Cinna; ou La clémende d'Auguste

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D. C. Heath, 1903 - French drama - 128 pages

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Page 36 - Mais quand le peuple est maître, on n'agit qu'en tumulte; La voix de la raison jamais ne se consulte, Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux, L'autorité livrée aux plus séditieux.
Page 79 - Et tu sais que depuis à chaque occasion Je suis tombé pour toi dans la profusion. Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées ; Je t'ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs, A ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire, Et qui m'ont conservé le jour que je respire : De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu, Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu.
Page 79 - Ce sang qui t'avait fait du contraire parti : Autant que tu l'as pu, les effets l'ont suivie. Je ne m'en suis vengé qu'en te donnant la vie...
Page 125 - Cinna, iterum do, prius hosti, nunc insidiatori ac parricidae. Ex hodierno die inter nos amicitia incipiat : contendamus, utrum ego meliore fide vitam tibi dederim, an tu debeas.
Page 25 - Toutes ces cruautés, La perte de nos biens et de nos libertés, Le ravage des champs, le pillage des villes, Et les proscriptions, et les guerres civiles, Sont les degrés sanglants dont Auguste a fait choix Pour monter sur le trône et nous donner des lois.
Page 23 - Au seul nom de César, d'Auguste, et d'empereur. Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur, Et dans un même instant, par un effet contraire, Leur front pâlir d'horreur et rougir de colère.
Page 23 - Et son salut dépend de la perte d'un homme, Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, A ce tigre altéré de tout le sang romain.
Page 66 - Pour te faire périr tour à tour s'intéresse; Meurs, puisque c'est un mal que tu ne peux guérir; Meurs enfin, puisqu'il faut ou tout perdre, ou mourir. La vie est peu de chose , et le peu qui t'en reste Ne vaut pas l'acheter par un prix si funeste ' ; Meurs, mais quitte du moins la vie avec éclat , Eteins-en le flambeau dans le sang de l'ingrat...
Page 89 - Conservez à jamais ma dernière victoire ! Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous. Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie : Comme à mon ennemi je t'ai donné la vie : Et, malgré la fureur de ton lâche destin, Je te la donne encor comme à mon assassin.
Page 24 - Rome entière noyée au sang de ses enfants ; Les uns assassinés dans les places publiques, Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques ; Le méchant par le prix au crime encouragé, Le mari par sa femme en son lit égorgé ; Le fils tout dégouttant du meurtre de son père, Et, sa tête à la main, demandant son salaire : Sans pouvoir exprimer par tant d'horribles traits Qu'un crayon imparfait de leur sanglante paix.

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