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délirante. Telles sont, en effet, les paroles dures et injurieuses que s'adressent les deux partis.

Des dispositions aussi ennemies feraient place à des sentimens plus modérés, si l'on pouvait, et si l'on voulait s'entendre. Mais l'inexactitude, souvent même l'opposition des langues qu'on s'obstine à parler, forment un obstacle qui empêche tout rapprochement. Le mal paraît donc sans remède ; et il le sera , tant qu'on ne se pénétrera pas de la nécessité de mettre une grande harmonie entre les mots et les choses; entre ce qu'on dit et ce qu'on veut, ou ce qu'on doit dire.

Puisque les philosophes ne s'entendent, ni entre eux, faute d'une langue commune, ni le plus souvent avec eux - mêmes, faute d'une langue bien faite; comment pourrions-nous les entendre? Comment, parmi tant d'idées. confuses, tant de notions incohérentes, que cependant on ose appeler du nom de système, et que nous ne comprenons pas, que personne ne comprend, pas même leurs auteurs; comment pourrions-nous faire un choix avoué

par la raison ?

Lorsqu'un langage se compose de mots dont la plupart n'ont que des significations indécises,

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Il ne suffit

pas

d'avoir assisté, si l'on peut ainsi le dire, à la naissance de l'idée, d'avoir reconnu ce qu'elle est dans sa nature, et d'en avoir déterminé le caractère

propre.
Il faut

que

la détermination de ce caractère fournisse la réponse aux principales questions qu'on fait sur les idées. Il faut que, d'abord, elle nous montre leur origine, ou leurs diverses origines, et la cause, ou les causes qui les produisent.

Ici, plus que partout ailleurs, les dissentimens se manifestent avec force, et même avec une sorte de violence. Nulle part, on n'abonde avec autant de plénitude dans son opinion; nulle part les opinions différentes, ou jugées différentes de celles qu'on professe soi-même', ne sont repoussées avec autant de mépris et d'indignation. On ne voit dans ses adversaires que des partisans du matérialisme et de la fatalité, ou des enthousiastes aveugles qui s'égarent au milieu des rêves d'une imagination

IL PARTIE. délirante. Telles sont, en effet, les paroles dures et injurieuses que s'adressent les deux partis.

Des dispositions aussi ennemies feraient place à des sentimens plus modérés, si l'on pouvait, et si l'on voulait s'entendre. Mais l'inexactitude, souvent même l'opposition des langues qu'on s'obstine à parler, forment un obstacle qui empêche tout rapprochement. Le mal parait donc sans remède ; et il le sera , tant qu'on ne se pénétrera pas de la nécessité de mettre une grande harmonie entre les mots et les choses; entre ce qu'on dit et ce qu'on veut, ou ce qu'on doit dire. Puisque les philosophes ne s'entendent, ni faute d'une langue commune,

ni le plus souvent avec eux - mêmes, faute d'une langue bien faite; comment pourrions-nous les entendre? Comment, parmi tant d'idées. confuses, tant de notions incohérentes, que cependant on ose appeler du nom de système, et que nous ne comprenons pas, que personne ne comprend, pas même leurs auteurs; comment pourrions-nous faire un choix avoué par la raison ?

Lorsqu’un langage se compose de mots dont la plupart n'ont que des significations indécises,

entre eux ,

raisonner sur les facultés de l'âme. Sans cette précaution, nous n'aurions pas la certitude d'être compris, parce que nous ne serions pas certains de nous comprendre nous-mêmes. til Faireisa langues, c'est alter des idées ou des choses bien connues aux mots. Aller au contraite desi mots aux choses, c'est supposer la langue toute faite. 31 Aller dès mots aux choses, c'est définir; et Vous ne voulez pas que je commence un traité des idées par une définition de l'idée. Ce serait vouloir vous faire souvenir de ce que je me propose de vous apprendre. -Is l'aurais besoin de rappeler ici quelques-unes des considérations que je vous ai présentées dans les leçons antérieures (t. 1, leç. U, 12, 13); mais je cède à la crainte de paraitre me répéter trop souvent.

Je ne poserai donc pas la question de quatre manières, comme je l'ai fait dans une circonstance semblable (t. 1, lec. 1.) Qu'est-ce que

l'idée? Qu'entend-on

par

le mot idée? Que doit-on entendre ? 19"Qu'entendrons-nous ? 2016. Vous savez que nous ne devons pas répondre maintenant à la première de ces questions ; que

15

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la seconde , je l'ai déjà dit, est susceptible de vingt solutions différentes; que nous n'avons pas le droit dei

prononcer sur la troisième mais vous ne doutezo pas qu'il ne nous soit pers Wis de nous expliquer en toute liberté sur la quatrièmella .zjoni 2,341

5200 si Cest donc à cette dernière que nous allons essayer de répondre. Si notre réponse, était goûtée), elle pourrait servir pour la première question 99 eller pourrait aussi servir pour la troisièmez et Imêmej peut-être à la longue, pour la secondeb tirguse ,si üvar

Lorsqu’un enfant, après avoir examiné, à plusieurs reprises la forme des lettres de l'aléphabet, est parvenujà graver nettement leur image dans son cerveau, et à les bien distingueri iles unes des autres, nous disons qu'il en a idée. LAụparavant il voyait sans doute tous ces caractères, puisqu'ils frappaient son organe, mais il n'en discernait aucun. C'est en arrêtant ses regards, d'abord sur une lettre, puis sur une autre ; c'est en les arrêtant plus particulièrement, et plus long-temps sur celles qui, par leur ressemblance, tendent à se confondre, qu'il surmonte enfin une difficulté que nous saurions mieux apprécier, si les longues habi

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