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classes de la société. On suit rarement un bon exemple, et toujours un mauvais.

Tout bourgeois veut båtir comme les grands seigneurs ; Tout petit prince a dés ambassadeurs ;

Tout marquis veut avoir des pages.

DIFFICULT É.

Obstacle à surmonter. On demandoit au philosophe Chilon ce qu'il y avoit de plus difficile au monde. Il répondit : Taire un secret,

bien employer son tems, et supporter les injures. On en pourroit ajouter encore beaucoup d'autres, comme rendre honnête homme nn agioteur, et une femme fidelle.

MODE s.

Lechangement de modes est l'impôt que

l'industrie du pauvre met sur la vanité du riche. Aujourd'hui cette vanité n'est pas très-recherchée. A leur babillement et à leur coiffure, on pren

droit les hommes pour des échappés de galère, et les femmes, à leur nudité, pour des catins.

Jeunes gens portent à présent
Le costume de leur grand-père ;
Femmes portent, en se promenant,
Le sac que portoit leur grand'mère.
Sans en imiter les vertus,
D'être romain chacun se pique;
Et
pour

être mieux en Titus,
On se frotte avec l'huile antique.

B A N , U E.

Espèce de moulin toujours en activité, qui rejette le son et retient la farine. Tout le crédit des banques git dans ces mots : La banque a-t-elle des millions, la banque n'en a-t-elle point ? C'est le secret inviolable qu'on garde sur les fonds qu'elles ont ou qu'elles n'ont pas , qui fait tout leur appui. Dévoilez le secret, et vous verrez en peu de tems s'écrouler ces prétendues fortunes colossales, et la caisse qu'on

croyoit un trésor se changera bientôt en un coffre de bois, scellé de fer et rempli de vide,

BL A S P H É MATEUR.

Dans les quinzième et dix-septième siècle on perçoit la langue de celui qui blasphémoit le nom de Dieu. Dans certains pays, on faisoit mieux, on brûloit Je blasphémateur; et en cela , comme en beaucoup d'autres cas, on faisoit quelque chose d'absurde. Le blasphémateur ne fait tort à personne : il outrage Dieu, qui a pour se venger la mort à ses ordres et la foudre à côté de lui.

È G L IS E.

On entend par ce mot, dans la religion chrétienne , une hiérarchie d'intermédiaires entre Dieu et les hommes, composée d'un pape, de cardinaux d'archevêques, d'évêques, de grands vicaires, de prêires séculiers, de cha

noines, de moines de toutes les couleurs, cloîtrés, non cloîtrés, et de vagabonds, dont l'esprit étoit de dominer tous les rois, et d'envahir toutes les propriétés. Abime tout plutôt , c'est l'esprit de l'église.

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BA DA UD.

Individu qui regarde , s'arrête et perd son tems. Il y a des badauds partout, mais on a donné la préférence à ceux de Paris.

PER V ERSITÉ.

Un personnage entaché de ce vice, parlant un jour des hommes avec mépris, quelqu'un lui dit : Ah! Monsieur, si vous saviez combien vous étes hai, vous les estimeriez davantage.

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V A L É T U DINA IR E.

La crainte de la mort est souvent

mortelle, et nous oblige à prendre pour nous conserver la vie des mesures qui ne servent qu'à nous la ravir. C'est le sens de l'épitaplie suivante , traduite de l'italien, et qu'on peut appliquer à juste titre à un valétudinaire :

« Je me trouvois bien ; mais pour vouloir me trouver mieux , je me trouve à présent ici.»

Les valétudinaires sont les pères nourriciers de la médecine : c'est une branche de commerce qu'elle exploite ayec le plus de succès.

V I OL.

Douce violence qu'on fait à l'honneur d'une fille ou d'une femme qui veut bien se laisser prendre de force. Voici comment une reine éluda · autrefois l'accusation d'une complaignanté. Elle prit un fourreau d'épée, et, le remuant · sans cesse , elle fit voir à la dame qu'il

La

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