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IMPRIMERIE DE SCHNEIDER ET LANGRAD,

Rue d'Erfurth. !, pres l'Abbaye.

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A PARIS,
CHEZ LEDENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

QUAI DES AUGUSTINS, No 31.

M DCCC XL.

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ESSAI

SUR

· LA

VIE DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE.

Littus ama.......
Altum alii teneant.

ÆNEID., lib. v.

PRÉFACE.

La Roche, du prince Dolgorouki , du baron de Breteuil,

de M. Poivre, de Rulhière, des généraus de Vilbois et Avant d'écrire cet Essai , il nous a fallu approfondir du Bosquet , et du maréchal Munich. Plusieurs billets de les ouvrages , le caractère et les meurs de Bernardin de la princesse Marie M..... nous ont également été remis, Saint-Pierre. Plus de quatre années ont été consacrées à avec les lettres écrites par d'Alembert, mademoiselle de cette étude.

Lespinasse, M. et madame Necker, Vernet, l'archevèque Il n'a pas dépendu de nous d'ètre meilleur juge et plus d'Aix, l'abbé Fauchet, Ducis, etc. Cependant, malgré habile historien ; mais il a dépendu de nous d'être tou- de si nombreux matériaux , une multitude de fails nous jours vrai, et nous l'avons toujours été.

eussent échappé , si la veuve de Bernardin de Saint-Pierre L'auteur des Études parait ici avec ses faiblesses et ses n'eût pris soin de les recueillir. Devenue à dix-huit ans, vertus : aimable dans son enfance; inquièt, présomp- et par son choix , la compagne d'un homme célèbre , elle tueus, ambitieux dans sa jeunesse; puis mûri par le mal- | reçut de la Providence la double mission de le rendre heur, et se refaisant homme dans la solitude. Heureux heureux dans cette vie et de le faire honorer après sa parcequ'il était devenu sage, il éprouvait alors la vérité mort. Nous lui devons les circonstances les plus toude cette marime d'un ancien , que rsque Dieu , pour nos chantes de cet Essai : confidente de toutes les pensées de fautes, nous abat d'une main , il nous relève des deux. cet illustre écrivain , il semble lui avoir légué les souve

La vie de Bernardin de Saint-Pierre jette un grand nirs de sa vie entière et son ame pour les exprimer. jour sur ses ouvrages. Comme Montaigne, il a étudié les

Le 11 novembre 1820. hommes dans lui-même. Ses fautes lui ont montré les vices de nos institutions, et ses maux lui ont appris à connaître ceux du genre humain. Il a condamné nos éducations de college, parcequ'elles l'avaient fait ambitieux ; et il a tå- Jacques-Ilenri-Bernardin de Saint-Pierre naquit au ché, par ses écrits , de ramener son siècle à Dieu et à la Havre le 19 janvier 1757. Son père, Nicolas de Saintnature, parceque là seulement il a trouvé le bonheur. Pierre, avait la prétention de descendre d'une famille

Les hommes les plus sages reçoivent toujours quelques noble; il comptait au nombre de ses aieur le célèbre Eusimpressions des objets qui les environnent. Pénétré de tache de Saint-Pierre , maire de Calais ; et quoiqu'il ne cette vérité, nous avons cru devoir esquisser quelques- pùt donner des preuves bien claires de cette illustration, il unes des sociétés où Bernardin de Saint-Pierre ne fit, i il ne cessait d'en parler à ses enfants comme d'une gloire est vrai, qu'apparaitre. L'aspect du monde a élé pour appartenant à sa famille. Le jeune Henri avait deux frères, Dous comme ces fonds de tableaux sur lesquels les pein- Dutailly et Dominique, et une sæur nommée Catherine. tres font ressortir leurs figures principales.

Cette dernière était spirituelle et jolie, mais vaine et préQuant aux matériaux de cet Essai, ils sont assez nom- cieuse. Elle resta fille par pruderie, refusant tous les partis breux. On sait que l'auteur a disséminé dans ses ouvrages qui se présentaient, et s'irritant de l'oubli de ceux qui ne des souvenirs sur les principales époques de sa vie : nous s'empressaient pas de se faire refuser. Sa mère, qui était les avons recueillis pour servir de base à notre travail. une femme de grand sens , voulut inutilement tempérer Ses manuscrits et les notes informes qu'il avait préparées cetle vanité. Calberine persista dans ses dédains, ne voyant lorsqu'il conçut le projet d'écrire ses Mémoires , nous ont rien autour d'elle qui fût digne de son amour. Ce qu'il y a également fourni plusieurs faits intéressants.

de singulier, c'est que vers l'âge de trente ans une révoluUne correspondance immense, mise en ordre pour le tion inespérée s'opéra dans son esprit : aussi accorte qu'elle méme objet, nous a fait connaitre les aventures de sa jeu- avait été revèche, elle semblait ne plus vivre que pour se nesse. Nous avons eu sous les yeux les lettres de ses deux faire aimer. Ainsi, dans sa jeunesse, elle eut toute la maufrères et de sa spur, et une grande partie de celles de vaise humeur, toute l'acrimonie d'une vieille fille, et sa Duval, de Taubenbeim, du chevalier de Chazot, de M. de maturité s'embellit de la douceur et des gråces prévenantes

OEUVRES POSTITUMES.

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