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La difficulté fut d'attacher le grelot.
L'un dit : Je n'y vas point, je ne suis pas si sot.
L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire

On sé quitta. J'ai maints chapitres vus,

Qui pour néant se sont ainsi tenus , Chapitres , non de rats, mais chapitre de moines,

Voire chapitres de chanoines.

Ne faut-il que délibérer ?
La cour en conseillers foisonne;
Est-il besoin d'exécuter?

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Auro 24 né s’ogis mâs d'eydochâs lou grélo

Quoi siro co ? Noun pas mé dissèi l'un; ni mé sé dissèt l'autré. Vou? moussu lou douyén? .... quéy vou sàï

qué-dé-làï. .
Mé ? .... l'azė fiché si quéï vràï.
É pèr-qué mé pûtð qu’un aûtré ?

Sén troubèt pén dé prou so
Pèr nâs couséy 25 lou grelo . ?

Tàu guy bẻ 26 dovina dovanço.
Loû rats s'ey vey ré fa lévèrén lo séanço.

Éntàü 27 sé téignan àutre-téns

L'ossémblodå de pénitens,
Éntàü loù chopitré dàû mouéynéis
Éntàü au séy-d’ané 28 chabén quis dàû cho-

nouéynéîs
Quan né faut mâs délibéras
Loû counseillez plavén à verso
Mås s’ogîs co d'eyzécutas
Dégu n'aïmo lo countroverso ,
Is trobén toll no porto dé doréy.
Pèr tiras lou cû én-or-éy,

2

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XIII. Le Chêne et le Roseau.

Le chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d'accuser la nature;
Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;

Le moindre vent qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau

Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil ,

Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est aquilon; tout me semble zéphir.
Encor, si vous naissiez à l'abri du feuillage,

Dont je couvre le voisinage ,
Vous n'auriez pas tant à souffrir;
Je vous défendrais de l'orage :

XIII.

(1) Le jeune săule, mis à la place du roseau parce que l'effet produit devient le même.

( 2 ) Roilelet.
(3) D’un trop grand poids...
(4) Souffle.
(5) Un pont.
(6) Le vent du midi.
(2) Sud-Ouest.
(8) Vent redoutable sur la Garrone.
(9) Cache.
(10) Ruisseau,

XIII. Lou Rouvéï é l'Assoléi.
Un jour, un gran-é-gros rouvéï

Dîgi-à-un piti-t-assoléï 1
L'omi tâs bién sujet d'ocuzas lo noturo;
Car, éntré noû, forio bién la gojuro

Qué lou půs piti réy-béïnéï 2
Sîrio per té d'un tro gran péï. 3
Lou mïndré piti vén qué bufo 4
Té fàï béissas to pàubro tufo.
Per mé sàï ségur coum-un poün ; 5
Maugra l'auto , 6 maugra lo bizo ,
Maugra lou pluyaü , l'armorijo 7
Counservé toujour mon oploün.
É lo pûs toriblo témpêto
Mé forio

pas

courbas lo têto
Quan Mascoret 8 n'aurio jura.
Moun froun , coumo lou moun-Jura
Catto 9 lou soléï sur lo terro.
Né dirio pas tan ré d'enguero

Si lou boun-diü
Té fogio pas vénis toujour au bor d'un riü, 16
D'aumïn chiàu té vio gu méï dis moun vésinage ?

Té crubirio dé moun oumbragé;
Té virorio lou mauva-tén ;
E lo fraïchour dé moun féillage
Té randrio pûs gaï, pûs countén...:
Bouey n'oyez pas tan d'inquiétudo

Ni tan d'eynéï,

Dit l'assolei.
Si lo témpêto lo pûs ruda G

$

Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. Votre compassion, lui répondit l'arbuste , Part d'un bon naturel , mais quittez ce souci ;

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables : Je plie et. ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos; Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots : Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfans
Que le nord eût porté jusques-là dans ses flancs.

L'arbre tient bon ; le roseau plie.
Le vent redouble ses efforts ,

Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.

(11) Jusqu'à ce jour,
(12) Peut-être.
(13) Ce soir même.
(14) Plier,
(15) Quand il faut.
( 16 ) Davantage.
(17) La corne-fiche.
( 18 ) Verse à grands flots,
(19) Dans le ruisseau.

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