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croire au seul genre d'esprit qui vous manque. Sur un théâtre on répétoit Didon. Le beau Damnis', placé dans la coulisse , A chaque acteur vouloit donner le ton; Puis, s'adressant à la jeune Clarice, Qui, dans son art, étoit encor novice : « Ce qu'on sent bien on le rend beaucoup mieus, « Lui disoit-il. Didon, désespérée, « Contre un perfide invoque ici les dieuz.

Pour exprimer ses transports furieux,

Supposez-vous au même sort livrée ; « Si, par exemple, inconstant dans mes goûts, « Sans nul égard aux liens les plus doux, « J'allois, amant d'Eglé, cesser d'être le vôtre, * Dites, ma chère, alors que feriez-vous? * Qui? moi, Damis? eh mais... j'en choisirois..

un autre.

P.LA IDE U R.

Unavocat de Colmar légua 74 mille livres à l'hôpital des fous de Strasbourg. Je les ai gagnées , dit-il, avec les pauvres fous qui passent leur vie de

plaider. La fureur de procéder est comme celle du jeu, elle ne finit qu'à la mort. Un seigneur de la ci-devant Bourgogne , après s'être ruiné totalement de fond en comble, cherchoit encore à emprunter de l'argent pour acheter des procès. Il mourut enfin , laissant à ceux qui voulurent hériter de lui deux cent onze procès indécis.

V ALS E.

Ce sont les pesans allemands qui nous ont appris cette danse. Danse délicieuse et propice à l'amour. C'est en valsant qu'un amant peut presser sa maitresse contré son sein , sentir son cæur palpiter contre le sien ; et par

les attitudes voluptueuses dont elle est susceptible, jouir de ses moindres moua vemens, et s'enivrer à longs traits du filtre de la volupté.

Connoissez tous ces pas , tous ces enlacemens,
Ces gestes parurels qui sont des sentimens ;

Cet abandon facile ei fait pour la tendresse,
Qui rapproche l'amant du sein de sa maitresse.

A D V E R B E.

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Tout le monde sait que l'adverbe est un mot indéclinable , qui est joint au verbe; mais ce que tout le monde ne sait pas, c'est qu'adverbe , dans les grosses

des

procureurs étoit d'un produit très-lucratif. Un adverbe faisoit une ligne entière. Cornicet, jadis procureur au Châtelet, demeurant rue Jean-Pain-Moilet, à côté d'un cabaret, un des plus intrépides paperasseurs de ceite jurisdiction , avoit coutume de dire , à qui vouloit bien l'entendre qu'il ne donneroit pas ses adverbes pour mille écus

par an.

AG I O T A G I.

Peste circulante , dont la contagion détruit toute vraie circulation, consume toute industrie , dissout, anéantit

tous les liens sociaux, tous les principes, toutes les règles du bon ordre. On voit les agioteurs abonder sur les places de commerce ou de change comme les rats dans les maisons, à mesure qu'elles vieillissent, sauf à hâter leur ruine, et disparoître ensemble au moment où elles viendront à tomber.

M E R V E I L L E V X.

Le vrai nous donne la conviction, le merveilleux nous étonne. Surtout du merveilleux ! sans lui , sans sa magie , L'esprit désenchanté retombe en léthargie.

Ce n'est pas dans les productions littéraires et les romans du jour qu'il faut aller chercher du merveilleux, on n'y trouvera que de l'immerveilleux, ex. cepté dans les poésies et les harangues et discours politiques du G. Dubroca au Portique-Républicain. Ony verra ,

disje, ce qu'on n'a jamais vu, et que probablement on ne verra jamais, de la bè

tise sans malice, du savoir sans science, de l'enihousiasme sans feu ni verve, et du raisonnementsans sens commun. Au surplus, tout cela passe au Portique-Républicain, qui a juré, sur ses anciens trophiées, d'abjurer le génie, l'esprit et le sens commun. Il a tenu et il tient parole.

É P I T A P H E.

Dernière des vanités de l'homme. Victime de l'erreur pendant sa vie le mensonge le suit à sa mort jusque sur son tombeau.

M. de Laplace, dans le tems qu'il écrivit tant, fit un recueil d'épitaphes en trois gros vol. in-12, qu'on pourroit réduire, sans lui faire tort, pelit vol. in-18; mais M. de Laplace travailloit pour le libraire ; et pour ces sortes de

gens tité, et non la qualité qu'il faut. Parmi

à un

c'est la quan

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