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qui donnent tant de charme à la jeunesse. Son frère Du

il s'abimait dans cette pensée avec une incroyable amertailly, tourmenté comme elle d'une présomptueuse ambi- lume, lorsque le soleil perçant les nuages qui dès le mation , détestait l'étude, et se moquait philosophiquement tin altristaient l'atmosphère, un de ses rayons vint frapdu latin, des pédants et du collège. Il ne cessait de répéter per la croisée que le pelit incrédule contemplait avec tant qu'il voulait aller à la cour, et que c'était l'épée, et nou le

de tristesse. A la vue de cette clarté si vive et si pure, il rudiment, à la main , qu’on brave devait faire fortune.

sentit tout son corps frissovner, et s'élançant vers la seSon père n'approuvait que trop ces gentillesses : il croyait nètre par un mouvement involontaire, il s'écria , avec y reconnaitre les inspirations d'un esprit supérieur qui l'accent de l'en:housiasme : « Ob ! il y a un Dieu ! » puis dédaigne les routes communes. Dutailly fut militaire; mais il tomba à genoux et fondit en larmes. ses prétentions exagérées, l'inconstance de ses projels, la

Cette anecdote dévoile l'anie entièrc de l'auteur des violence de son caractère, nuisirent à son avancement.

Études. Ce qu'il fut dans son enfance, il le fut toute sa Toujours malheureux et loujours incorrigible, il devint

vie. Jamais les beautes de la nature ne le trouvèrent inle cau de sa famille, sa raison se troubla, ct il mit lin à sensible; elles éveillèrent ses premières émotions, elles ses jours après les expéditions les plus aventureuses. inspirèrent ses dernières pensées. Sa mère lui avait dit un

Dominique, le plus jeune de tous, avait un caractère jouir que si chaque homme prenait sa gerbe de blé sur la modeste, des goûts simples et modérés. Il eotra de bonne terre, il n'y en aurait pas assez pour tout le monde, et beure dans la marine, où il acquit l'estinie générale. De

1ous deus en avaient conclu sagement que Dieu nultipliait venn capitaine de vaisseau, il fit plusieurs voyages de le blé dans les greniers. Plus tard, lorsqu'il eut eiudić long cours, puis il se retira à la campagne, après avoir cette multitude de phénomènes que la science décrit sans obtenu la maia de mademoiselle de Grainville, char- les comprendre, la reflexion de sa mère l'étounait moins mante personue, à la perte de laquelle nous verrons qu'il que le pouvoir donné à un grain de blé de produire plune put survivre.

sieurs épis , et de renfermer la vie qui doit animer penQuant au jeune IIenri, l'ainé de tous , il réunissait à lui

dant des siècles toutes les moissons à venir. Celte pensée seul les défauts et les qualilés de ses deux frères, la vanité

était encore une suite des études de son enfance. Dès de sa sæur, et une imagination brillante qui environna. l'âge de huit ans on le faisait culliver un petit jardin ou d'illusiops toutes les époques de sa vie. Dès sa plus tendre chaque jour il allait épier le développement de ses plantajeunesse , ses lectures le jetérent dans les réveries d'un tions, cherchant à deviner comment une grosse tige, des monde idéal où il se crea une existence et des babitudes bouquets de fleurs, des grappes de fruits savoureux, pousolitaires. Toutes ses sensations devenaient aussitôt des vaient sortir d'une graine frele ct aride. Mais les animaux passions. L'injustice le résoltait, elle pouvait même égarer surtout attiraient son affection, etonnaient son intelliun moment son coeur, mais il ne fallait qu'une émotion gence. Ayant accompagné son père dans un petit voyage tendre pour le ramener. Llevédans les principes de la plus à Rouen, celui-ci s'arrèta devant les flèches de la caardente piété, il disait souvent, en se rappelant ses pre

thédrale dont il ne pouvait se lasser d'admirer la hauteur mières impressions, qu'il serait devenu méchant si sa

el la légèreté; le jeune Ilenri levait aussi les yeux vers la confiance en Dieu n'avait redoublé à mesure qu'il appre

cime des tours; mais c'était pour admirer le vol des hironnait à se méfier des hommes. Ce sentiment donnait une

delles qui y faisaient leurs nids. Son père qui le voyait dans telle énergie à son amie, que dans son enfance, quand il se

une espèce d'exłasc, l'attribuant à la majesté du monucroyait victime d'une injustice, sa consolation était de son

ment, lui dit : « Eh bien! Henri, que penses-tu de cela ? » ger que Dieu lit

au fond des cæurs, et qu'il voyait la pureté L'enfant, toujours préoccupé de la contemplation des hidu sien. Un jour il assistait à la toilette de sa mère, en se

rondelles, s'écria : « Bon Dieu ! qu'elles volent baut! » Tout réjouissant de l'accompagner à la promenade ; tout à coup le monde se mit à rire, son père le traiia d'imbécile; inais il fut accusé d'une faute assez grare par une bonne fille toute sa vie il fut cet imbécile, car il admirait plus le vol nommée Marie Talbot , dont, malgré cette aventure, il

d'un moucheron que la colonnade du Louvre. conserva toujours le plus touchant souvenir. Il avait alors Un jour il trouva un malbeureux chat près d'expirer près de neuf ans, et il était fort doux à cet åge. Encouragé dans l'égout d'un ruisseau; il était percé d'un coup de par son innocence, il se défendit d'abord avec assez de

broche, et poussait des cris effrayants. Emu de pitié, il le tranquillité; mais comme toutes les apparences élaient cache sous son habit, le porte furtivement au grenier, lui contre lui, et qu'on refusait de croire à sa justification, il fuit faire un lit de soin, et vient lui donner à boire et à finit par s'emporter jusqu'à donner un démenti à sa bonne. manger toutes les heures du jour, partageant avec lui son Madame de Saint-Pierre, étonnée d'une vivacité qu'elle déjeuner et son goûter, et lui tenant fidèle compagnie. Au ne lui avait point encore vue, crut devoir le punir en le bout de quelques semaines le pauvre animal avait recouprivant de la promenade; et comme il ne cessait de l'im- vré la santé; il devint alors un excellent chasseur de souportuner par ses larmes et ses protestatious, elle prit le ris, mais si sauvage qu'il ne se montrait plus qu'à la voix parti de s'en débarrasser en l'enfermant seul dans une de son ami, sans jamais cependant se laisser approcher. Il chambre. Trompé dans l'attente d'un plaisir, condamné se promenait autour de lui, epfiant sa queue, se caressant pour une faute dont il n'était pas coupable, tout son éire au mur, et fuyant au moindre mouvement, au bruit le se révolta contre l'injustice de sa mère. Dans cette extré- plus léger. A la fois méfiant et reconnaissaut , il vit toumité, il se mit à prier avec une confiance si ardente, avec jours un homme dans son libérateur. Bernardin de Saintdes élans de caur si p’ssionnés, qu'il lui semblait à tout Pierre ne pouvait se rappeler cette petite aventure sans moment que le Ciel allait faire éclater son innocence par attendrissement. « Dans une de nos promenades, disait-il, quelquegrand miracle. Cependant l'heure de la promenade je la racontai á J.-J. Rousseau ; il en fut touché jusqu'aux s'écoulait, et le miracle ne s'opérait pas. Alors le désespoir larmes, et je crus un instant qu'il allait m'embrasser. » s'emparedu pauvre prisonnier; il murmure contre la Pro- Qu'on ne nous accuse pas de rapporter ici des traits vidence, il accuse sa justice, et bientôt, dans sa sagesse insignifiants ou puérils : ce n'est point une chose indifféprofo: de, il décide qu'il n'y a pas de Dieu. Assis auprès rente, selon nous, que de faire sentir l'influence des prede cette porle que ses prières n'avaient pu faire tomber, mières pensées sur le reste de la vie. Ce qui ne fut dans

l'enfance de Bernardin de Saint-Pierre qu'un sentiment et qui en versait en le retrouvant , l'arrêta tout court; il de commisération pour quelques êtres souffrants , devint s'élança vers elle, et se mit aussi à pleurer. plus tard un sentiment d'amour qui s'étendit à tont le Dès qu'il lui eut confié le sujet de ses peines , elle comgenre humain. Dans la société, on le vit toujours recher- mença par le rassurer, puis elle lui raconta que son père cher l'amitié de ceux qui paraissaient les plus timides et et sa mère avaient ressenti les plus vives inquiétudes de les plus malheureus. Voilà pourquoi , avec des avantages ne pas le voir revenir à l'heure du diner; qu'elle était alqui auraient dù håler sa fortune , il échoua dans toutes lée le chercher d'abord chez son maitre, qui avait paru ses entreprises. Sa sensibilité même lui muisait d'autant surpris de son absence ; qu'ensuite elle s'était enquis dans plus qu'elle était pluss versatile , car il prenait en pitié la le voisinage à des gens de la ville, puis à des gens de la souris sous les griffes du chat, le chat dans la gueule da campague, qui de l'un à l'autre et de proche en proche chien, le chien sous le bâton de l'homme, et l'homme, lui avaient indiqué le chemin qu'il avait pris. En parlant quel qu'il fit , sous la domination d'un tyran. C'est ainsi aiusi elle le cuvrait de tant de caresses que sa vocation qu'en s'attachant toujours au plus faible, il est toujours

commença à s'affaiblir, et qu'il se décida enfin, quoique à lutter coutre le plus sort. Mais dans ceite lutte perpé

avec un peu de peine, à renoncer à son ermitage. De retuelle, son courage avait quelque chose de divin; car il tour dans sa famille, son père et sa mère lui firent raconlui semblait bien qu'il n'était pas seul, et que la Provi

ter comment il avait vécu; ensuite ils lui demandèrent ce dence aussi comballait pour les malheureux.

qu'il aurait fait dans le cas où il n'eût rien trouve dans les Celte confiance eu Dieu , première impression de son

champs. Il ne manqua pas de leur répondre qu'il était enfance , consolation de toute sa vie, fut singulièrement sûr que Dieu l'y aurait nourri en lui envoyant un corbeau exaltée par la lecture de quelques livres pieus et amusants, chargé de son diner, comme cela était arrivé à saint Paul entre autres par la Vie des Saints. Il y avait dans le cabi- l'erm te. « On rit beaucoup de la simplicité de cette renet de son père un énorme in-folio reolermant loures les pouse, disait un jour Bernardin de Saint-Pierre, et cepenvisions des ermites du déseri. Ravi des miracles qu'il y dant la Providence a fait depuis de plus grands miracles voyait , persuadé que la Providence vient au secours de | eu ma faveur, lorsqu'elle me protégea au idilieu des nations tous ceux qui l'invoquent, il crut de plus rien avoir à élrangères où je m'étais jeté seul, sans argent et sans recraindre de ses parents ni de ses maitres, et résolut de commandation , et, ce qui est encore plus merveilleux, s'abandonner à Dieu à la première occasion où il aurait à lorsqu'elle me protégea daus ma propre patrie contre se piaindre des hommes. Cette occasion ne tarda pas à se l'intrigue et la calomnie. » présenter. Un jour, à cette époque il avait à peine neuf Cette petite aventure, qui décelait une ame passionnée, ans, un maitre d'école chez lequel on l'envoyait étudier les donna quelques inquiétudes à sa famille. On crut nécusa éléments de la langue latine l'ayant menacé de le fouetter saire de l'éloigner de la maison paternelle, et, peu de le lendemajo s'il ne récilait pas couramment sa leçon, il jours après, il fut conduit à Caen, chez un curé qui habiprit à l'instant mène le parti de dire adieu au monde et tait un joli presbytère aux portes de la ville, et qui avait d'aller vivre en ermite au fond d'un bois. Le malin du un grand nombre d'élèves. Les jeux de cet åge, l'exemple jour fatal il se leva tranquillement, mit en réserve une de ses camarades, donnèrent bientôt une autre direction portion de son déjeuner, et , au lieu de se rendre à l'école, à ses idees. N'ayant pu devenir le plus saint des ermites, il se glissa par des rues détournées et sortit de la ville. il devint le plus cspiègie des écoliers, et peu de jours s'éHeureux de sa liberté, sans inquiétude de l'avenir, ses coulaient sans que ses ruses ne missent en défaut la surregards se promenaient avec délices sur une multitude veillance de toute la maison. Parmi les tours dont il gardait d'objets pouveaux qui lui semblaient autant de prodiges. le souvenir, il en est un qui avait si bien exerce la finesse de La campagne était fraiche et riante; les bois, les prairies, son esprit, qu'il prenait toujours plaisir à le raconter. Il les collines se déroulaient devant lui , et il se voyait avec y avait dans un des angles d'une cour interdite aux élères, admiralion seul et libre au milieu de ce brillant horizon. près de la porte de sortie, un superbe figuier dont tous les Il marcha environ un quart de lieue dans un joli sentier matins le jeune observateur admirait de sa fenêtre les juqu'à l'eutrée d'un bouquet de bois d'où s'échappait un branches couvertes des fruits les plus appétissants. De pelit ruisseau. Ce licu lui parut un désert, il le crut inac- l'admiration il passa à la convoitise. Trois figues surtout, cessible aux bommes et propre à remplir ses projets. Ré- pendantes, violettes, entr'ouvertes, et qui laissaient couler solu de s'y faire ermite, il y passa toute la journée dans le miel, le tentaient si vivement, qu'il ne songea plus qu'au la plus douce oisiveté, s'amusant à ramasser des fleurs et moyen de se les approprier. La chose n'était pas facile. à entendre chapter les oiseaux. Cependant l'appelit se fit Deux chiens et une grosse fille normee Javneton, vérisentir vers le milieu du jour. Il cueillit des mûres de table servante-maitresse, vive, alerte, terrible, semblaicnt haies, et arracha avec ses petites mains des racines dont avoir été commis à la garde de fruit défendu. Cependant, il fit un repas délicieux. Ensuite il se mit en prières, at- à force d'y songer, il crut avoir trouvé le moyen d'échaptendant quelque miracle de la Providence, et se rappe- per à leur vigilance : c'était un samedi soir, il fallait atlant tous les saints ermites qui, dans la même position, tendre le dimanche. L'inquiétude et l'espérance le tinrent avaient reçu les secours du ciel, il lui semblait toujours éveillé toute la nuit; vingt fois il fut sur le point de requ'un ange allait lui apparaitre et le conduire daus une noncer à une entreprise si périlleuse ; mais lorsque le grotte sauvage ou dans un jardin miraculeux. Cette agréa- matiu il put entrevoir du coin de sa fenêtre l'arbre couble attente l'occupa le reste du jour. Cependant le soleil vert de ses fruits dorés des premiers rayons du jour, la était déjà sur son déclin , l'air se rafraichissait insensible- crainte s'envola, la conquéte fut résolue. ment, et les viseaux avaient cessé leur ramage. Le petit La matinée du dimanche n'offrit aucune occasion favosolitaire se préparait à passer la nuit sur l'herbe au pied rable. Après le dîner on se rassemble pour aller à vėpres; d'un arbre, lorsqu'à l'entrée de la plaine il aperçut la le moment est attendu et prévu. Les rangs se forment, on bonne Marie Talbot qui l'appelait à grands cris. Son pre- traverse la cour à la hâte pour gaguer la porte de sortie ; mier mouvement fut de fuir dans la furel; mais la vue de aussitôt le petit maraudeur s'esquive et disparait derriere celle pauyre fille qui tant de fois avait essuyé ses larmes, I le figuier. Déjà la troupe se met en marche; il cntrud le

com

bruit de la serrure ct des verrous. Le voilà pris comme le l'influence d'un esprit supérieur, qui ne se fait sentir que cers de la fable. Comment fera-t-il rouvrir cette porte? par l'admiration et l'amour. C'est ce qui l'inquiète peu, sa prévoyance a pourvu à tout. Bernardine de Bayard comptait parmi ses aïeux le héros Déjà l'arbre est escaladé, déjà il en courbe les branches, dont elle portait le nom. En perdant son mari, elle avait il en touche les fruits, lorsque les aboiements du chien at- été réduite, suivant la coutume de Normandie, à un motirent dans la cour la terrible Jannelon. Son regard in- dique douaire qui ne pouvait suffire à ses besoins. Née quiet et vigilant se promène autour d'elle. Le coupable dans l'opulence, babituée à la prodigalité, elle supportait reste un moment glacé d'effroi; cependant il se remet, et, avec peine la mauvaise fortune; ce qu'elle regrettait de la pour se débarrasser de cet Argus, il tire un cordon qu'il bonne, c'était surtout le pouvoir de donner. La générosité, avait eu soin d'attacher à la sonnette du réfectoire. Janne- celte vertu brillante qui fait pardonner aux grands la ton rentre dans la maison, n'y voit personne et croit s'ètre plupart de leurs vices, est un vice pour ceux que la forI rompée. Un second cordon, également attaché à la son- tune abandonne. Triste exemple de cette vérité, la nette de la rue, fait aussitôt son office ; Janneton accourt tesse de Bayard se vit enfin réduite à Matter ceux que jadis tout effarée, ouvre la porte, et s'étonne de n'y voir per- elle obligeait d'un regard. Une politesse estrème, le ton sonne. De nouveau rappelée par la sonnette du résectoire, de la cour, un grand nom, un reste de beauté, ne purent elle perd la tête , va d'un côté, revient de l'autre, laisse toujours élo ner d'elle la honte qui suit la misère quand tout ouvert, et, toujours frappée d'une nouvelle stupeur, la misère arrive sans la résignation. Elle y échappait ceelle s'imagine que le diable au moins s'est emparedu pres- pendant presque toujours par la supériorité de son esprit bytère. Pendant qu'elle remplit la maison de ses cris, notre et l'ascendant de sa naissance. Au lieu de fuir ceux qui lui maraudeur ne fait qu'un saut de l'arbre vers la rue; il avaient ouvert leur bourse, elle les rassemblait autour emporte ses figues, et se glisse dans une allée, où il attend d'elle, elle en faisait sa société la plus intime, et les charjoyeusement le retour de ses camarades, en savourant le mait si bien par ses graces et son aménité, qu'elle leur prix de sa victoire.

ötait la force de lui jamais rien demander. Touchait-elle Le souvenir de ce tour d'écolier égayait singulièrement son mince revenu, elle se hátait aussitôt de les réunir, Bernardin de Saint-Pierre. Il ne pouvait s'empêcher de non pour s'acquitter, mais pour leur donner une petite rire en se rappelant la figure comique , l'air effaré, les fête dont elle était le principal ornement. Élevée dans la signes de croix de cette grosse fille, lorsqu'elle courait de société des vieux courtisans de ouis XIV, elle les avait la cour à la rue, de la rue au réfectoire, au bruit de toutes presque tous vus disparaître avec la splendeur du siècle. Jes cloches du presbytère. «Saint-Augustin, disait-il agréa- Son imagination, vivement frappée de tant de grandeurs blement, s'accusait du larcin de quelques poires ; et moi, évanouies, en avait retenu une teinte de mélancolie qui qui ai volé des figues, je n'ai jamais pu m'en repentir. contrastait avec sa conversation légère, galante,spirituelle,

Ces traits de son enfance semblent prouver qu'il vivait et semée d'une multitude d'anecdotes qui ne tendaient pas dans une espèce d'isolement au milieu de ses camarades. toujours à faire regretter le temps passé. Paraissait-elle En effet, tous ses goûts étaient solitaires, et son cæur dans un cercle, on l'entourait, on se pressait pour l'enprofondément sensible se tournait sans cesse vers ses pre- tendre; avec quel charme elle racontait alors les exploits mières affections. Il regrettait sa mère et sa sæur ; il du grand Condé, les amours de Louis, ou les romanesques regrettait de n'avoir presque jamais vu ses frères, qu'il aventures de mademoiselle de Montpensier ! Cette prioaurait voulu aimer. Ses desirs le ramenaient toujours au cesse, vers la fin de sa vie, s'était retirée en Normandie, soin de sa famille. Tout lui paraissait aimable sous le toit dans son château d'Eu. Elle y avait accueilli et distingué paternel. Quand il songeait au chien et au perroquet de la madame de Bayard, qui habitait une terre voisine, et qui maison, il se faisait une si agréable image de leur bonheur, était alors jeune, riche et charmante. Souvent, dans leurs que des larmes involontaires venaient mouiller ses yeux. promenades solitaires, mademoiselle de Montpensier s'arLa pauvre Marie Talbot avait aussi une bonne part à ses rêtait avec de simples villageoises, et se plaisait à leur regrets. Pouvait-il oublier le temps où, lorsqu'il perdait faire conter leurs amours, leur mariage, et leurs peines ses livres de classe, elle prenait secrètement sur ses gages si faciles à soulager. Elle écoutait ces récits naifs avec des pour lui en acheter d'autres, afin de lui éviter la punition yeux pleins de larmes, et plus d'une fois, en reprenant le de sa négligence? Et ses toilettes du dimanche, avec quelles chemin du château, elle s'étonnait de voir tant de bonheur délices elles revenaient à sa mémoire ! Il lui semblait tou- où il y avait tant de besoins et si peu de desirs. « Que ne jours voir cette bonne fille environnant sa tête d'une mul- suis-je née dans une cabane ! disait-elle avec amertume; titude de papillotes à l'amidon , pour le conduire ensuite j'aurais vécu heureuse, j'aurais vécu aimée, j'aurais presse (l'un air triomphant à la messe de la paroisse. Et ces jolis sur mon sein des enfants chéris, et l'ingratitude des bomgoûters sur l'herbe, ces gâteaux exquis, ces promenades mes me serait restée inconnue ! » En rapportant ces pasur le bord de la mer, ces lectures dans le grand volume roles, wadame de Bayard était toujours vivement émue, ia-folio, croyait-on avoir remplacétout cela par les froides et ses auditeurs, touchés des larmes qu'ils lui voyaient leçons d'un régent et l'étude fastidieuse du grec et du la- répandre sur les maux qu'entraine la haute fortune, et tin? A ces tendres souvenirs venait encore se mêler celui tournant sur elle des regards attendris, étaient tentés de de sa marraine, belle et noble dame qui s'offrait à son pleurer à leur tour sur ceux qui suivent la pauvreté. Ses imagination avec toute la majesté d'une reine, et cepen- | récits viss et animés, le singulier contraste de son élégance dant avec la grace et l'indulgence d'une mère. Cette ex- et de sa misère, de ses brillants souvenirs et de sa situation cellente femme, instruite des regrets de son filleul, et présente, pénétraient de respect le jeune de Saint-Pierre, devinant tout ce qu'il n'eût osé dire, obtint facilement et remplissaient son esprit des souhaits les plus bizarres. son retour dans sa famille. Il y rentra après dix mois Il voulait devenir grand seigneur pourère heureux comme d'absence, avec des démonstrations de joie qu'il serait un paysan; aimable et savant pour plaire à sa marraine ; difficile d'exprimer. Sa tendresse pour sa marraine s'en riche pour lui tout donner. Et lorsque dans un åge avancé accrut sensiblement; dès ce jour elle exerça sur tous ses il se rappelait ces premières impressions de l'enfance, il goûts une influence qui ne lui fut pas inutile , car c'était disait que l'aspect de madame de Bayard, son air de po. bless e, sop affabilité, son ton, ses récits, l'avaient fait se prit à dire que vraiment les capucins étaient fort heutoucher au grand siècle de Louis XIV.

reux ; qu'ils faisaient bonne chère, et que dans un couvent Le caractère de son parrain, M. de Savalette, ne res- où il s'était arrêté, il avait vu qu'on leur servait à chacua semblait guère à celui de madame de Bayard. Riche, dur, une tête de veau. Son père rit beaucoup de cette exagéavare, dédaigneus, il grondait toujours, n'encourageait ration, et lui demanda où il prétendait qu'on eût pris jamais, et répondait régulièrement au compliment que toutes ces têtes. Cette objection lui troubla l'esprit, et lui son filleul venait lui faire chaque année, au premier jan- donna à penser qu'il n'avait peut-être pas bien observéla vier, par une leçon d'économie et une tape sur la juue. vie des capucins. Avec cela, l'enfant était aussitôt congédié. En pareille cir- C'est à peu près à cette époque que sa marraine, pour constance, la pauvre marraine ne manquait pas d'accom- encourager ses études, lui fit présent de quelques livres, pagner les louanges qu'elle prodiguait d'une tendre parmi lesquels se trouvait Robinson. Peut-être avait-elle caresse et d'un petit cadeau. Un jour, après avoir vaine- compté sur l'effet de ce roman pour changer le cours de ment promené ses regards dans toutes les parties de sa ses idées; mais elle ne put prévoir la révolution singulière chambre , voyant qu'elle n'avait plus rien à donner, elle que sa lecture allait opérer. Frappé d'une situation si se mit à pleurer, et pressant les mains de son filleul, elle neuve et si touchapte, il ne put jamais s'en détacher. ne pouvait se résoudre à le quitter. L'enfant, ému de sa L'ile déserte, les lamas, le perroquet, Vendredi, deviopeine, et se rappelant qu'il avait reçu le matin une pièce rent l'unique objet de ses pensées , et l'impression fut si d'argent pour ses étrennes, imagina de la laisser glisser vive qu'elle influa peut-être sur le reste de sa vie, et sous le coussin de cette excellente femme, croyant au qu'on en retrouve des traces dans tous ses projets et dans moins rétablir sa fortune! Hommage d'une ame inno- tous ses ouvrages. cente et pieuse, qui ne pouvait offenser celle qui en était La première lecture fut une espèce d'enchantement. l'objet ! bommage religieux, que l'amour déposait avec Chaque soir il s'endormait avec Robinson dans quelq ue respect aux pieds du malheur, comme on dépose une of agréable solitude, défrichant la terre, plantant des arfrande sur les autels de la Divinité.

bres, lisant la Bible, élevant des palissades, et se défenA son retour dans la maiaon paternelle, il reprit avec dant seul contre une armée de sauvages. Les nuits et les délices ses premières occupations. Il recueillait des in- jours s'écoulaient ainsi dans des rêveries délicieuses. Cesectes, élevait des oiseaux, cultivait son jardin, et relisait pendant il venait d'atteindre l'âge de douze ans; son coeur sans cesse la Vic des Saints. Mais ces plaisirs furent encore déjà troublé par des desirs vagues, mais pleins de charmes, interrompus par une circonstance qui éveilla en lui on commençait à sentir que Robinson est un modèle imparnouveau goût, celui des voyages. Depuis long-temps sa fait de l'homme. La tête de ce solitaire renferme bien le famille était liée avec un capucin du voisinage, homme germe des arts et des sciences ; la nécessité les fait éclore; agréable et qui s'était fait l'ami de la maison en caressant mais on n'y sent point le feu des passions qui les foot les enfants et en leur donnant des dragées. Chaque jour il fleurir, et qui sont elles-mêmes les premiers mobiles de la rendait visite au petit solitaire, c'est ainsi que s'appelait vie humaine : l'amour et l'ambition. notre écolier depuis sa fuite dans le désert. Sa bonté cap- Robinson n'est que la tête d'un homme, il lui manque tiva le cæur d'un enfant qui ne demandait qu'à aimer. Le un cæur. On le voit, à la vérité, touché d'un sentiment frère Paul était un des plus amusants capucins du monde, religieux, diriger ses méditations vers le ciel : et cette ayant toujours quelque histoire plaisante à raconter, et lueur divine qui se reflète sur toutes les situations de sa vie sachant à la fois éveiller et satisfaire la curiosité. Sur le mélancolique en fait sans doute le plus grand charme : point de faire une tournée en Normandie, il pria M. de mais on ne le voit jamais, ni réchauffé de la chaleur de Saint-Pierre de lui confier son fils, auquel il promettait l'amour, ni agité de ces ressouvenirs qui acquièrent tant instruction et plaisir. Sa proposition fut accueillie avec d'énergie dans la solitude, et ajoutent des regrets particuempressement, et voilà notre petit ermite, devenu ap- liers à chacune de nos privations. Au sein de l'abondance, prenti capucin , voyageant à pied, le båton à la main, même dans sa misère, il ne désire jamais une compagne, suivant ou précédant son guide, et se croyant déjà un sans laquelle aucune vie ne peut être appelée humaine, grand personnage. Le soir, son compagnon le conduisait suivant cette parole aussi ancienne que le monde : Il n'est soit dans un couvent, soit dans un château, soit même pas bon que l'homme soit seul. chez quelque riche villageois, et partout il se voyait ac- C'est une chose singulière que de voir ces idées vagues cueilli , fété, caressé, soupant bien, dormant bien , et et confuses se développer peu à peu dans le cæur d'un enprenant goût au métier. Les dames surtout, charmées de fant qui cherchait à les débrouiller et à les comprendre. son air éveillé, ne manquaient jamais de remplir ses Chose plus singulière encore! par un instinct unique et poches de toutes sortes de friandises pour lui faire oublier prodigieux à cet âge, il se mit à refaire ce livre sans le voules fatigues du voyage. Malgré cette précaution, il de- loir, devinant comme par inspiration tout ce que l'auteur mandait souvent à se reposer. Son guide se gardait bien avait oublié d'y mettre. C'est ainsi qu'en se mettant a la alors de le contredire; mais ayant recours à la ruse, il lui place de Robinson, il sentit que cet ouvrage si ingénieux montrait dans le lointain une belle foret, ou une prairie ne peut cependant s'appliquer à aucun homme en partiémaillée, lui pro.nettait de s'y arrêter, puis commençait culier; car l'eofance de l'homme doit être long-temps une historiette dont l'interèt ne manquait pas de redoubler protégée par le secours d'autrui, et l'intelligence est à l'approche du but qui, bientôt dépassé, reparaissait tou- plutôt le résultat des préjugés de la société que des lujours à l'horizon sous les plus riants aspects. Ainsi, de mières indirectes de la nature. plaisir en plaisir, d'histoire en histoire, on arrivait au gite Pour construire sa cabane, pour cultiver son jardin, il sans j'être aperçu de la longueur du chemin. La tournée avait souvent besoio d'un compagnon. De cette faiblesse dura quinze jours, et le petit voyageur fut si satisfait de qui le forçait de recourir à ses semblables, il tira celte celte vie indépendante, qu'à son retour il annonça sérieu- conséquence, que l'ètre le plus isolé est nécessairement lié sement le dessein de se faire capucin. Et comme il racon- | avec le genre humain ; ce qui en fait dans tous les cas all tait ses aventures à sa famille, réubie pour l'entendre, il être moral, obligé de rendre à ses semblables les secours qu'il en a reçus. De celle conséquence il tira cette autre rique, et le voyage ne lui laissa d'autres souvenirs que la conclusion, qu'aucun homme ne peut être heureux si la tristesse de ses deux traversées. société dans laquelle il vit n'est heureuse elle-même; ce Son père, dégoûté de tant d'essais infructueux, ne sonqui le conduisit naturellement à s'occuper de la recherche geait plus à lui faire con inuer ses études ; mais madame du bonheur.

de Bayard, qui jugeait mieux des dispositions de son filLe bonheur ! mot ravissant, qui n'échappe à notre ado- leul, réussit à le faire rentrer en grace. Cette fois il fut lescence qu'avec les veus de l'amour. Pourquoi ces rève- | envoyé chez les Jésuites à Caen, où il ne tarda pas à obries solitaires, ces prières arden!es? Jeune homine, que tenir de brillants succès. Peu de temps après il perdit sa demandes-lu à l'avenir ? Un cæur qui réponde aux batte- marraine, et il lui sembla qu'il venait de perdre une mère. ments du tien. Doubler ton ètre ou mourir; aimer éter- Dans son désespoir, il fit pour elle une oraison funèbre nellement, uniquement, infiniment, voilà ta seule espé- où il exprimait avec enthousiasme ses regrets et sa rerance. Tu ne connais encore l'aniour que par le desir, et connaissance : et c'est ainsi que son premier écrit fut indéjà sa seule image te rend beureux! Attends quelques spiré par sa première douleur. jours seulement, et tu trouveras le bonheur jusque dans Le chagrin qu'il ressentit de cette perte ne fit qu'accroitre les larines,

son penchant pour la solitude, et le prépara aux nouvelles Cédant à ces douces inspirations, il imagina de peu- impressions qu'il allait bientôt recevoir. On sait avec quelle pler son ile, et d'y supposer des amis, des femmes, des adresse lesjésuites captivaient leurs élèves, et les attiraient enfants. L'établissement de ces enfants le liait bientôt à à eux par des lectures faites pour toucher vivement les des peuples voisins; de là baissaient des amitiés et des ames. Les veilles des fêtes des saints de leur ordre, ils baines, des fêtes et des querelles. Ces désordres nė- avaient établi des espèces de demi-congés où chaque processitaient des lois : le maintien de ces lvis, un plan d'é- fesseur lisait à son auditoire les voyages de quelque misducation publique ; l'éducation faisait paitre l'harmonie sionnaire jésuite. On peut juger de l'attention des élèves constante de la société, qui , réunie par le devoir, le be- par l'intérêt singulier de ces relations. Tantôt ils se sensoin, l'habitude, devenait bientôt semblable à une rucho

taient attendris au récit des persécutions et des tortures dont toutes les abeilles concourent invariablement au

que le martyr éprouvait chez les peuples barbares ; tantot même but.

l'assemblée entière était ravie d'admiration en le voyant. Le développement de ces premiers rêves de la jeunesse sortir sain et sauf des profondeurs d'un cachot ou des Namde Bernardin de Saint-Pierre est ici tel que lui-même se mes d'un bûcher, recevoir les hommages de ses néoplaisait à le rappeler. Les esprits méditatifs s'étonneront phytes, et faire, en se promenant avec eus, quantité de sans doute de la marche, de la gradation et du lien de miracles. Ces lectures rappelaient au jeune de Saint-Pierre ses pensées, qu'il reproduisit plus tard avec tant de charme d'autres lectures encore présentes à son imagination. Il ne dans ses divers ouvrages , et principalement dans l'Ar-concevait rien de plus agréable que de voguer d'ile en ile, cadie, l'Amazone, Paul et Virginie, tableaux délicieux de côtoyer les rivages du Gange ou de l'Amazone, de trade celle societé qui devait ramener l'innocence des pre- verser les vastes forêts du Nouveau-Monde, et, chemin miers jours du monde. Il est intéressant de voir un enfant faisant, d'apai er les tempêtes, de convertir les peuples, de douze ans s'elever, par la lecture de Robinson, jus- et de voir les tigres lui lécher les pieds , ou les dauphins qu'aux théories d'une profonde politique, trouver les rapporter son crucifix du sein des flots. Age précieux d'inbases du bonheur social dans les plus doux penchants de

nocence et de simplicité, où l'on croit plus à ce qu'on lit la nature, et travailler, comme Platon, à un code de lois qu'à ce qu'on voit, où l'imagination nous environne de pour un peuple imaginaire. Cette dernière pensée sut ses prestiges, comme pour nous dédommager des tristes celle de toute sa vie : à vingt-cinq ans il voulut aller fon- réalités du reste de la vie ! Bicutôt les lectures publiques der une colonie au fond de la Russie, sur les bords du lac ne suffirent plus à sa curissité. L'heure de rentrer en classe Aral; à trente, il vendit son patrimoine pour se rendre à sonnait, le récit était interrompu; et comment travailler Madagascar, avec un projet de république ; à trente-huit, lorsqu'on laissait un martyr entre les mains des Sauvages, il esquissait le premier volume de l'Arrudie; à cinquante

lorsque le bûcher était allumé, et que des anges venaient deus, il publiait les Vaux d'un Solitaire, et à soixante

d'apparaitre dans le ciel ? Le grec, le latin, les jeux mêmes dix, il recommençait l'Amazone.

elaient oubliés pour rêver au dénoùment de cette aven. Il était dans ces disposilions romanesques, lorsqu'un de ture. Enfin le goût de ces relations pieuses devint une esses oncles, nommé Godebout, capitaine de vaisseau, vint pèce de fureur; non seulement notre écolier achetait tous annoncer son prochain départ pour la Martinique. A cette les volumes qu'il pouvait se procurer, mais encore il dénouvelle l'imagination du jeune bomme s'enflamme; il robait ceux de ses camarades et jusqu'à ceux de son régent. veut réaliser lous ses plans d'iostitutions humaines ; il ne Aucun voyage n'était en sûreté; un livre oublié était ua voit qu'ites désertes, forteresses, sauvages, gouverne- livre pris. Il lisait en classe, dans les jardins, dans les proments. Son oncle, qui croit reconnaitre dans ses desirs un menades, se passionnant pour ses héros au point d'oupenchant invincible pour la marine, se charge d'obtenir blier tout ce qui l'environnait. Son professeur, l'ayant le consentement de son père; il l'oblient, et le jeune légis- puni plusieurs fois inulilement, le fit venir dans son calateur monte sur le vaisseau, bien résolu de se faire roi à la binet pour chercher à découvrir la cause d'une négligence première ile déserie qu'il va rencontrer. Le mal de mer, si coupable. Pressé de parler, il avoua, en baissant les les dures occupations auxquelles il était condamné, les yenx, qu'il était tourmenté du desir de voyager et d'être brusqueries de son oncle, mirent bientôt les regrets à la martyr. Cette double vocation fit sourire le jésuite, qui, place de l'espérance, et ne tarderent pas à dissiper ses il. loin de le rebuter, se mit à faire l'éloge des missionnaires, lusions. La mer était toujours calme, on n'avait pas mème et lui proposa de l'associer aux travaux des pères qui all'espoir d'une tempète, et les iles désertes ne paraissent laient prêcher la foi aus Indes, à la Chine et au Japon. pas très communes dans ces parages. Encore s'il avait eu « Nous aurons grand soin de vous, lui dit-il, et peut-être le frère Paul pour charmer ses ennuis! mais aucune con- serez-vous un jour, selon vos souhaits, un illustre martyr solation ne lui était laissée. Bref, il vit les riyes de l'Amé- ou un fameux voyageur, » Cette promesse enchanta le

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