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MÉTHODIQUE.

*

ARTS ACADÉMIQUES.
ÉQUITATION, ESCRIME,

DANSE,

E T A R T DE NA G E R.

A PARIS,
Chez PANCKOUCKE, Libraire , hôtel de Thou , rue des Poitevins,

A LI È G E,
Chez PLOMTEUX, Imprimeur des Etats.

M. DCC. LX X X V I.
AVEC APPROBATION ET PRIVILÈGE DU ROI.

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A B A

AID
ABANDONN

BANDONNER un cheval, c'est le faire bout où est le bouton avec la main droite , les
courir de toute sa vitesse , sans lui tenir la bride. reprend ensuite avec la main gauche , qu'il ouvre
Abandonner les étriers, c'est ôter les pieds de dedans. un peu , pour laisser couler les rênes pendant
S'abandonner, ou abandonner son cheval après quelqu'il les tire à lui.
qu'un, c'est le poursuivre à course de cheval.

ACCOUTUMER un cheval, c'est le stiler à ABATTRE un cheval , c'est le faire tomber quelque exercice, ou à quelque bruit, afin qu'il sur le côté, par le moyen de certains cordages

n'en ait pas peur. appellés entraves & lacs. On l'abat ordinairement ACCÚLER se dit lorsque le cheval qui manie pour lui faire quelques opérations de chirurgie , sur les voltes , ne va pas assez en avant à chacun ou même pour le ferrer quand il est trop difficile. de ses temps & de ses mouvements; ce qui fait Abattre l'eau , c'est essuyer le corps d'un cheval que ses épaules n'embrassent pas assez de terrein, qui vient de sortir de l'eau , ou qui est en sueur, &

que

fa croupe s'approche trop près du centre de ce qui se fait par le moyen de la main ou du la volte. Cheval acculé. Votre cheval s'accule & couteau de chaleur. S'abattre se dit plus commu s'entable tout à la fois. Les chevaux ont naturelnément des chevaux de tirage, lorsqu'ils tombent lement de l'inclination à s'acculer en faisant des dea en tirant une voiture. On dit aussi d'un cheval qui mi-voltes. Quand les Italiens travaillent les chevaux bronche, ou qui tombe , qu'il est sujet à s'abattre. au repolon, ils affectent de les acculer. Acculer a un

ACADÉMIE. Manege ou bâtiment destiné autre sens vulgaire, & fignifie un cheval qui se principalement à apprendre aux jeunes gens l'art jette & s'abandonne sur la croupe en désordre de monter à cheval. On y reçoit des pension- | lorsqu'on l'arrête , ou qu'on le tire en arrière. naires & des externes. Les pensionnaires y logent ,

ACHEMINER un cheval, c'est l'accoutumer & apprennent à danser , à voltiger, les mathé à marcher droit devant lui. Un cheval acheminé matiques, à faire des armes , &c. & les externes est celui qui a des dispositions à être dressé, qui n'y viennent que pour apprendre à monter à cheval. connoît la bride & répond aux éperons, qui est [ Suivant le duc de Newkastle, la première Aca dégourdi & rompu. démie fut établie à Naples, par Frédéric Grison, ACHEVÉ. Un cheval achevé est celui qui est lequel, ajoute-t-il, a écrit le premier sur ce sujet bien dressé, qui ne manque point à faire un ceren vrai cavalier & en grand maître. Henri VIII , tain manége , qui est confirmé dans un air ou un continue le même auteur, fit venir en Angleterre manége particulier. Cheval commencé, acheminé & deux Italiens, disciples de ce Grifon, qui en for achevé, voilà les termes dont on se sert pour mars mèrent en peu de temps beaucoup d'autres. Le quer les différentes dispositions, & , pour ainsi-dire, plus grind maître que l'Italie ait produit en ce genre les différentes classes d'un cheval qui a de l'école. a été Pignatelli de Naples. La Broue apprit sous lui, ACTION fignifie , à l'égard du cheval, un pendant cinq ans , Pluvinel neuf, & Saint-Antoine mouvement vif. On dit donc une belle ou une un plus longtemps. Ces trois François rendirent les mauvaise action du cheval. On dit d'un cheyal écuyers communs en France. Jusqu'à eux, on n'y qui a de l'ardeur , & qui remue perpétuellement, en avoit vu que d'Italiens. (V.).].

qu'il est toujours en action. Cheval toujours en ACADÉMISTE.(Homm. Éxerc.). Penfionnaire action. Bouche toujours en action , fe dit du cheval ou externe qui suit les exercices d'une académie. qui mâche son mords, qui jette beaucoup d'écume,

On trouve dans l'ordonnance de Louis XIV, du & a la bouche toujours fraiche. C'est un indice de 3 mai 1654, un article relatif aux Académistes. beaucoup de vigueur & de feu, Newkastle dit « Défendons aux gentilshommes des academies

aussi les actions des jambes.
de chasser, ou faire chasser , avec fulils , arque ADROIT se dit d'un cheval qui choisit bien
buses, halliers , filets, collets, poches, tonnelles, l'endroit où il met son pied en marchant dans un
traineaux, ni autres engins de chasse ; mener ni terrein raboteux ou difficile. Il y a des chevaux
faire mener chiens courants , lévriers, épagneuls, très mal-adroits, & qui font souvent des faux pas,
bar bets & oiseaux; enjoignant aux écuyers deidites dans ces occasions, quoiqu'ils ayent la jambe fort
académies d'y tenir la main, à peine d'en répondre bonne.
en leur propre & privé nom, sur peine de trois AFFERMIR la bouche d'un cheval, ou l'affermis
cents livres d'amende, confiscation d'armes , che dans la main & sur les hanches, c'est continuer les
vaux , chiens , oileaux , & engins à chasser », leçons qu'on lui a données, pour qu'il s'accoutume

ACCOUROIR la bride dans sa main , c'est à l'effet de la bride, & à avoir les hanches bailes,
une action du cavalier , qui , après avoir tiré vers Voyez ASSURER.
Jui les rênes de la bride, en les prenant par le AIDES ( les) sont des secours & des soutiena
Equitation , Efcrime & Dance,

А

à la bouche & aux côtés , fi ces parties en mana quent ; ou en leur conservant cette bonne qualité fi elles l'ont dèja. On employe pour cela les aides & les châtiments; les aides pour prévenir les fautes que le cheval peut faire ; les châtiments pour le punir dans le temps qu'il fait une faute ; & comme les chevaux n'obéissent que par la crainte du châu timent, les aides ne sont autre chose qu'un avertissement qu'on donne au cheval qu'il sera châtié s'il ne répond à leur mouvement.

DES AIDES.

que le cavalier tire des effets modérés de la bride ; de l'éperon , du poinçon, du caveçon, de la gaule, du son de la voix, du mouvement des jambes, des cuisses & du talon, pour faire manier un cheval comme il lui plaît. On se sert des aides pour prévenir les châtiments qu'il faut, dans les occasions, employer pour dresler un cheval. Il y a aussi les aides secrettes du corps du cavalier ; elles doivent être fort douces. Ainsi on dit : ce cheval connoît les aides , obéit, répond aux aides prend les aides avec beaucoup de facilité & de vigueur. On dit ausli: ce cavalier donne les aides extrèmement fines, pour exprimer qu'il manie le cheval à propos , & lui fait marquer avec justesse ses temps & les mouvements. Si un cheval'n'obéit pas aux aides du gras des jambes , on fait venir l'éperon au secours, en pinçant de l'un ou des deux. Si l'on ne se sert pas avec discrétion des aides du caveçon, elles deviennent un châtiment qui rebute peu à peu le cheval sauteur qui va haut & juste en ses sauts & sans aucune aide. Un cheval qui a les aides bien fines, se brouille ; on l'empêche de bien manier , fi peu qu'on serre trop les cuifles , ou qu'on laisse échapper les jambes. Aides du dedans, aides du dehors; façons de parler relatives au côté sur lequel le cheval manie sur les voltes, ou travail le long d'une muraille ou d'une haie. Les aides dont on le sert pour faire aller un cheval par airs , & celles dont on se sert pour le faire aller sur le terrein, font fort différentes. Il

у trois aides différentes qui se font ayant les rênes du dedans du caveçon à la main. La première est de mettre l'épaule de dehors du cheval en dedans. La seconde est de lui mettre aussi l'épaule de dedans en dedans ; & la troisième est de lui arrêter les épaules. DE L'USAGE DES AIDES.(LA GUÉRINIERE).

a

Les aides consistent dans les différents mouvea ments de la main de la bride ; dans l'appel de la langue ; dans le fifflement &' le toucher de la gaule; dans le mouvement des cuisses, des jarrets, & des gras de jambes; dans le pincer délicat de l'éperon, & enfin dans la manière de peser sur les étriers.

Nous avons expliqué dans le chapitre précédent les différents mouvements de la main, de la bride & leurs effets ; ainfi nous passons aux autres aides.

L'appel de la langue est un son qui se forme en recourbant le bout de la langue vers le palais , & en la retirant ensuite tout-à-coup, en ouvrant un peu la bouche. Cette aide sert à réveiller un cheval, à le tenir gai en maniant , & à le rendre attentif aux aides ou aux châtiments qui suivent cette action , s'il n'y répond pas. Mais on doit se servir rarement de cette aide', car il n'y a rien de si choquant que d'entendre un cavalier appeller continuellement de la langue ; cela ne fait plus alors d'impression sur l'ouie, qui est le sens sur lequel elle doit agir. Il ne faut pas non plus appeiler trop fort : ce son ne doit, pour ainsi-dire , être entendu que du cheval. Il est bon de remarquer en passant qu'il ne faut jamais appeller de la langue lorsqu'on est à pied, & que quelqu'un passe à che val devant nous : c'est une impolitesle qui choque le cavalier ; cela n'est permis que dans une seule occasion , qui est lorsqu'on fait monter un cheval pour le vendre.

Quoique la gaule foit plus pour la grace que pour la nécesite, on ne laisse pas de s'en servir quelquefois utilement. On la tient haute dans la main droite , pour acquérir une manière libre de se servir de son épée.

La gaule est en même-temps aide & châtiment: Elle est aide lorsqu'on la fait fier dans la main, le bras haut & libre pour animer un cheval; lorsqu'on le touche légèrement avec la pointe de la gaule sur l'épaule de dehors pour le relever ; lorfqu'on tient la gaule sous main, c'est-à-dire, croisée par-dessous le bras droit , la pointe au-dessus de

pour être à portée d'animer & de donner du jeu à cette partie ; & enfin lorsqu'un homme à pied touche de la gaule devant, c'està-dire, sur le poitrail pour faire lever le devant, ou sur les genoux, pour lui faire plier les bras,

Les cinq sens de la nature, dont touts les animaux font doués aussi-bien que l'homme , il y en a trois fur lesquels il faut travailler un cheval pour le dresser; ce sont la vue , l'ouie ; & le toucher.

On dresse un cheval sur le sens de la vue, lorsqu'on lui apprend à approcher des objets qui peuvent lui faire oinbrage ; car il n'y a point d'animal si susceptible d'impression des objets qu'il n'a point encore vus, que le cheval.

On le drese sur le sens de l'ouie , lorsqu'on l'accoutume au bruit des armes , des tambours, & des autres rumeurs guerrières ; lorsqu'on le rend attentif & obéissant à l'appel de la langue , au filement de la gaule , & quelquefois au fon doux de la voix, qu’un cavalier employe pour les caresses , ou à un ton plus rude, dont on se sert pour les menaces.

Mais le sens du toucher est le plus nécessaire, parce que c'est par celui-là qu'on apprend à un cheval à obéir au moindre mouvement de la main & des jambes, en lui donnant de la sensibilité

la croupe

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