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P. 92, l. 20. Ne put le laisser achever.

Lucien : ου περιμείνας εγώ το τέλος των λόγων, αναστάς απεφηνάμην...

P. 93, l. 26. Sa bouche plus douce qu'une gauffre à miel.

Amyot : Sa bouche et son haleine plus douces, etc. Point d'ha

leine dans le grec.

P. 94, l. 8. Mais, comment n'en est-elle point morte?

Amyot : Il faut dire que non, car j'en fusse mort. Contre-sens. C'est assez d'une pareille sottise pour gåler loute une page.

Ibid., 1. 19. Mais Dorcon, ce gars, ce bouvier amoureux aussi de Chloé.

On a voulu garder quelque air de la phrase naive et enfantine, ο δε Δέρκων, ο βουκόλος, και της Χλόης εραστής. Amyot ne sent point ces choses-là. En quelques endroits, il a aussi des tournures heureuses, qui relèvent la pensée de l'auteur, et cela répare un peu le tort qu'il Ini fait ailleurs.

Ibid., 1. 20. Dryas plantait un arbre pour soutenir quelque vigne.

Amyot n'a point entendu le texte. Il traduit : Dryas plantoit un arbre près de lui; cela veut dire apparemment , près du lieu qu'habitait Dorcon. Ce n'est point là le sens.

P. 95, 1. 3. Cinquante pieds de pommiers.

Version d'Amyot très-littérale. On a mal à propos changé 1.

15

cela dans les réimpressions qui portent : cinquante pommiers.

Ibid., l. 19. Mettre la main sur Chloé.

Amyot : Attenter de jouir par force de Chloé; grossièreté qui n'est point dans le texte.

Ibid., I. 22. Il usa d'une finesse de jeune pátre

qu'il était.

Amyot : Il imagina une finesse merveilleusement sortable à un gros bouvier comme lui. Dorcon n'est point un gros bouvier, et il n'y a qu'un gros évêque tel qu'était Messire Jacques Amyot, qui puisse entendre ainsi Longus.

P. 96, I. 14. Elle amenait boire les deu.r trouреаих.

Amyot : Chloé amenoit ses bétes boire. Un peu plus bas il dit de même : les chiens suivoient le troupeau. Il n'a fait aucune attention au texte ni à la narration, et il n'a pas vu que Chloé menait seule les deux troupeaux.

Ibid., l. 18. Comme naturellement ils chassent.

Ecrivez dans le texte, cia Sy, xuvõ... Trepteprio. Euripide dans les Heraclides : πάρεσμεν, οία δή γ' εμού παρουσία. Βr.

Ibid., 1. 24. Mordent en furie la peau de loup.

Alexandre, tyran de Phères, faisait couvrir des hommes de peaux de bêtes , et lâcher sur eux «les chiens qui les mettaient pières. Pletarque , Pélopidas.

Ibid. La pean de loup.

La première édition d'Amyot porte la peau du loup, fante que l'on a corrigée dans les réimpressions : mais plus bas , effrayées de la peau de loup, la même faute se retrouve, et on ne l'a pas corrigée.

P. 97, 1. 5. Lors il se prit à crier.

Amyot : Il se print adonc à crier. Les nouveaux éditeurs d'Amyot ont cru corriger cela en imprimant il se prit donc à crier, qui ne veut rien dire du tout. Ils n'ont point entendu adonc, adverbe de temps qui signifie alors. Amyot, dans son Plutarque, Vie de Brulus : Ils délibérèrent d'exécuter adonc leur entreprise ; c'est-à-dire alors , sur-le-champ.

Ibid., 1. 12. Lui mirent dessus..

La note de Valkenaër, que cite l'éditeur (Villoison), prouve qu'il faut lire, επέπλασαν , non επέπασαν. Πάσσω ne se dit que des drogues sèches et pulvérisées. Br.

Ibid., 1. 21. De la gueule, non du loup.

L'auteur n'aurait-il pas écrit, ex xuvos cŮ Juxou pasiv gróļCTOS? Br.

P. 98, 1. 15. Ils voulaient quelque chose, et ne savaient ce qu'ils voulaient.

Amyot : Ils se douloient pour ce qu'ils le vouloient ; quand tout est dit , ils ne savoient ce qu'ils vouloient. Les nouveaux éditeurs d'Amyot , qui ont essayé de corriger cette détestable version, n'ont entendu ni Longus ni Amyot. Quand tout est dit, leur a paru inintelligible. C'est une vieille expression qui signifie après tout. Brantòme : On en peut dire autant de beaucoup de maris , lesquels , quand tout est dit , debauchent plus leurs femmes que ne font les amoureux. Le même ailleurs : Au diable soit le maraud; n'en parlons plus. Quand tout est dit, je suis bien loisir d'en parler. Et en un autre endroit : Une femme, quand tout est bien dit, ne se fera jamais de tort quand elle aimera un bel objet. Marot :

Quand tout est dit, aussi mauvaise bagne,
Ou peu s'en faut, que femme de Paris.

Ibid., I. 19. Mais plus encore les enflammait la saison de l'année.

Amyot : Outre ce que la saison de l'année les ensam moit encore davantage. Dans les réimpressions on lit : Outre ce, la saison de l'année, etc.; mauvaise correction. Alors on disait : ouire ce que , avec ce que. Amyot , Vie de Galba : Outre ce qu'il commandoit à une grosse armée. Ci-dessous, liv, ive, avec ce qu'il étoit si irre. Et dans le même livre, outre ce qu'il aimoit.... : avce ce que

la tourmente y aida un petit; et dans la Vie de Brutus : C'étoit an caur de l'été ; il faisoit fort grand chaud , avec ce qu'on aroit campé près de lieux marécageux.

Ibid., 1. 28. Les fleuves paraissaient endormis.

On a la dans le grec είκασεν άν τις τους ποταμούς εύδειν ηρέμα μέσντας. Comme La Fontaine a dit :

Une rivière dont le cours,
Image d'un sommeil doux, paisible, tranquille.

Toutefois la leçon vulgaire se peut défendre par des exemples et par le πάρισον: τους ποταμούς άδειν, τους ανέμους συρίττειν.

Ibid., 1. 30. Les vents semblaient orgues ou flútes.

On pense bien qu'il n'y a point d'orgues dans le grec : mais

il a fallu conserver cette phrase d’Amyot qui est fort belle,

P. 99, 1. 11. Demeurait empéchée.... se lavait le visage... emplissait une sébile.... puis, quand ce venait... adonc étaient-ils... pensait voir une des Nymphes... accourait incontinent..., etc.

Voici un endroit où Amyot dénature entièrement le récit. Il traduit, demeura empéchée ... se lava le visage... emplit... et quand ce rint.... adonc furent-ils.... pensa voir... accourut... etc. Il représente ainsi comme un fait du moment ce qui n'est dans l'auteur qu'une peinture des habitudes journalières des personnages : bévue énorme par laquelle il embrouille deux ou trois pages.

Ibid., 1. 16. Emplissait une sébile de vin mélé avec du lait.

Breuvage usité aujourd'hui encore dans le Levant et en Calabr e C'est ce qu'on appelait ænogala. Cela n'a point été compris par Amyot qui traduit : emplissoit un pot de vin et un autre de lait.

P. 100, l. 12. Puis il en parcourait des lèvres.

Amyot : Pour toucher de la langue et des lèvres. Cette grossièrelé n'est point dans le texte.

Ibid., I. 19. Chloé ne se donna garde qu'elle fut endormie.

Leçon très-correcte de la première édition. Depuis on a mal imprime : ne se donna garde qu'elle rust endormie. Il ne faui pas

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