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Sect. 40. Si le pouvoir de la Peinture sur

les hommes est plus grand que le pouvoir de la Poefie.

415 Sect. 41. De la simple récitation & de la déclamation.

429 Sect. 42. De notre maniere de réciter la Tragédie & la Comédie.

441 Sect. 43: Que le plaisir que nous avons au théâtre n'est point l'effet de l'illusion.

453 Sect. 44. Que les Poemes dramatiques purgent les pasions.

459 Se&. 45. De la Musique proprement dite.

468 Sect. 46. Quelques réflexions sur la Musi

que des Italiens. Que les Italiens n'ont cultivé cet art qu'après les François & les Flamands.

489 Sect. 47. Quels vers sont les plus propres à être mis en musique.

504 Sect. 48. Des Estampes & des Poëmes en profe.

510 Sect. 49. Qu'il est inutile de disputer si la

partie du dessein & de l'expression est pré

férable à la partie du coloris. Sect. 5o. De la Sculpture , du talent

qu'elle demande, & de l'art des Basreliefs.

Fin de la Table:

512

5.18

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PREMIERE PARTIE. On éprouve tous les jours que les vers & les tableaux causent un plaisir sensible ; mais il n'en est pas moins difficile d'expliquer en quoi consiste ce plaisir qui ressemble souvent à l'affliction , & dont les simptomes sont quelquefois les mêmes que ceux de la plus vive douleur. L'art de la Poesie & l'art de la Peinture ne font jamais plus applaudis que lorsqu'ils ont réussi à nous affliger.

La représentation pathétique du sacrifice de la fille de "Jepthé enchaffé

Tome I,

A

dans une bordure , fait le plus bel ornement d'un cabinet qu'on a voulu rendre agréable par les meubles. On nés glige , pour contempler ce tableau tras gique , les sujets grotesques & les compositions les plus riantes des Peintres galants. Un poëme , dont le sujet principal est la mort violente d'une jeune Princesse , entre dans l'ordonnance d'une fête ; & l'on deftine cette tragédię à faire le plus grand plaisir d'une compagnie qui s'assemblera pour se diver, tir. Généralement parlant, les hommes trouvent encore plus de plaisir à pleurer, qu'à rire au théâtre.

Enfin plus les actions que la Poësie & la Peinture nous dépeignent , auroient fait fouffrir en nous l'humanité fi nous les avions vûes véritablement, plus les imitations que ces Arts nous en présentent ont de pouvoir sur nous pour nous attacher. Ces actions , dit tout le monde , sont des sujets heureux. Un charme secret nous attache donc sur les imita. tiors que les Peintres & les Poëtes en sçavent faire, dans le tems même que la nature témoigne par un frémissement intérieur qu'elle se souleve çontre son propre plaisir,

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J'ose entreprendre d'éclaircir ce paradoxe , & d'expliquer l'origine du plaisir que nous font les vers & les tableaux. Des entreprises moins hardies peuvent passer pour être téméraires puisque c'est vouloir rendre compte à chacun de son approbation & de ses dégoûts ; c'est vouloir instruire les autres de la maniere dont leurs propres sentimens naissent en eux. Ainsi je ne sçaurois espérer d'être approuvé, li je ne parviens point à faire reconnoître au lecteur dans mon livre ce qui se passe en lui-même en un mot les mouvemens les plus intimes de son coeur. On n'hésite guéres à rejetter comme un miroir infidéle le miroir où l'on ne se re

. Les Ecrivains qui raisonnent sur des matieres, s'il étoit permis de parler ain fi, moins palpables, errent souvent avec impunité. Pour démêler leurs fautes, il eit nécessaire de réfléchir , & souvent même de s'instruire ; mais la matiere que j'ose traiter est présente à tout le monde. Chacun a chez lui la regle ou le compas applicable à mes raisonnemens, & chacun en sentira l'erreur, dès qu'ils s'écarteront tant soit

peu

de la vérité.

connoît pas.

D'un autre côté, c'est rendre un fer: vice important à deux Arts que l'on compte parmi les plus beaux ornemens des sociétés polies, que d'examiner en Philosophe comment il arrive que leurs productions faffent tant d'effet sur les hommes. Un livre qui , pour ainsi dire déployeroit le coeur humain dans l'inftant où il est attendri par un poëme , ou touché par un tableau , donneroit des vûes très-étendues & des lumieres justes à nos Artisans fur l'effet général de leurs ouvrages , qu'il semble que la plupart d'entr'eux ayent tant de peine à prévoir. Que les Peintres & les Poëtes me pardonnent de les désigner fou

d'Artisan dans le cours de ces Réflexions. La vénération

que i'y témoigne pour les Arts qu'ils profeffent , leur fera voir que c'est uniqués ment par la crainte de répéter trop louyent la même chose, que je ne joins pas toujours au nom d'Artisan le mot d'ile lustre , ou quelqu'autre épithéte convenable. Le dessein de leur être utile , eft même un des motifs qui m'engagent à publier ces Réflexions , que je donne comme les représentations d'un simple sitoyen, qui fait usage des exemples

vent par

le nom

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