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deville et des Troubadours les théâtres de l'esprit; mais, pour le bon goût, on devroit en retrancher les

grosses

farces de Léger et les calembourgs de Chazet.

A M B A S S A D E U RS.

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Espions titrés que les cours s'envoient réciproquement, dans la louable intention de se surveiller et de se tromper. Un ambassadeur, selon Vol

taire,

... N'est qu'un ennemi sousun titre honorable, Qui vient rempli d'orgueil et de dextérité, Insulter ou trahir avec impunité.

G É O M É TR I E.

On demandoit à Galilée à quoi servoit la géométrie ; il répondit que la géométrie servoit principalement à peser, à mesurer et à

compter.

A

peser les ignorans, à mesurer les sots et à compter les uns et les autres.

saveur

V I E IL L A R D. Homme méfiant, dur, avaricieux, atrabilaire, vantant toujours le passé, maudissant le présent et redoutant l'avenir.

De jour en jour tout dépérit,
Et la nature dégénère,
Disoit un vieillard décrépit.
Les femmes n'ont plus l'art de plaire ,
Les hommes manquent de vigueur,
Les fruits ont perdu leur
Comme le soleil sa lumière ;
Les fleurs ont un parfum moins dour....
Vieillard, rien n'a changé que vous.

H A U TE U R. Le plus bel exemple d'une hauteur noble et bien placée est celui de Popilius, qui trace un cercle autour d'un puissant roi de Syrie, et lui dit: Vous ne sortirez pas de cecercle , sans satisfaire la république , ou sans attirer sa vengeance.

M E N DICIT É. C'est une dégénération de la pauvreté,

dont

dont l'état précaire est la source ordinaire des vols, des assassinats et généralement de presque tous les crimes qui désolent la sociélé. Quoique née de la paresse, elle est le plus souvent le résultat des vices du gouvernement ou d'une population immense.

Un mendiant demandoit l'aumône à Marivaux. Comment, lui dit celui-ci, étant fort et robuste, ne travaillez-vous pas. Hélas ! monsieur, lui répondit ce mendiant, si vous saviez comme je suis paresseur !

En Hollanưe, on avoit trouvé un plaisant moyen de remédier à ce vice. Lorsqu'un homme forl et en état de travailler faisoit le métier de mendiant, on le descendoit dans un puits profond, et on lâchoit le robinet. Le pauvre étoit obligé de pomper sans relâche pour éviter d'être noyé. Pendant que ce malheureux travailloit, de graves hollandais faisoient des paris sur le bord du puits : l'un gageoit que l'homme seroit

B

assez lâche et paresseux pour se laisser
périr ; l'autre gageoit le contraire.
Enfin , après quelques heures, on ti-
roit le mendiant plus mort que vif , et
on le renvoyoit avec cette leçon utile
de travail.

M É DIS A N T.

Le médisant, qui parle mal des ab-
seus, est un poltron qui arrache le poil
au lion mort.
Fuyez ce médisant , dont la haine timide
Ne lance qu'en secret son aiguillon perfide ;
Reptile venimeux qui s'approche sans bruit,
Mord sans qu'on l'aperçoive, et sous l'herbe

s'enfuit,

MOTION.

)

Mot qui a pris cours au commencement de la révolution , et dont les rébultats ont couvert la France de ruines et de sang. En voici un échantillon

1

qui pourra donner la mesure de l'esprit des aboyeurs de sections :

Les principes... la hauteur... mon avis... le diable vous emporte !... Je disois donc... ne me tirez pas

donc

pas comme ça par derrière... Je me résume... on ne s'entend pas... Je conclus... >>

Après un tel morceau d'éloquence l'orateur descendoit de la tribune, aux applaudissemens réitérés, et aux aboie. mens affreux d'une populace féroce et barbare. Satisfait de lui-même, et tout baletant de rage et de fureur, il sortoit un moment, et alloit chez le premier épicier boire deux ou trois poissons d'eau-de-vie pour se rafraîchir le gosier et reprendre des forces.

B I E N F A I S A N C E. Mot introduit par l'abbé de SaintPierre , et dont l'action est le complément de toutes les vertus. Certain législateur , dont la plume féconde Fit tant de vains projets pourle bien de ce monde ,

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