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« courenl à la reproduction des champignons, leur rôle physiologique, la germinaa tion des spores et, particulièrement pour les champignons parasites, leur mode de « pénétration et de développement dans les autres corps organisés vivants. »

Cette question, quoique toutes ses parties soient liées intimement entre elles, peut se scinder en trois questions secondaires :

1° Formation, développement et structure comparés des spores et des spermaties dans les divers groupes de champignons ;

2° Nature des spermalies et rôle physiologique de ces corps dans la reproduction des champignons, déterminé par des expériences positives;

30 Germination des spores et propagation des champignons parasites, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur des végétaux et animaux vivants.

L'Académie pourrait accorder le prix à l'auteur d'un Mémoire qui répondrait d'une manière satisfaisanle à l'une de ces trois questions.

Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 3,000 francs.
Les mémoires seront reçus jusqu'au 16 avril 1860.

Prix de physiologie expérimentale fondé par M. de Montyon.- L'Académie annonce qu'elle adjugera une médaille d'or de la valeur de 805 francs à l'ouvrage, imprimé ou manuscrit, qui lui paraîtra avoir le plus contribué aux progrès de la physiologie expérimentale.

Le prix sera décerné dans la prochaine séance publique.

Les ouvrages ou mémoires présentés par les auteurs doivent être envoyés au secrétariat de l'Institut, le 1" avril de chaque année.

Divers prix du legs Montyon. — Conformément au testament de feu M. Auget de Montyon, il sera décerné un ou plusieurs prix aux auteurs des ouvrages ou des découvertes qui seront jugés les plus utiles à l'urt de guérir, et à ceux qui auront trouvé les moyens de rendre un art ou un métier moins insalubre.

Les ouvrages ou mémoires présentés par les auteurs doivent être envoyés au secrétariat de l'Institut le 1" avril de chaque année.

Prix Cuvier. - L'Académie annonce qu'elle décernera, dans la séance publique de 1860, un prix (sous le nom de prix Cuvier) à l'ouvrage qui sera jugé le plus remarquable entre tous ceux qui auront paru depuis le 10 janvier 1857 jusqu'au 31 décembre 1859, soit sur le règne animal, soit sur la géologie. Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 1,500 francs.

Prix Alhumbert, pour les sciences naturelles, proposé en 1854 pour 1856 et remis à 1859. - Étudier le mode de fécondation des aufs et la structure des organes « nération dans les principaux groupes naturels de la classe des Polypes ou de celle «des Acalèphes. »

Aucun mémoire n'a été présenté; mais l'Académie, convaincue du grand intérêt qu'il y a à résoudre ces problèmes, remet la question au concours pour l'année 1859.

Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 2,500 francs.
Les mémoires seront reçus jusqu'au 1 avril 1859.

Prix Bordin, proposé en 1857 pour 1860. Déterminer expérimentalement quelle a influence les insectes peuvent exercer sur la production des maladies des plantes.

On sait que l'action exercée par les insectes sur le tissu des végétaux y fait naître souvent des altérations pathologiques, soit locales, soit générales, et, dans ces dernières années, plusieurs agronomes ont attribué à des causes de ce genre diverses maladies dont les plantes ont été frappées.

L'Académie demande aux concurrents d'étudier expérimentalement les effets

de la gé

produits de la sorte sur les fonctions des différents organes des plantes et sur l'état général de celles-ci. On devra faire connaître les modifications qui surviennent dans la structure intime ou dans la composition chimique des tissus altérés, et déterminer les conditions qui peuvent être favorables ou défavorables au développement de ces élats morbides. Enfin, on devra examiner aussi l'influence que les substances étrangères appliquées directement sur les parties malades, ou introduites dans l'organisme par l'absorption, peuvent exercer sur la marche de ces phénomènes paihologiques.

Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 3,000 francs.

Les mémoires devront être déposés au secrétariat de l'Institut avant le 31 décembre 1859.

Prix Bordin, proposé en 1856 pour 1857, remis à 1859. — L'Académie avait proposé pour le sujet du prix Bordin, à décerner en 1857, la question du métamorphisme des roches. Les deux mémoires présentés n'ont pas été jugés dignes du prix; mais, rendant justice au mérite de ces mémoires, l'Académie se croit fondée à espérer qu'en maintenant la question au concours pendant un temps suffisant, elle pourrait recevoir une solution complétement satisfaisante.

En conséquence, l'Académie remet au concours la question du métamorphisme des roches pour l'année 1859, en conservant le même programme qu'il a paru utile de reproduire ici :

«Les auteurs devront faire l'historique des essais lentés, depuis la fin du siècle a dernier, pour expliquer par un dépôt sédimentaire, suivi d'une altération plus ou « moins grande, l'état dans lequel se présentent à l'observation un grand nombre de a roches. Ils devront résumer les théories physiques et chimiques proposées pour « l'explication des faits de ce genre, et faire connaître celles qu'ils adoptent. « L'Académie leur saura gré surtout des expériences qu'ils auront exécutées pour « vérifier et pour étendre la théorie des phénomènes métamorphiques.

Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 3,000 francs.

Les mémoires devront être déposés au secrétariat de l'Institut, le 24 octobre 1859.

Prix quinquennal fondé par M. de Morogues, à décerner en 1863. — M. de Morogues a légué, par son testament, une somme de 10,000 francs, pour faire l'objet d'un prix à écerner, tous les cinq ans, alternativement, par l'Académie des sciences phy. siques et mathématiques à l'ouvrage qui aura fait faire le plus grand progrès à l'agri. culture en France, et par l'Académie des sciences morales et politiques au meilleur ouvrage sur l'état du paupérisme en France et le moyen d'y remédier.

L'Académie annonce qu'elle décernera ce prix, en 1863, à l'ouvrage remplissant les conditions prescrites par le donateur.

Les ouvrages, imprimés et écrits en français, devront être déposés au secrétariat de l'Institut avant le " avril 1863.

Legs Bréant. Par son testament, M. Bréant a légué à l'Académie des sciences une somme de 100,000 francs pour la fondation d'un prix à décerner «à celui « qui aura trouvé le moyen de guérir du choléra asiatique ou qui aura découvert a les causes de ce terrible fléau..

Prévoyant que ce prix de 100,000 francs ne serait pas décerné tout de suite, le fondateur a voulu, jusqu'à ce que ce prix fût gagné, que l'intérêt du capital fût donné à la personne qui aurait fait avancer la science sur la question du choléra ou de toute autre maladie épidémique, ou enfin que ce prix pût être gagné par celui qui indiquerait le moyen de guérir radicalement les dartres ou ce qui les occasionne.

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l'est, par

Les concurrents devront satisfaire aux conditions suivantes :

1° Pour remporter le prix de 100,000 francs, il faudra : a Trouver une médica-

« tion qui guérisse le choléra asiatique dans l'immense majorité des cas;»

Ou a indiquer d'une manière incontestable les causes du choléra asiatique, de

façon qu'en amenant la suppression de ces causes on fasse cesser l'épidémie; »

Ou enfin, « découvrir une prophylaxie cerlaine, et aussi évidente que

exemple, celle de la vaccine pour la variole.».

2° Pour obtenir le prix annuel de 4,000 francs, il faudra, par des procédés rigoureux,

avoir démontré dans l'atmosphère l'existence de matières pouvant jouer un rôle
dans la production ou la propagalion des maladies épidémiques,

Dans le cas où les conditions précédentes n'auraient pas été remplies, le prix
annuel de 4,000 francs pourra, aux termes du teslament, être accordé à celui qui
aura trouvé le moyen de guérir radicalement les dartres, ou qui aura éclairé leur
étiologie,

Le rapport sur les pièces adressées sera fait dans le premier trimestre de 1858.

Prix Jecker, à décerner en 1858. M. le docteur Jecker a fait à l'Académie un
legs destiné à accélérer les progrès de la chimie organique.

En conséquence, l'Académie annonce qu'elle décernera , dans sa séance publique
de 1858, un ou plusieurs prix aux travaux qu'elle jugera les plus propres à hâter
le progrès de celle branche de la chimie.

Après la proclamation et l'annonce de ces divers prix, M. Flourens, secrétaire
perpétuel, a lu l'éloge historique de M. Magendie.

TABLE.

Pages.

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DES SAVANTS.

MARS 1858.

UNE CONVERSATION AU Vatican.

(Lu à l'Académie française dans sa séance particulière du 3 février 1858.)

Dans le courant du mois de mars 1825 je me trouvais de passage

à Rome avec mon fils, alors âgé de vingt et un ans. Nous venions d'Ancône, et nous allions à Naples. Une mission astronomique dont j'étais chargé depuis l'année précédente, et dans laquelle il m'accompagnait comme assistant, m'avait donné l'occasion de faire ce détour. J'en ai raconté les détails ailleurs, je n'ai pas besoin de les rappeler. Le lendemain de notre arrivée, nous allâmes offrir nos respects à M. le duc de Laval, alors ambassadeur de France. Il nous accueillit avec la grâce exquise qui lui était habituelle, nous permettant de prendre part à tous les agréments qu'il rassemblait autour de lui. La Rome moderne se pressait dans ses salons; et, par son crédit, la Rome ancienne nous fut beaucoup plus complétement accessible qu'elle ne l'aurait été à des étrangers inconnus. Après quelques jours passés ainsi, je lui demandai, comme une insigne faveur, de vouloir bien me présenter, avec mon fils, au pape Léon XII, avant notre prochain départ pour Naples, ayant un désir extrême de rapporter ce souvenir dans ma famille. Il me promit obligeamment d'en chercher l'occasion. Mais un ambassadeur est, ou se croit parfois, tenu à de certaines précautions, à de certains ménagements, dans ses relations officielles. L'occasion espérée n'arrivait pas ; et mes respectueuses instances pour l'amener, semblaient rencontrer

quelque gêne à la faire naître. De jeunes attachés de l'ambassade me donnèrent le mot de cette énigme. En arrivant à Rome, je m'étais empressé d'écrire à M. le colonel Fallon, directeur du bureau topographique de Vienne, pour lui rendre compte des opérations que je ve. nais de faire à Fiume, terme oriental de la portion du 45° parallèle mesurée

par les officiers d'état-major autrichiens. Pour cela j'avais eu besoin de prendre quelques nombres, dans des recueils d'astronomie que je n'avais pas apportés avec moi à Rome; et comme l'observatoire du collège romain, tenu par les jésuites, avait alors pour directeur le père Dumouchel, mon ancien condisciple à l'École polytechnique et mon ami, j'étais allé les lui demander, ce qui m'avait donné l'occasion de retourner plusieurs fois le voir. Or mes démarches avaient été ob'servées; et, je ne sais par quelle idée, mes visites réitérées au collège des Jésuites avaient paru cacher quelque mystère qu'il importait d'éclaircir, avant de s'engager plus loin avec moi. Bref, j'étais devenu un personnage politique sans le savoir. Je compris qu'il ne fallait pas, moi, simple savant, me laisser ainsi envelopper dans les toiles de la diplomatie, et que la sincérité de mon obscur hommage n'avait pas besoin de tant d'apprêts. Je songeai donc à m'ouvrir quelque voie moins embarrassée, en dehors du monde officiel, ce dont j'aurais dû m'aviser plus tôt. Seulement, pour continuer à exercer la sagacité des observateurs de l'ambassade, je pris soin de rendre mes visites au père Dumouchel un peu plus fréquentes.

Je connaissais à Rome un prélat, Ms Testa, homme fort lettré, qui avait publié une savante dissertation sur les représentations zodiacales découvertes depuis quelques années en Égypte. M'étant aussi occupé de ce sujet, cela nous avait mis en relation, et je m'étais donné le plaisir d'aller lui rendre visite, peu de jours après mon arrivée à Rome. Comme il m'avait montré toute sorte d'intérêt, j'allai le revoir et je lui contai ma mésaventure, en lui témoignant combien j'éprouverais de regret si j'étais forcé de quitter Rome, sans avoir pu être admis en la présence de Sa Sainteté avec mon fils, pour qui, de même que pour moi, ç’aurait été souvenir de toute la vie. Je ne savais pas que le bon abbé Testa était, plus que personne, en position de me faire obtenir cette grâce. Il occupait à la cour pontificale un emploi de confiance, et ses excellentes qualités lui avaient mérité les bontés particulières du pape Léon XII. Il sollicita , et il obtint pour moi cette faveur, à laquelle j'attachais un si grand prix. Au jour assigné, nous nous rendîmes avec lui au Vatican, un peu avant l'heure qui nous avait été marquée. C'était à l'issue du dîner du Saint-Père, qui, en ce moment, s'était retiré dans ses cabinets

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