Essais de philosophie morale et de morale religieuse, suivis de quelques essais de critique littéraire

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L. Hachette, 1837 - Ethics - 358 pages
 

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Page 234 - Poésie, c'est création ; être poète, c'est refaire l'univers ; et qu'est-ce que l'homme d'Éden avait à créer, et pourquoi eût-il refait l'univers? Lorsque l'innocence en larmes se retira de notre monde, elle rencontra la poésie sur le seuil ; elles passèrent à côté l'une de l'autre, se donnèrent un regard, et poursuivirent leur chemin, l'une vers les cieux, l'autre vers l'habitation des hommes. « Mais, me demandera-ton, qu'est-ce donc qui, avant le péché, occupait dans l'âme humaine...
Page 123 - Croyez-moi, ma fille, ce n'est pas inutilement qu'il a fait des réflexions toute sa vie; il s'est approché de telle sorte de ses derniers moments, qu'ils n'ont rien de nouveau ni d'étranger pour lui.
Page 284 - On ne doit donner à ces œuvres de complaisance de l'imagination que les heures laissées libres par les devoirs de la famille, de la patrie et du temps; ce sont les voluptés de la pensée; il ne faut pas en faire le pain quotidien d'une vie d'homme. Le poète n'est pas tout l'homme, comme l'imagination et la sensibilité ne sont pas l'ume tout entière.
Page 123 - ... lui témoigner même beaucoup de compassion de son mal; car les misérables sont si sots, que cela leur fait le plus grand bien du monde. Mais je tiens aussi qu'il faut se contenter d'en témoigner, et se garder soigneusement d'en avoir.
Page 161 - Mon respect pour les professions de foi antérieures de celui qu'on a proclamé le poëte chrétien de l'époque ne me permet pas d'hésiter sur l'ordre de mes arguments. Je dois avant tout lui opposer ou lui représenter sa foi. Je dois, de prime abord, faire ressortir à ses yeux ce qui, dans son système, est directement contraire à la lettre ou à l'esprit du christianisme. Toute profession religieuse, même celle de l'humanitarisme, repose sur la conviction, état individuel qui, pour être...
Page xxiii - Pourquoi fallait-il que dans l'amour des êtres il y eût le péché? Tournant les pages en sens inverse, il arriva à la première sur laquelle s'inscrivaient les quelques mots tracés par David et il les regarda jusqu'à ce que sa vue se brouillât ; les lettres vacillaient devant ses yeux : « Si votre cœur vous condamne, Dieu est plus grand que votre cœur.
Page 173 - ... c'est vouloir emprunter à la pauvreté et s'appuyer sur la faiblesse. Pour tirer bon parti de la plante humaine, il la faut laisser croître, autant que possible, dans sa direction propre ; il faut laisser à l'homme le sentiment de sa valeur intrinsèque ; il ne faut pas commencer par l'annuler à ses propres yeux ; il ne faut pas lui dire, comme M» de Lamartine, « qu'il « n'est autre chose qu'un moyen ou qu'un obstacle. » Chaque individualité est un talent, chaque talent est une richesse...
Page 168 - N'ayant pour tout dessein qu'un éternel caprice ; Ne commandant ni foi, ni loi, ni sacrifice ; Livrant le faible au fort et le juste au trépas, Et dont la raison dit :
Page 285 - ... il ya, quoi qu'on en dise, une grande impuissance ou un grand égoïsme dans cet isolement contemplatif que l'on conseille aux hommes de pensée dans les temps de labeur ou de lutte. La pensée et l'action peuvent seules se compléter l'une l'autre. C'est là l'homme.
Page 282 - Surtout , qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme. Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain...

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