine :

C'est le fonds qui manque le moins.

(1) S'employait, du temps de La Fontaine, pour herboriste.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents :

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit, mais un peu de courage
Vous le fera trouver; vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût :
• Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.

Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.

D'argent point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

X

La Montagne qui accouche

Une montagne en mal d'enfant

Jetait une clameur si haute,

Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu'elle accoucherait, sans faute,
D'une cité plus grosse que Paris :

Elle accoucha d'une souris.

Quand je songe à cette fable, gulum sed!
Dont le récit est menteur

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Que firent les Titans au maître du tonnerre.e

C'est promettre beaucoup, mais qu'en sort-il souvent?

Du vent.

ΧΙ

La Fortune et le jeune Enfant

Sur le bord d'un puits très-profond,
Dormait, étendu de son long,

Un enfant alors dans ses classes :
Tout est aux écoliers couchette et matelas.
Un honnête homme, en pareil cas,

Aurait fait un saut de vingt brasses.
Près de là tout heureusement

La Fortune passa, l'éveilla doucement,

Lui disant : Mon mignon, je vous sauve la vie
Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi;
Cependant c'était votre faute.

Je vous demande, en bonne foi,

Si cette imprudence si haute

Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.

Pour moi, j'approuve son propos.

Il n'arrive rien dans le monde,

Qu'il ne faille qu'elle en réponde.
Nous la faisons de tous écots;
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures;
On pense en être quitte en accusant son sort :
Bref, la Fortune a toujours tort.

XII

Les Médecins

Le médecin Tant-pis allait voir un malade
Que visitait aussi son confrère Tant-mieux.
Ce dernier espérait, quoique son camarade
Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,
Leur malade paya le tribut à nature,

Après qu'en ses conseils Tant-pis eut été eru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.

L'un disait :

Il est mort; je l'avais bien prévu.
S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie.

XIII

La Poule aux ceufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,

Que celui dont la poule, à ce que dit la fable
Pondait tous les jours un œuf d'or.

Il crut que dans son corps elle avait un trésor :
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens chiches Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches.

XIV

L'Ane portant des Reliques

Un baudet chargé de reliques

S'imagina qu'on l'adorait.

Dans ce penser il se carrait,

Recevant comme siens l'encens et les cantiques.

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Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit :

Maître baudet, ôtez-vous de l'esprit
Une vanité si folle,

Ce n'est pas vous, c'est l'idole,
A qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.

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