Théâtre d'Eschyle

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Charpentier et Cie, 1870 - Greek drama - 387 pages
 

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Page 99 - Des amas de cadavres, jusqu'à la troisième génération, parleront, dans leur muet langage, aux yeux des hommes: « Mortels, il ne faut pas que vos pensées s'élèvent « au-dessus de la condition mortelle. Laissez germer «l'insolence, ce qui pousse, c'est l'épi du crime; on « moissonne une moisson de douleurs. » — Vous voyez, amis, le châtiment de la Perse : souvenez-vous donc d'Athènes et de la Grèce.
Page 329 - Ce n'est pas la mère qui engendre ce qu'on appelle son enfant : elle n'est que la nourrice du germe versé dans son sein ; celui qui engendre, c'est le père. La femme, comme un dépositaire étranger, reçoit d'autrui le germe, et, quand il plaît aux dieux, elle le conserve1.
Page 32 - ni des briques ni du bois, pour construire des maisons cclai» rées par le jour. Comme la frêle fourmi, ils habitaient sous « terre, dans des cavernes profondes où ne pénétrait pas le soleil. » Nul signe certain qui distinguât à leurs yeux l'hiver, soit du » printemps plein de fleurs, soit de l'été aux moissons abondantes. » Ils agissaient, mais toujours au hasard, sans réflexion. Enfin, je » leur enseignai l'instant où se lèvent les astres, et l'art plus » difficile encore d'observer...
Page 14 - Fils industrieux de la sage Thémis, vois, pour ton malheur, pour le mien, ces ferrements invincibles : je vais te clouer sur ce mont sauvage, où tu n'entendras la voix, où tu n'apercevras le visage d'aucun mortel; où, desséché par les brûlants rayons du soleil, tu verras se flétrir la fleur de ton corps. Trop tard, à ton gré, la nuit viendra cacher le jour sous sa robe émaillée d'étoiles ; trop tard le soleil viendra dissiper la gelée du matin : tu vivras, sans cesse accablé par la...
Page 200 - Priam! 11 est une vieille parole, depuis bien longtemps répétée parmi les hommes : « Quand l'opulence d'un mortel est « à son comble, elle devient féconde, elle ne meurt pas « sans enfants; et le rejeton de la fortune heureuse, « c'est une irréparable misère. » Moi seul je pense autrement. Une action impie en met au monde bien d'autres, enfants dignes de leur race; mais le bonheur, dans la maison des justes, a toujours le bonheur pour fils. Oui, une antique faute fait naître d'ordinaire...
Page 316 - ... sombre approche; et, foulée sous mes pieds , elle s'anéantit sans retour. Mais celui que je frappe est aveuglé par le délire ; il ne voit rien : son forfait est une nuit profonde qui l'enveloppe, et les hommes se disent entre eux qu'il ya sur sa demeure un nuage de tristesse et d'infortune. Oui, c'est là notre loi : habiles, marchant au but, nous gardons religieusement le souvenir des crimes. Nous sommes pour les mortels des juges inexorables. Nous habitons , séparées des autres dieux,...
Page 113 - Les préparatifs d'un combat, une lamentation funèbre sur deux frères qui se sont percés l'un l'autre , voilà tous les événements de la tragédie. Mais ce qui la remplit d'un bout à l'autre , c'est la terreur et la pitié , ainsi que parlaient les anciens critiques ; c'est le destin de cette ville, que menacent l'incendie et le pillage; c'est surtout la vie, le souffle belliqueux; c'est l'esprit de Mars, suivant l'expression d'Aristophane.
Page 297 - ORESTE Vous ne les voyez pas, vous, mais, moi, je les vois. Elles me pourchassent, je ne puis plus rester. LE CORYPHÉE Adieu donc, et qu'un dieu, te suivant de ses regards propices, te garde pour des jours meilleurs.
Page 232 - Tu décrètes à présent contre moi l'arrêt du bannissement ; tu me charges de la haine des citoyens, des imprécations populaires ; et tu n'as nul reproche pour cet homme. Lui, il a estimé la vie de sa fille à l'égal de celle d'une brebis, alors que les troupeaux à la riche toison abondaient dans ses pâturages : il a immolé sa propre enfant, le fruit bien-aimé de mes entrailles ; et c'était pour charmer les vents de Thrace ! N'était-ce pas lui qu'il fallait bannir?
Page 301 - J'entrais donc dans ce sanctuaire orné de tant de couronnes. Je vois, assis sur la pierre qui est le nombril du monde*, un homme chargé du poids d'un sacrilège. C'est un suppliant. Ses mains dégouttent de sang; il tient un glaive nu3 et un rameau d'olivier des montagnes enveloppé, suivant l'usage, de longues bandelettes de laine blanche : à ces marques, je ne puis me tromper. Devant cet homme, dort, assise sur des sièges., une monstrueuse troupe de femmes. Que dis-je, de femmes! non, de Gorgones....

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