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son,

que
le défunt, un meilleur homme? » Il

y a un codicile, il faut le lire : il fait Mævius légataire universel, et il renvoie Titius dans son faubourg, sans rentes, sans titre, et le met à pied. Il essuie ses larmes : c'est à Mævius à s'affliger.

La loi qui défend de tuer un homme n'embrasse-t-elle

pas

dans cette défense le fer, le poile feu, l'eau, les embûches, la force ouverte,

tous les moyens enfin qui peuvent servir à l'homicide ? La loi qui ôte (1) aux maris et aux femmes le pouvoir de se donner réciproquement n'a-t-elle connu que les voies directes et immédiates de donner? a-t-elle manqué de prévoir les indirectes ? a-t-elle introduit les fideicommis, ou si même elle les tolère ? avec une femme qui nous est chère et qui nous survit, légue-t-on son bien à un ami fidèle par un sentiment de reconnoissance pour lui, ou plutôt par une extrême confiance, et par la certitude qu'on a du bon usage qu'il saura faire de ce qu'on lui légue? donne-t-on à celui

que

l'on peut soupçonner de ne devoir

pas rendre à la personne à qui en effet l'on veut donner? faut-il

(1) M. et madame de Valentin.

se parler, faut-il s'écrire, est-il besoin de pacte ou de serments pour former cette collusion ? Les hommes ne sentent-ils pas en cette rencontre ce qu'ils peuvent espérer les uns des autres? Et si au contraire la propriété d'un tel bien est dévolue au fideicommissaire (1), pourquoi perd-il sa réputation à le retenir? sur quoi fonde-t-on la satire et les vaudevilles? voudroiton le comparer au dépositaire qui trahit le dépôt, à un domestique qui vole l'argent que son maître lui envoie porter? On auroit tort: y a-t-il de l'infamie à ne pas faire une libéralité, et à conserver pour soi ce qui est à soi? Étrange embarras , horrible poids que le fideicommis! Si par la révérence des lois on se l'approprie, il ne faut plus passer pour homme de bien : si par le respect d'un ami mort l'on suit ses intentions en le rendant à sa veuve, on est confidentiaire, on blesse la loi. Elle cadre donc bien mal avec l'opinion des hommes. Cela peut être; et il ne me convient pas de dire ici, La loi péche, ni, Les hommes se trompent.

J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : Tel et tel corps se con

(1) M. Hennequin.

testent l'un à l'autre la préséance : le mortier et la pairie se disputent le pas. Il me paroît que celui des deux qui évite de se rencontrer aux assemblées est celui qui cede , et qui, sentant son foible, juge lui-même en faveur de son concur

rent.

Typhon (1) fournit un grand de chiens et de chevaux ; que ne lui fournit-il point! Sa protection le rend audacieux ; il est impunément dans sa province tout ce qu'il lui plaît d'être, assassin , parjure; il brûle ses voisins, et il n'a pas besoin d'asile : il faut enfin que le prince se mêle lui-même de sa punition.

Ragoûts, liqueurs (2), entrées, entremets, tous mots qui devroient être barbares et inintelligibles en notre langue : et s'il est vrai qu'ils ne devroient pas être d'usage en pleine paix, où ils ne servent qu'à entretenir le luxe et la gourmandise, comment peuvent-ils étre entendus dans le temps de la guerre et d'une misère publique, à la vue de l'ennemi, à la veille d'un combat, pendant un siège ? Où

(1) De Bercy.
(2) Le duc de Duras.

est-il parlé de la table (1) de Scipion ou de celle de Marius? Ai-je lu quelque part que Miltiade, qu’Épaminondas, qu’Agésilas, aient fait une chère délicate ? Je voudrois qu'on ne fît mention de la délicatesse, de la propreté, et de la somptuosité des généraux, qu'après n'avoir plus rien à dire sur leur sujet, et s'être épuisé sur les circonstances d'une bataille gagnée et d'une ville prise : j'aimerois même qu'ils voulussent se priver de cet éloge.

Hermippe est l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodités ; il leur sacrifie l'usage reçu, la coutume, les modes, la bienséance : il les cherche en toutes choses , il quitte une moindre pour une plus grande, il ne néglige aucune de celles qui sont praticables, il s'en fait une étude, et il ne se passe aucun jour qu'il ne fasse en ce genre une découverte. Il laisse aux autres hommes le dîner et le souper, à peine en admet-il les termes ; il mange quand il a faim, et les mets seulement où son appétit le porte. Il voit faire son lit ; quelle main assez adroite ou assez heureuse pourroit

(1) Il prétend parler du combat de Valcourt, ou du maréchal d’Humières.

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le faire dormir comme il veut dormir ? Il sort rarement de chez soi, il aime la chambre, où il n'est ni oisif ni laborieux, où il n'agit point, . où il tracasse, et dans l'équipage d'un homme qui a pris médecine. On dépend servilement d'un serrurier et d'un menuisier, selon ses besoins : pour lui, s'il faut limer, il a une lime, une scie, s'il faut scier, et des tenailles s'il faut arracher. Imaginez, s'il est possible, quelques outils qu'il n'ait pas, et meilleurs et plus commodes à son gré que ceux mêmes dont les ouvriers se servent : il en a de nouveaux et d'inconnus, qui n'ont point de nom, productions de son esprit, et dont il a presque oublié l'usage. Nul ne se peut comparer

à lui

pour faire en peu de temps et sans peine un travail fort inutile : il faisoit dix pas pour aller de son lit à la garde-robe, il n'en fait plus que neuf, par

la manière dont il a su tourner sa chambre; combien de pas épargnés dans le cours d'une vie ! Ailleurs l'on tourne la clef, l'on pousse contre, ou l'on tire à soi, et'une porte s'ouvre : quelle fatigue! voilà un mouvement de trop qu'il sait s'épargner; et comment? c'est un mystère qu'il ne révèle point ; il est à la vérité un grand maître pour le ressort et pour

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