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EXTRAITS DE LA PRESSE

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« En 1897, Gaston Paris écrivait : « M. Brunot aura l'honneur d'avoir réalisé le premier un dessein que plus d'un, sans doute, a formé, mais que nul avant lui n'avait osé exécuter, car le livre que Littré a publié sous le nom d'Histoire de la langue française (et qui n'est qu'un recueil d'articles parus presque tous dans le Journal des Savants) ne mérite aucunement ce nom, et les quelques esquisses superficielles qu'on a depuis données sous ce titre ne valent pas inême la peine d'être mentionnées. Ce courage, M. Brunot le justifie par le savoir et le talent avec lesquels il a exécuté sa difficile entreprise; il a doté la littérature scientifique d'une ouvre qui lui manquait... Il est à souhaiter que l'auteur,'une fois terminée la grande publication collective (L'Histoire de la Langue et de la Littérature française, de PETIT DE JULLEVILLE) à laquelle cette oeuvre est annexée, l'en dégage pour en faire un livre à part, qui sera assurément, quand il l'aura revu, complété et perfectionné, un des livres les plus importants, les plus distingués et les plus utiles que la philologie du xixe siècle lèguera à l'âge qui vient...)).

M. Brunot a plus que réalisé le væu de Gaston Paris. Si, dans la première partie de son livre, l'histoire de la langue française au xvio siècle a été beaucoup améliorée, la seconde partie est entièrement nouvelle. Tous ceux qui étudient notre langue admireront la solidité, la belle ordonnance de l'oeuvre, et féliciteront l'auteur d'avoir si vaillamment mené à bonne fin cet immense travail. ))

(EDMOND HUGCET. - Journal des Savants, février 1908.)

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« En résumé, une information très étendue, puisée aux sources originales, une cuvre d'histoire où les faits sont expliqués par leur liaison, dont les grandes lignes se dégagent dans une belle et vivante construction : double effort heureux d'analyse et de synthèse, de science et d'art; les volumes parus nous sont bien augurer du monument que M. Brunot aura l'honneur d'élever à notre langue nationale. »

(Louis CLÉMENT. Revue du Mois.)

« M. Brunot continue sa magistrale histoire de la langue française. Toutes les qualités de science et de méthode qu'on admirait déjà dans le premier volume se retrouvent dans le second. La partie de l'ouvrage intitulée le « mouvement de la langue », avec ses quatre sections (vocabulaire, phonétique, morphologie, syntaxe), rassemble une masse prodigieuse de renseignements que les philologues liront et consulteront avec le plus grand profit: nulle part ailleurs, ils ne les trouveront rassemblés aussi nombreux ni aussi sûrs. »

(G. MICHAUT. - Revue des Cours et Conférences.)

EXTRAITS DE LA PRESSE (suite)

« Der Wunsch des grossen unvergesslichen Meisters unserer Wissenschaft
wird mit vorliegendem Buche erfüllt. Man möchte seine Studien noch einmal
beginnen an der Hand eines solchen Buches, das die Ergebnisse der Wissenschaft
so klar und übersichtlich zusammenstellt, viel Neues aus eigenen Forschungen
herbeibringt und auf alle Lücken hinweist, die durch weitere Studien auszufül-
len sind. »

(Neue philologische Blätter.)

« Gute Kenntnisse, gesunde Kritik und gefällige Darstellung sichern dem
Werke in der Hand der Lernenden, vor allem aber auch der Lehrenden einen
bleibenden Wert. )) (W. MEYER-LÜBKE. – Göttingische gelehrte Anzeigen.)

« Je ne puis m'étendre ici sur les grands mérites de cet ouvrage, sur l'ampleur
de son sujet, son ordonnance méthodique, la richesse de sa documentation, la
clarté de son style. Il est le fruit d'études longues et approfondies. »

(A. G. VAN HAMEL. - De Gids, Amsterdam.)

HISTOIRE

DE LA

LANGUE FRANÇAISE

TOME III (DEUXIÈME PARTIE)

EXTRAIT DE LA TABLE DES MATIÈRES

LIVRE IV

SYNTAXE

СВАР.

-

1. L'Article : L'article défini, indéfini, partitif.
II. Le Substantif. Les genres : noms déclarés masculins; noms déclarés

féminins; noms qui ont deux genres suivant le sens. Les nombres :
pluriel des noms de nombre; des noms communs; le singulier col-

lectif; pluriel au lieu de singulier, etc.; l'apposition.
III. – L'Adjectif : Adjectifs et adverbes; accord de l'adjectif; construction du

complément des adjectifs; répétition de l'adjectif.

Table des Matières du TOME III : Deuxième Partie (suite).

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IV. – Les Noms de nombre : Ordinaux et cardinaux; les noms de nombre

indéfinis et la précision. V. Les Pronoms : Pronoms personnels; pronoms réfléchis; pronoms et

adjectifs possessifs; pronoms démonstratifs; pronoms relatifs; pro

noms interrogatifs; pronoms et adjectifs indéfinis. VI. Le Verbe. Les personnes : verbes impersonnels; accord du verbe en

nombre; accord en personne dans les propositions relatives. Les voix : rapport du verbe avec le sujet et l'objet; verbes objectifs employés sans complément d'objet; construction du complément d'objet. – Les modes personnels : propositions complétives; proposi

. tions relatives; propositions finales et consécutives; propositions causales; propositions marquant opposition; propositions temporelles; phrases hypothétiques et conditionnelles. Les temps : concordance du temps dans les propositions coordonnées; concordance du temps entre principales et subordonnées. L’infinitif. Le participe : emploi du participe présent; construction du participe gérondif, du

participe passé; accord du participe passé. VII. Les Adverbes : La négation. Distinction des adverbes et des prépo

sitions. VIII. Les Prépositions : Efforts pour en régler le sens et l'emploi; position

dans un lieu; direction vers un lieu; position sur un lieu; position dans le temps; complément d'instrument, de moyen; complément de manière; complément de prix; complément d'appartenance; obser

vations sur diverses prépositions. IX. – Les Conjonctions : Conjonctions de coordination; conjonctions de subor

dination. L'Ordre des mots : Aperçu général; le sujet rapproché du verbe; le par

ticipe passé rapproché de l'auxiliaire; autres rapprochements; place du sujet; place des compléments; place de l'attribut; place de l'ad

jectif épithète; place du pronom; place de l'adverbe. XI. – La Phrase : La phrase du xvje siècle et la phrase moderne; rôle de

Malherbe dans l'élaboration de la période; la régularité, la clarté et la netteté; la mesure des périodes; le style coupé, les qui et les que; l'harmonie, 'la « douceur », le rythme; la variété; la sobriété; les

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X.

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synonymes; reprise nécessaire dans chaque proposition. CONCLUSION. Nouvelles conquêtes du Français : Le français et les sciences; le

français et l'enseignement; le français dans la nation; le français et les dialectes; le français littéraire et le français parlé; la langue académique.

LIBRAIRIE

ARMAND COLIN

5, rue de Mézieres, PARIS.

c'est ce que les classiques appelaient la vraisemblance, et ce que Flaubert aimerait appeler la science. Sa correspondance montre à chaque page avec quel soin il se renseignait sur les plus petits détails, et comment il en est arrivé à une conception presque mystique du rapport intime qu'il y a entre la beauté de la forme et la vérité du fond. C'est là son réalisme, à ne pas confondre avec la réalité médiocre ou brutale de la vie.

Dès lors, ce que j'étudie ici, ce n'est pas du tout l'exactitude de la réalité, au sens vulgaire du mot, dans Madame Bovary; il n'y aurait là qu'un intérêt documentaire, de troisième ordre. Je cherche tout autre chose : m'attachant à la méthode même de Flaubert, je me demande s'il est resté fidèle à cette méthode, si son réalisme est vraiment solide. J'ignore absolument Eugène Delamarre et Véronique-Adelphine Couturier, et je considère la vérité de Flaubert comme étant la réalité immédiate, la seule que nous ayons à contrôler, afin de voir si elle demeure logique jusque dans le détail.

J'ai commencé cette étude par pure curiosité, sans savoir où elle me mènerait: je tentais en quelque sorte une expérience, par analyse microscopique. Les résultats m'ont surpris : d'une part, ils confirment pleinement le réalisme scrupuleux de Flaubert et font mieux comprendre la disposition des parties et l'harmonie de l'ensemble; d'autre part, en constatant quelques défaillances, ils expliquent un côté particulier de la vision artistique chez Flaubert et révèlent le conflit du poète avec le savant.

Commençons donc par supposer que Madame Bovary, telle que Flaubert nous la donne, est une « histoire vraie », et tâchons d'en fixer la chronologie, de même que nous établirions la biographie d'un personnage par des mémoires, des lettres ou autres documents.

Madame Bovary comprend trois parlies, de longueur et d'importance fort diverses, ce qu'on n'a pas assez remarqué. Il importe d'indiquer cette division dans le tableau chronologique. La première partie a 91 pages et neuf chapitres; en réalité, huit; car le chapitre I est consacré tout entier aux préliminaires, à l'exposition. L'action ne commence qu'au chapitre II.

Résumons d'abord les faits de l'exposition :
Le père Bovary s'est marié « vers 1812 » (p. 5; Ch. 1; 0. 5);

1. Je cite d'après l'édition Conard, en indiquant entre parenthèses, pour faciliter le controle, les pages de l'édition Charpentier et de l'édition Quantin. Pour la Correspondance, au moment où je corrige ces lignes, nous ne possédons de l'édilion Conard que les volumes I et II.

nous n'avons aucune date précise sur la naissance de Charles; mettons-la encore en 1812, car il importe (comme on le verra plus loin) de resserrer autant que possible tous ces faits préliminaires. A douze ans (1824), il prend des leçons chez le curé (p. 8; Ch. 7; Q. 8); trois ans après, fin octobre 1827, il entre au collège de Rouen (p. 9; Ch. 8; Q. 9); il a une quinzaine d'années environ (p. 2); il entre en cinquième, et quitte le collège à la fin de sa troisième (1830), se prépare au baccalauréat, échoue une première fois ses examens, mais est reçu plus tard avec une assez bonne note. Quand ? Nous n'avons là-dessus qu'une date très vague : le père Bovary n'apprend l'échec aux premiers examens que « cing ans plus tard » (p. 12; Ch. 10; Q. 13); vraisemblablement, lors de la réussite; mais quand eut lieu ce premier échec? nous n'en savons rien. Procédons alors d'une autre manière, en anticipant ici sur des résultats postérieurs, que nous pourrons fixer d'une manière certaine : la mort d'Emma ne peut avoir lieu après 1847; il y a même une raison de la mettre en 1816; dès lors, il faut que l'action (qui dure neuf ans) commence en 1837, et c'est donner aux examens de Charles Bovary la date probable de fin 1835, et à son premier mariage la date certaine de 1836. Sans doute il y a à cela quelque difficulté, à cause des « cinq ans plus tard », mais l'âge de Bovary au moment de ses examens (23 ans) est assez vrai. semblable, et d'ailleurs il n'y a pas moyen de faire autrement.

Constatons ici, une première fois, un certain flottement dans les indications de Flaubert, et admettons que Bovary est reçu comme officier de santé en 1835; très peu de temps après, il épouse, sur l'ordre de sa mère, une veuve de quarante-cinq ans ! (p. 13; Ch. 11; Q. 13). Ce fait a sa grande importance psychologique ou physiologique, ainsi que nous le verrons plus tard. Pour le moment, j'énumérerai les faits, en m'abstenant de tout commentaire.

Ce premier mariage dure quatorze mois (p. 47; Ch. 36; Q. 45). Héloïse Dubuc mourant au printemps, le mariage doit avoir lieu tout au commencement de 1836, qui est donc la dale de l'établissement à Tostes. Tels les préliminaires; l'action véritable commence avec le chapitre II, le 6 janvier 1837. Désormais nous aurons des dates précises, en série continue, et nous pouvons dresser un véritable tableau chronologique.

!

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