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dieux sauveurs et fis les offrandes d'usage pour mon heureux retour, étant à grand' peine recous, non de la gueule du loup, comme on dit, mais de la peau

de l'âne où m'avait emprisonné ma sotte curiosité'. .

I Porez note 2.

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NOTES

SUR

LA LUCIADE, OU L'ANE.

(1) Tùm subnixa genibus, in lecto prona : Age tu, luctalor, mediam corporis partem valenter aggressus percute, vulnusque adige profundiùs. Nudam vides, utere promptiùs, injice introrsius telum, deindè introrsiùs flectes iterùm impellens, absconde et comprime, nec quicquam huic certamini adjicias intervalli. Cave autem ne citiùs quàm jusserim telum extrahas; sed incurvans adversarium insequere : quo prostrato rursùs certamini incumbe , quoàd lassus victusque deficias, et sudore sis madefactus. Ego in risum effusus : vellem, magistra, inquam, à me quoque aliqua hujusmodi tibi præcepta tradi, in quibus mihi obtemperes velim. Sed jam te erige; poneque sedens datâ dextrâ mihi reconcilieris: nam tempus est jam dormiendi.

Voici comment ce morceau est traduit dans l'édition de Belin de Balu :

a Elle tombe aussitôt sur les siens (ses genoux) en s'arrangeant a sur le lit, et me tourna le dos. « Ça, beau lutteur, me dit-elle , a vous voilà en présence, préparez-vous au combat, avancez; por« tez-vous encore plus avant. Vous voyez votre adversaire nu, ne a l'épargnez pas; et d'abord il est à propos de l'enlacer fortement; « ensuite il faut le pencher, fondre sur lui, tenir ferme, et ne lais a ser aucun intervalle entre vous deux. S'il commence à låcher « prise, ne perdez pas un moment; enlevez-le et tenez-le en l'air a en le couvrant de votre corps, et continuant de le harceler; mais a surtout ne vous retirez pas en arrière avant que vous en ayez a reçu l'ordre; courbez son dos en voûte; contenez-le par-dessous; « donnez-lui de nouveau le croc-en-jambe, afin qu'il ne vous a échappe pas; tenez-le bien et pressez vos mouvemens : låchez-le, a le voilà terrassé, il est tout en nage. » Je partis d'un grand éclat a de rire, puis je repris : Notre maitre, il me prend fantaisie de « vous prescrire à mon tour quelque petit exercice. Songez à m'o« béir ponctuellement. Relevez-vous et asseyez-vous; avancez une « main officieuse; caressez-m'en légèrement, et promenez-la sur « moi; enlacez-moi bien, et faites-moi tomber dans les bras da « sommeil. »

Ce morceau et les précédens sont d'autant plus intéressans, que presque tous les termes techniques de la lutte et du pugilat s'y trouvent rassemblés. Malheureusement le texte n'est pas venu très pur jusqu'à nous.

(2) L'invention de cette fable charmante est due à Lucins de Patras; c'est de lui que Lucien parait l'avoir empruntée. Cependant Photius, dans sa Bibliothèque, Cod. cxxix, p. 510, donle si ce n'est pas au contraire Lucius qui a pris de Lucien le sujet de ses Melaniorphoses; car on ne sait lequel de ces deux écrivains a vécu le premier : mais il y a lieu de croire, ainsi que l'observe le savant patriarche, que Lucien n'a fait qu'abréger le récit élégant, mais souvent trop diffus, de Lucius. Que serait-ce si ni l'un ni l'autre n'était le véritable auteur de celte fiction, et que nous eussions, sous le titre de l’Ane, une de ces agréables fables milésiennes dont la lecture avait tant d'attrait pour Aristide, et qui étaient estimées des anciens comme un chef-d'æuvre de narration. Deux réflexions pourraient rendre cette opinion probable. A pulée, au commencement de son Ane d'Or, insinue que ce sujet est une fable milésienne, et si l'on considère le style dont la fable attribuée à Lucien est écrite, on sentira qu'il diffère essentiellement de celui de cet auteur. par une simplicité touchante et une naiveté qui décèlent plutôt les premiers siècles littéraires de la Grèce, que celui des Antonins. Quoi qu'il en soit, ce sujet a paru si heureux que, depuis Lucien, d'autres auteurs l'ont encore employé avec succès. A pulée en a fait la base de son roman; et, sans parler des Italiens, et de l'Asino d'Oro de Machiavel, chez nous l'ingénieux auteur de Gilblas en a tiré l'épisode de la caverne des voleurs, qui n'est pas le moins piquant de son ouvrage.

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