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ENCYCLOPEDIE

MÉTHODIQUE,

OU

PAR ORDRE DE MATIÈRES; PAR UNE SOCIÉTÉ DE GENS DE LETTRES,

DE SAVANS ET D'ARTISTES;

Précédée d'un Vocabulaire universel, servant de Table pour tout

l'Ouvrage, ornée des Portraits de MM. DIDEROT & D'ALEMBERT, premiers Editeurs de l’Encyclopédie.

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PAR M. MeNTELLE, de l'Académie d'Histoire de Madrid,

de celle de Rouen, &c. &c.

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Chez PANCKOUCKE, Imprimeur-Libraire , hôtel de Thu, rue des Poitevins.

M. DCC. XCII.

!

ROM

ROM ROMANUM IMPERIUM. Lorsqu'Auguste s'em réservée aux seuls empereurs, que l'on distinguoit para, à Rome, de l'autorité, les poffeflions de la des Césars par le titre d'Auguste. république comprenoient presque toute l'étendue Galère & Constance Chlore n'ayant pu s'acdu monde alors connu. Du moins cet empire, .corder, firent réellement de l'empire deux empires car c'est le nom dont il convient actuellement de séparés. Constantin imita leur conduite ; mais la fe fervir, avoit pour bornes, à l'orient, l'Euplirate; vanité d'avoir une ville nouvelle, qui lui dût l'avanau inidi , les cataractes du Nil, les déserts de l'E tage d'être la capitale d'ua état si vafte, porta un thiopie & le mont Atlas; à l'ouest, l'Océan; au coup terrible à cet éiat. L'Italie perdit ses cultivanord, la mer , par rapport à la Gaule, & le Da teurs, pieque tous esclaves des grands , qui suinube , relativement aux terres, qu'il arrose à sa virent le prince; & les soldats , placés dans de droite, jusqu'à la Panrúnie. Quant à la partie

grandes villes , ne furent plus à portée de défendre orientale de l'F.x.ope, les Roinains :: avoient pas les frontières. encore pénétré au nord de la Macédoine & de Les fils de Constantin-le-Grand firent un autre la Tirace. Je présenterai ci-après un tableau détaillé des principales divisions de l'empire, dressé d'après

partage de l'empire, qui, apris leur mort, reviat

dans tout son entier à Constance, puis à Julien , la notice qui nous reste des dignités dont étoient surnommé l'Apost.it ; mais on avoit porté les coups alors revétus les principaux officiers de l'empire. les plus funestes à sa grandeur. Et, quoiqu'il con

Auguste avoit affez de réflexion pour sentir que tinuat d'être gouverne de la même manière jusqu'à le poids énorme d'un corps si vaite entraîneroit

Valentinien, il ne reprit rien de la force passée. immanquablement la chûte. Il auroit voulu que ses Valentinien, qui ne voyoit pas combien ces vicifsuccesseurs, contens de donner des loix à cette fitudes étoient funestes, partagea l'empire avec immense étendue de pays, ne cherchassent pas à fon frère Valens, auquel il céda l'orient, en se en étendre les limites; mais qu'ils s'occupassent du réservant l'occident. Théodofe leur succéda, & foin d'en augmenter la puissance & la gloire. Ce

gouverna seul; mais à la mort il fit, entre les pendant, non moins ambitieux que lui, & plus

deux fils, un partage qui devint permanent, & avide de conquêtes qui sembloient devoir leur

duquel on compte réellement le partage de l'emprocurer de nouvelles richesses, ils s'écartèrent

pire. bientôt de ses vues. Ce qu'il avoit prévu arriva ; Arcadius eut l'orient. ils affeiblirent l'empire en l'agrandissant.

Honorius eut l'occident. D'abord Claude subjuga la Grande-Bretagne ; Cet événement eut lieu l'an 395. Le fiège de &, depuis ce prince , Trajan soumit, du côté de

l'empire étoit alors à Conftantinople, où Conftantin l'orient, l'Arabie , l'Arménie, la Mésopotamie; au l'avoit trantporté l'an 330. nord-est de l'Europe, les deux Méfies & la Dacie. Les successeurs de Trajan eurent de même pour

L'empire d'Arcadius comprenoit l'Egypte, les principe d'étendre l'empire; &, n'ayant pas assez

deux Libyes jusqu'à la grande Syrte, la partie de de force pour soutenir un fi prodigieux poids, ils

l'Asie alors séumise aux Romains, & une partie hâtèrent eux-mêmes sa chûte. Le

de l'Epire jusqu'au Drilus, rivière d'Illyrie. de

partage pouvoir entre deux ou même trois & quatre princes,

Honorius poffédoit tout ce qui étoit à l'occident, fut une des principales causes de cette décadence. en Europe & en Afrique.

Depuis Auguste jusqu'à Marc-Aurèle, le gou Cependant ces deux princes gouvernoient , pour vernement étoit resté entre les mains d'un seul. ainsi dire, en commun ; leurs etats ne formoient Cet empereur fut le premier qui s'affocia un prince qu'un même empire. Mais sous Valentinien III, à l'empire : ce fut son gendre Elius Verus. Cet & sous Martien , les Barbares s'emparèrent de la exemple fut irrité dans la suite, & parut même Bretagne. Vers l'an 406, les Vandales, les Alains, nécessaire, dans certains temps, à cause de la grande les Suèves, venus d'au-delà du Rhin, se jetèrent étendue de l'empire. Deux empereurs le poffé- fur la Gaule & la dévastèrent. Les Wisigoths, ou doient conjointement entre eux; mais Dioclétien, Goths de l'ouest, s'y établirent, après avoir pillé en prenant un collègue, partagea avec lui, non Rome en 410. Ces refoulemens, si l'on peut le pouvoir, mais l'empire. On en ufa de même s'exprimer ainsi, des peuples du nord fur ceux du à l'égard des Césars, espèces d'empereurs pré midi, accablerent ces derniers , trop foibles pour somprifs : il leur fut afligné des départemens. Mais leur opposer une digue capable de les contenir. ces Césars étoient toujours soumis aux empereurs Enfin, l'empire d'Occident finit en la personne qui leur nommoient leurs principaux officiers. Ils d'Auguste , vaincu par Odoacre, l'an 476. ne portèrent pas non plus le diadème ou bandeau Mais arrêtons-nous un peu aux divisions géograroyal. Cette marque de l'autorité suprême étoit | phiques que j'ai annoncées précédemment. Géographie ancienne, Tome III.

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