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celui-ci, dernièrement communiquée à la troisième classe de l'Institut par M. Visconti, dont les explications et les notes se verront dans le prochain volume des Mémoires de cette compagnie; et comme ces deux monuments ont entre eux beaucoup de rapports, et s'expliquent même mutuellement, malgré des différences assez considérables, il entre dans un examen approfondi de l'un et de l'autre. Il rapporte après le célèbre antiquaire romain, deux passages, l'un de Tacite, l'autre de Dion, qui viennent fort bien au sujet, et prouvent que l'usage était d'écrire ces sortes d'anathèmes sur des lames de plomb. Ensuite, citant d'autres passages de différents auteurs classiques, il fait voir que Mercure et la Terre sont ordinairement invoqués dans de telles imprécations; et, par occasion, il expose les diverses épithètes qu'on trouve jointes aux noms de ces Divinités. Tout cela est traité au long avec l'érudition et la sagacité qu'on devait attendre d'un homme aussi expert en ces matières. Il examine aussi, par forme de digression, et communique au public une inscription nouvellement apportée d'Athènes par M. Bronstoedt, voya

geur danois.

Les observations de M. Akerblad sur l'orthographe bizarre du monument qu'il explique, ne sont pas moins curieuses que le reste, et intéresseront surtout ceux qui n'approuvent pas la prononciation de certaines lettres dans le langage des Grecs modernes. C'est un article sur lequel les savants de cette nation souffrent avec peine qu'on les contredise, et qu'on oppose le témoignage d'une infinité de monuments à la tradition qu'ils prétendent avoir conservée de

l'ancienne prononciation. Si quelque chose pouvait les convaincre de la fausseté de cette opinion, en un point du moins, ce serait cette inscription-ci où partout se trouvent confondues deux lettres qui, dans la prononciation actuelle, n'ont pas le moindre rapport, savoir, H et E. On y lit, par exemple, KOLAZHTH au lieu de KOLAZETE ; erreur de l'écrivain, qui n'eût pu avoir lieu si alors on n'eût prononcé l'H comme on fait aujourd'hui.

On ne fait ici qu'indiquer les principaux points sur lesquels roulent cette dissertation, dont l'auteur donne partout des preuves de l'habileté qu'on lui connaissait déjà dans la palæographie, la littérature et les arts. Il n'en fallait

pas

moins sans doute pour déchiffrer et expliquer ce morceau presque unique en son genre; et si on fait réflexion qu'à ces rares connaissances l'auteur joint celle de la plupart des langues de l'Europe et de l'Orient, qu'il écrit et parle avec une égale facilité, on conviendra que peu d'hommes possèdent au même degré une érudition si variée, et qu'aucun ne paraît plus propre à jeter un nouveau jour, par de savantes recherches, sur les monuments de la Grèce et de l'Italie.

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Porté à la députation par un collége dont je fais partie, vous devenez mon mandataire, et c'est à ce titre seul que je me permets de vous adresser quelques observations sur le nom que vous portez aujourd'hui, et qui ne me semble pas, ainsi qu'à bien d'autres, exactement le vôtre.

Compagnon, jadis, l'ami même, j'ose le dire, de votre enfance, j'ai été plus que personne à même de vous connaître; et des relations d'intérêts qui existaient entre votre famille et la mienne, m'ont mis à portée d'avoir fréquemment sous les yeux des contrats et des signatures, où monsieur votre père, votre famille et vous, sans doute, avez figuré plus d'une fois.

Si vous attribuyez, Monsieur, mes observations à la contrariété de vous voir figurer à la Chambre, préférablement à votre concurrent, vous vous trom

periez étrangement; car si j'avais tenu le moins du monde à vous écarter de cet honorable fonction, j'aurais été voter contre vous ; j'en avais le droit, vous le savez très-bien, et vous savez aussi parfaitement que je n'en ai rien fait.

Je pourrais ici me dispenser de vous en donner la raison. Mon libre arbitre suffirait seul; mais dans toutes circonstancés, ma volonté ne se détermine que sur des considérations mûrement réfléchies; et si je mc suis abstenu de voter pour ou contre vous, c'est qu'il me parassait totalement indifférent au bonheur de l'état, que vous ou votre candidat l'emportât dans la lutte électorale qui n'était ouverte qu'entre vous deux, puisque tous deux on vous dit animés de l'amour du bien public. Revenons à l'objet de ma lettre: peut-être n'avez-vous pas oublié que feu mon père acheta autrefois un champ qui était grévé d'une rente annuelle de deux póts et demi de beurre et de treize livres dix sous tournois envers votre famille ; que feu mon père fut chargé de cette rente, jusqu'au moment où il jugea à propos de s'en 1lébarrasse en la remboursant.

Vous n'ignorez pas non plus, sans doute, que le dossier assez volumineux de cette rente porte votre nom, exactement tel qu'il est éeriť sur votre acte de baptême, tel que monsieur votre père le signa toujours, c'est-à-dire Delegorgue de Rony.

Vous n'ignorez pas non plus, Monsieur, que nommé à la mairie de Boulogne, en 1815, place que, par parenthèse, vous ne pouviez pas légalement occuper, n'ayant pas dans la ville le domicile que veut la loi, vous avez, à cette époque changé tout-à-coup votre

nom de Rony, nom qui certainement en valait bien an autre par la considération que votre respectable famille avait su s’acquérir, en celui de ROSNY, qui n'était, jusqu'alors, celui de personne dans le Boulonnais; et que ce travestissement à vue, si je puis m'exprimer ainsi, fut opéré sans remplir la formalité prescrite par les articles 4, 5, 6, 7, 8 et 9 du titre 3 du Code qui nous régit.

Vous n'avez pas oublié non plus, Monsieur, que vous avez signé de ce nom, pour ainsi dire nouvellement improvisé, tous les actes administratifs de votre mairie, et dans ce nombre, plusieurs qui me concernaient. Or, je me trouve, par suite de ce change-ment subit de nom, dans un véritable embarras que je vais vous communiquer.

Si votre véritable nom, votre nom légal est Rony; tel que vous l'aviez toujours signé, mes quittances de pot de beurre sont bonnes ; mais les actes administratifs qui me concernent étant signés Rosny, sont-ils suffisamment légaux ?

Si au contraire, Monsieur, votre nom réel est Rosny, vos actes administratifs sont bien légalement signés; mais alors, mes quittances de pot de beurre!... sont-elles bien légales ?....

Aujourd'hui, Monsieur, qu'après avoir échoué plusieurs fois dans les luttes électorales prccédentes , vous vous trouvez enfin porté sur un plus grand théâtre; que vous êtes enfin appelé, grâces à la fois au Ciel, à l'active coopération de vos puissants amis, grâces surtout au triomphe de vos qualités personnelles, et à la divine Providence, à siéger à la Chama bre des députés, vous y êtes devenu mandataire d'un

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