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les épitaphes qu'on a pu rešenir , en voici une qui est celle du général Merci , précieuse par son laconisme et sa précision.

Sta viator, heroem calcas.
Arrête, voyageur , tu foules un héros,

cocus

Celle du Tasse esi encore pluscourte:

Ici sont les os du Tasse. Nous terminerons cet article par plusieurs épitaphes plaisantes :

Ci-dessous gît M. Dasnières,
Agé de soixante ans et plus.
Il fit épouser ses écus,
A la perle des chambrières.
Si vous priez pour les

Il aura port à vos prières.
Rimeurs, ci-git Damis... ô disgrace! ô revers!
Ci-gissent avec lui dix fois dix mille vers.

En voici une qui fut faite pour un financier bel esprit: Pour être auteur , ci-git qui paya bien :

Cest la coutume.
L'ouvrage seul qui ne Ini coûta rieu ,
C'est son posthume.

R E P E N TIL,

R E P E N T I R. Voltaire a dit quelque part: Dieu fit du repentir la vertu des mortels. Ce vers est beau, sans contredit , mais n'est

pas

d'une exacte vérité; car, SOUvent dans la jeunesse, le repentir n'est que dégoût, et plus souvent encore dans la vieillesse le repentir n'est qu'impuissance. Quand le vice a rendu tout le corps paralytique, on offre son ame à la vertu.

M A I T R E S S E.

Femme auprès de laquelle on ne se souvient plus de ce qu'on sait par cæur, c'est-à-dire de tous les défauts de son sexe. Le choix d'une maitresse n'est pas une chose aisée. Les qualités qu'on y recherche sont à-peu-près celles-ci , que J.-B. Rousseau a tracées dans l'épigramme suivante:

Je veux avoir, et je l'aimerai bien,
Maitresse libre et de façon gentille,

I

Qui soit joyeuse et de plaisant maintien;
De rien n'ait cure, et sans cesse frétille;
Qui, sans raison, toujours cause et babille,
Et n'ait de livre autre que son miroir :
Car ne trouver pour s'ébattre le soir
Qu'une matrone honnête, prude et sage,
En vérité, ce n'est maitresse avoir ;
C'est prendre femine et vivre en son ménage.

TEMS.

Ennemi irréconciliable et destructeur de toutes choses, qu'on doit payer de la même monnoie, le perdre et le tuer sans aucune miséricorde, par toutes les voies qu'on peut imaginer.

Lorsque mes yeux, sur la pendule ,
Vont chercher les heures du jour,
Je vois l'aiguille qui circule,
Et je trouve écrit à l'entour :

Nous n'avons qu'un tems à vivre,
Amis, pas ons-le gainent;
De tout ce qui peut s'ensuivre,
N'ayons jamais de tourment,

ESPRIT P U B L I C.

On entend par esprit public la connoissance que le peuple a de ses droits. C'est cet esprit qui produit l'exaltation de courage, qui crée les grandes actions , qui forme et maintient les républiques. En France, cet esprit public est presque nul; en Angleterre , il est quelque chose, et partout ailleurs il n'existe et ne peut exister. Dans le bon tems de l'anarchie française, le journal de Paris faisoit à chaque numéro, pour régaler ses abonnés un article sur l'esprit public, où l'on prouvoit, d'une manière irréfragable, que cet espritétoit une excellente chose, que chacun devoit s'en pourvoir selon sa capacité et l'étendue de ses lumières, et que, sans cette drogue démagogique, il n'y avoit pas de salut. Quand les choses ont changé, ce même journal a chanté la palynodie, et a retranché sagement ses articles longs er ennuyeux sur cette matière. Daus

tous les cas,

ceux qui desireront s’en procurer pourront s'adresser au bureau de ce journal, où ils trouveront à s'assortir selon leur goût.

Ε Ν Τ Ε Τ Ε Μ Ε Ν Τ.

Résultat de l'orgueil, de la petitesse ou d'une dialectique vicieuse. Un eniété se croiroit déshonoré s'il: avouoit ses torts. Certain fât s'écrioit, croyant dire merveilles : Je veux que l'on me coupe ici les deux oreilles, Si jamais je reviens de ce sentiment-là. Eh bien! dit un gascón, on vous les coupéra.

Rien de plus sot qu'un âne et rien de plus entêté. A l'application.

ÉG A LITÉ. Pure chimère ! Il est impossible que les hommes vivant en société ne soient pas divisés en deux classes, l'une de richies qui commandent, et l'autre de pauvres qui servent. Ces deux classes se

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