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OE U VRES

COMPLÈTES

DE VOLTAIR E.

TOME TROISIÈME.

STOUTGART,
CHEZ L'EXPÉDITION DE L'HISTOIRE DE

NOTRE TEMPS,
ET POUR LES PAYS-BAS EN COMMISSION
CHEZ LES FRÈRES HARTMANN A LA HAYE.

M. DCCC. XXIX.

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(1524) Clément VII commence par envoyer à la diête de Nuremberg un légat pour armer l'Allemagne contre Soliman, et pour répondre à un écrit intitulé: Les cent griefs contre la cour de Rome. Il ne réussit ni à l'un ni à l'autre.

Il n'était pas extraordinaire qu'Adrien, précepteur et depuis ministre de Charles-Quint, né avec le génie d'un subalterne, fût entré dans la ligue. qui devait rendre l'empereur maître absolu de l'Italie, et bientôt de l'Europe. Clément VII eut d'abord le courage de se détacher de cette ligue, espérant tenir la balance égale.

Il y avait alors un homme de sa famille qui était véritablement un grand homme; c'est Jean de Médicis, général de CharlesQuint. Il commandait pour l'empereur en Italie avec le connétable de Bourbon; c'est lui qui acheva de chasser, cette année, les Français de la petite partie du Milanais qu'ils

occupaient encore, qui battit Bonnivet, à Biagrasse, où fut tué le chevalier Bayard, très-renommé en France.

Le marquis de Pescara, que les Français appellent Pescaire, digne ému e de ce Jean de Médicis, marche en Provence avec le duc de Bourbon. Celui-ci veut assiéger Marseille malgré Pescara, et l'entreprise échoue: mais la Provence est ravagée.

François ser a le temps d'assembler une armée ; il poursuit les Impériaux qui se retirent ; il passe les Alpes. Il rentre pour son malheur dans ce duché de Milan pris et perdu tant de fois. La maison de Savoie n'était pas encore assez puissant pour

fermer le passage aux armées de France.

Alors l'ancienne politique des papes se déploie, et la crainte qu'inspire un empereur trop puissant, lie Clément VII avec François ler : il veut lui donner le royaume de Naples. François y fait marcher un gros détachement de son armée. Par là il s'affaiblit en divisant ses forces, et prépare ses malheurs et ceur de Rome.

(1525) Le roi de France assiège Pavie. Le comte de Lanoy, vice-roi de Naples, Pescara et Bourbon veulent faire lever le siège, en s'ouvrant un passage par le parc de Mirabel, où François lor. était posté. La seule artillerie française met les Impériaux en déroute. Le roi de France n'avait qu'à ne rien faire, et ils étaient vaincus. Il veut les poursuivre, et il est battu entièrement.

Les Suisses, 'qui faisaient la force de son infanterie, s'enfuient et l'abandonnent; et il ne reconnaît la faute de n'avoir eu qu'une infanterie mercenaire et d'avoir trop écouté 'son courage, que lorsqu'il tombe captif entre les mains des Impériaux et de ce Bourbon qu'il avait outragé, et qu'il avait forcé à être rebelle,

Charles-Quint, qui était alors à Madrid, apprend l'excès de son bonheur, et dissimulé celui de sa joie. On lui envoie son prisonnier. Il semblait alors le maître de l'Europe. Il l'eût été en effet si, au lieu de rester à Madrid, il eût suivi sa fortune à la tête de cinquante mille hommes ; mais ses succès lui firent des ennemis d'autant plus aisément que lui, qui passait pour le plus actif des princes, ne profita pas de ces succès.

Le cardinal Volsey, mécontent de l'empe: reur, au lieu de porter Henri VIII, qu'il gouvernait, à entrer dans la France abandonnée, et à la conquérir, porte son maître à se déclarer contre Charles-Quint, et à tenir cette balance qui échappait aux faibles mains de Clément VII.

Bourbon, que Charles flattait de l'espérance d'un royaume composé de la Provence, du Dauphiné et des terres de ce connétable, n'est que gouverneur du Milanais.

Il faut croire que Charles-Quint avait de grandes affaires secrètes en Espagne, puisque, dans ce moment critique, il ne venait ni vers la France où il pouvait entrer,

ni

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