Essais de morale et de critique

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Calmann Lévy, 1859 - Criticism - 456 pages
 

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Page xix - Quelquefois je regrette que votre barque, en quittant l'Irlande ou la Cambrie, n'ait point obéi à d'autres vents. Je les vois dans mes rêves, ces cités pacifiques de Clonfert et de Lismore, où j'aurais dû vivre, pauvre Irlande, nourri du son de tes cloches, au récit de tes mystérieuses odyssées. Inutiles tous deux en ce monde, qui ne comprend que ce qui le dompte ou le sert, fuyons ensemble vers l'Eden splendide des joies de l'âme, celui-là même que nos saints virent dans leurs songes.
Page 161 - On prépare la voie à cette pernicieuse erreur par la liberté d'opinions pleine et sans bornes qui se répand au loin pour le malheur de la société religieuse et civile, quelques-uns répétant avec une extrême impudence qu'il en résulte quelque avantage pour la religion. Mais, disait saint Augustin, qui peut mieux donner la mort à l'âme que la liberté de l'erreur?
Page 178 - Oh ! parlez-moi des mystères de ce monde que mes désirs pressentent, au sein duquel mon âme, fatiguée des ombres de la terre, aspire à se plonger. Parlez-moi de celui qui l'a fait et le remplit de lui-même, et seul peut remplir le vide immense qu'il a creusé en moi.
Page xviii - Essais de morale et de critique : « 0 pères de la tribu obscure au foyer de laquelle je puisai la foi à l'invisible, humble clan de laboureurs et de marins, à qui je dois d'avoir conservé la vigueur de mon âme en un pays éteint, en un siècle sans espérance, vous errâtes sans doute sur ces mers enchantées où notre père Brandan chercha la terre de promission ; vous...
Page 70 - La nature l'avait doué de trop de dons pour qu'il pût ne demander la gloire qu'à un seul, et, dans la foule des qualités qu'il joignit à celles du philosophe, une seule eût suffi pour le bannir de cette sévère phalange des...
Page 373 - Bretagne, dans celle qui mérite ce nom par la langue et la race, le plus brusque changement se fait sentir tout à coup. Un vent froid, plein de vague et de tristesse, s'élève et transporte l'âme vers d'autres pensées ; le sommet des arbres se dépouille et se tord ; la bruyère étend au loin sa teinte uniforme ; le granit perce à chaque pas un sol trop maigre pour le revêtir; une mer presque toujours sombre forme à l'horizon un cercle d'éternels gémissements.
Page 82 - La tentative de construire la théorie des choses par le jeu des formules vides de l'esprit est une prétention aussi vaine que celle du tisserand qui voudrait produire de la toile en faisant aller sa navette sans y mettre du fil.
Page 188 - Il ya chez lui trop de colère et pas assez de dédain. Les conséquences littéraires de ce défaut sont fort graves : la colère amène la déclamation et le mauvais goût ; le dédain au contraire produit presque toujours un style délicat. La colère a besoin d'être partagée ; elle est indiscrète, car elle veut se communiquer. Le dédain est une fine et délicieuse volupté qu'on savoure à soi seul; il est discret, car il se suffit.
Page 161 - Là se rapporte cette liberté funeste, et dont on ne peut avoir assez d'horreur, la liberté de la librairie pour publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques-uns osent solliciter et étendre avec tant de bruit et d'ardeur.
Page 365 - L'utile n'ennoblit pas : cela seul ennoblit qui suppose dans l'homme une valeur intellectuelle ou morale. La vertu, le génie, la science, quand elle est désintéressée et n'a pour objet que de satisfaire le désir qui porte l'homme à pénétrer l'énigme de l'univers, la valeur militaire, la sainteté, voilà des choses qui ne correspondent qu'aux besoins moraux, intellectuels ou esthétiques de l'homme : tout cela peut ennoblir...

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