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PRÉCIS HISTORIQUES

MÉLANGES RELIGIEUX LITTÉRAIRES & SCIENTIFIQUES

A NOS LECTEURS.

1852-1877.

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Un quart de siècle !... ce n'est pas peu de chose dans la vie d'un journal ou d'une revue : tant de publications naissent et meurent chaque année, chaque jour; tant de feuilles, à peine écloses, vont joncher la terre de leurs débris ; tant de ces productions légères ont le destin des fleurs, et vivent ce que vivent les roses, — l'espace d'un

matin.

Grâce à Dieu, qui a daigné bénir notre ouvre, grâce aux encouragements des Supérieurs ecclésiastiques et à la fidélité de nos abonnés, LES PRÉCIS HISTORIQUES ont pu fournir une plus longue carrière : fondé en 1851, par le P. Ed. Terwecoren, de pieuse mémoire (1), notre recueil vient d'accomplir sa VINGT-CINQUIEME ANNÉE.

En abordant une période nouvelle, il ne sera pas inutile de rappeler, en quelques mots, au public qui nous seconde depuis tant d'années, le but que, tout d'abord, s'était nettement proposé le fondateur des PRÉCIS HISTORIQUES.

(1) Voir, dans les Précis historiques, année 1872, p. 293, une courte notice sur le P. Terwecoren, et sa biographie plus détaillée, en tête de la Table des matières des vingt premiers volumes.

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Ce but n'est autre que LA DÉFENSE DE L'EGLISE CATHOLIQUE PAR LA SCIENCE DE L'HISTOIRE, MISE A LA PORTÉE DE ToUs. De là le titre même de PRÉCIS HISTORIQUES, donné, dès le début, par le P. Terwecoren, à notre revue. C'est avec cette intention de zèle religieux et scientifique, qu'elle a pris rang, le plus modestement possible, dans la presse périodique de notre pays.

En 1852, dans le prospectus des PRÉCIS, le P. Terwecoren s'exprimait ainsi : « le but de notre recueil est 6. ESSENTIELLEMENT RELIGIEUX : nous voulons faire con“ naitre et aimer la religion par ses fastes, par son « histoire.... L'histoire de l'Eglise, c'est le dogme, la

morale et le culte en action... Populariser cette histoire, “ la mettre à la portée de toutes les intelligences, mais w surtout des hommes du monde et des jeunes gens « instruits, voilà le but où tendront nos efforts (1).

Cette idée fut comprise et secondée en Belgique par de nombreux chrétiens, prêtres et laïcs ; et, dès 1855, le P. Terwecoren pouvait dire : « Les encouragements d'un

grand nombre de prélats et de personnes de distinction « nous ont engagé à donner de nouveaux développements " à notre recueil.... Aux aperçus d'histoire nous avons ajouté une Chronique contemporaine, un Bulletin bi

bliographique, des Mélanges littéraires et scientifiques... « Notre revue reste, par le choix et la variété des ma« tières, une collection de lectures de famille (2).

Aujourd'hui, comme il y a vingt-cinq ans, faire connaître et aimer la religion par ses fastes, par son histoire, est un des besoins les plus impérieux de notre temps. Tant de chrétiens ignorent l'Eglise catholique, tant d'autres la

(1) Cfr. Préface de la seconde édition de la 1re Série, p. 3. Bruxelles, Vandereydt, 1855.

(2) Ibid. p. 4.

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de son

méconnaissent; tant d'adversaires, acharnés à sa perte, se lèvent, se liguent pour la calomnier, « pour l'étouffer dans la boue », pour la dénaturer aux yeux des peuples, pour la déraciner de leur coeur !

Et, pour faire connaître l'Eglise, le christianisme et la religion, - car c'est tout un, — quel plus puissant moyen que

l'EXPOSITION SIMPLE ET VRAIE DE SON HISTOIRE, action dans le passé et dans le présent ! L'enseignement doctrinal est indispensable, sans doute : mais le tableau vivant des oeuvres de l'Eglise, de ses grands hommes, de son apostolat, de sa charité, de son influence sur les institutions sociales et politiques, n'est-ce pas le plus efficace, le plus persuasif des enseignements ? LONGUM ITER PER PRÆCEPTA, BREVE PER EXEMPLA.

D'ailleurs, ce n'est pas seulement le dogme et la morale du christianisme qui sont remis en question ; c'est, avant tout, à son organisme vivant, à l'Eglise, à son action, à ses ministres, que l'on en veut aujourd'hui.

Depuis la Réforme, et surtout depuis la Révolution, l'histoire s'est faite la complice avouée ou secrète de toutes les haines des ennemis de l'Eglise : « L'histoire, disait déjà le comte de Maistre, est depuis trois cents ans une vaste conspiration contre la vérité (1). » Qu'eût-il dit de nos jours ?

C'est pourquoi les défenseurs de l'Eglise doivent, nous semble-t-il, porter tout spécialement leur attention et leurs efforts de ce côté.

Au surplus, l'histoire de l'Eglise entre chaque jour dans des conditions nouvelles : de grands progrès sont réalisés dans les sciences critiques ; les méthodes scientifiques deviennent plus rigoureuses ; les archives sont, partout,

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(1) Du Pape, liv. II, ch. 12.

toutes grandes ouvertes ; il faut sans cesse creuser plus profondément dans le terrain des vraies sources de l'histoire, dans les documents authentiques, dans les témoignages irrécusables. C'est là qu'il nous faut aller puiser, pour redresser les erreurs et les ignorances du passé.

Quant aux événements contemporains, il nous faut recueillir ou résumer les pièces les plus importantes, qui paraissent chaque jour, les décisions de l'autorité ecclésiastique, les lettres des évêques, les récits des missionnaires, les annales des corporations religieuses et des associations laïques ; il faut enregistrer les actes de la persécution et aussi les bulletins de la victoire.

Or, pour accomplir cette difficile mais consolante besogne, il n'y aura jamais assez d'ouvriers dévoués, quoique obscurs, il n'y aura jamais assez de recherches, assez de revues, assez de livres. — C'est la raison d'être de notre humble recueil, à côté des grandes revues catholiques de notre pays et de l'étranger. Nous nous contentons de venir apporter, selon nos faibles moyens, notre minime obole et notre petite pierre au grand édifice de la défense et de la réhabilitation de l'Église par les sciences historiques.

Pendant près de vingt années, le fondateur des PRÉCIS HISTORIQUES s'est efforcé d'améliorer sans cesse notre publication; et, quand il y a cinq ans, nous avons été appelé à lui succéder, nous nous sommes imposé la loi de ne pas sortir du cadre tracé par notre prédécesseur (1).

En même temps, nous faisions appel à nos confrères et à nos amis, afin qu'ils voulussent bien nous prêter le concours de leurs études et de leurs travaux. Cet appel a été

(1) Cfr. Précis historiques, année 1872, p. 297.

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