Oeuvres inédites de F. Lamennais, Volume 1

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3 pages (367, 430, 432) contenant Sambucy. Lettres adressées à l'abbé Louis de Sambucy à Rome - 1818-1823

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Page 17 - On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ; Et, s'il est, par la brigue, un rang à disputer, Sur le plus honnête homme on le voit l'emporter.
Page 265 - ... taire sur mes sentiments, je crois pouvoir et devoir m'expliquer avec toi, une fois pour toutes. Je suis et ne puis qu'être désormais extraordinairement malheureux. Qu'on raisonne là-dessus tant qu'on voudra, qu'on s'alambique l'esprit pour me prouver qu'il n'en est rien, ou qu'il ne tient qu'à moi qu'il en soit autrement, il n'est pas fort difficile de croire qu'on ne réussira pas sans peine à me persuader un fait personnel contre l'évidence de ce que je sens. Toutes les consolations...
Page 215 - Mais que la volonté de Dieu se fasse! Peu importe après tout comment se passe le peu qui me reste de vie. Je crains qu'on ne se trompe beaucoup sur l'utilité dont je puis être. Je suis propre à bien peu de chose, si à quelque chose. Mon âme est usée, je le sens tous les jours. Je me cherche et ne me trouve plus. Mais encore une fois, qu'importe? Je ne m'oppose à rien, je consens à tout : qu'on fasse du cadavre ce qu'on voudra.
Page 265 - Quoique M. Carron m'ait plusieurs fois recommandé de me taire sur mes sentiments, je crois pouvoir et devoir m'expliquer avec toi, une fois pour toutes. Je suis et ne puis qu'être désormais extraordinairement malheureux. Qu'on raisonne là-dessus tant qu'on voudra, qu'on s'alambique l'esprit pour me prouver qu'il n'en est rien ou qu'il ne tient qu'à moi qu'il en soit autrement, il n'est pas fort difficile de croire qu'on ne réussira pas sans peine à me persuader un fait personnel contre l'évidence...
Page 220 - ... résolu à obéir sans hésiter à ses ordres salutaires, oui, en ce moment même je retomberais dans mes premières incertitudes et dans l'abîme sans fond d'où sa main charitable m'a retiré. Combien cependant n'estil pas pressant que je répare tant d'années perdues, et plus que perdues, puisqu'elles ont été remplies des plus horribles offenses contre ce même Dieu qui m'appelle à lui avec une si touchante bonté!...
Page 97 - CETTE tristesse , qui vous fait languir, m'alarme et me serre le cœur. Je la crains plus pour vous que toutes les douleurs sensibles. Je sais par expérience ce que c'est que d'avoir le cœur flétri et dégoûté -de tout ce qui pourroit lui donner du soulagement.
Page 92 - Dis-moi sincèrement ce que tu penses de moi. Je ne me connais plus. Depuis quelques mois je tombe dans un état d'affaissement incompréhensible. Rien ne me remue, rien ne m'intéresse, tout me- dégoûte. Si je suis assis, il me faut faire un effort presque inouï pour me lever. La pensée me fatigue. Je ne sais sur quoi porter un reste de sensibilité qui s'éteint; des désirs, je n'en ai plus; j'ai usé la vie : c'est de tous les états le plus pénible, et de toutes les maladies la plus douloureuse...
Page 230 - Marque-moi si tu penses que cela soit possible. En me décidant, ou plutôt en me laissant décider pour le parti qu'on m'a conseillé de prendre, je ne suis assurément ni ma volonté, ni mon inclination. Je crois au contraire que rien au monde n'y saurait être plus opposé. Mais je m'attends dans l'avenir à bien d'autres contradictions. Demande à Dieu pour moi la grâce de supporter la vie. Elle me devient tous les jours plus à charge.
Page 126 - ... le bien et le mal comme ils viennent , voulant bien essuyer toute cette secousse. Il faut donc se laisser soulager quand Dieu nous soulage, se laisser surprendre quand il nous surprend , et se laisser désoler quand il nous désole. En vous disant tout ceci , j'ai horreur de tout ce que l'expérience de ces choses porte avec soi ; je frémis à la seule ombre de la croix : mais la croix extérieure sans l'intérieure , qui est la désolation , l'horreur et l'agonie , ne seroit rien.
Page 110 - Comme la Providence se joue des passions humaines et de la puissance de ces hommes qu'on appelle grands! Il s'en est rencontré un qui a fait ployer sous lui le monde entier, et voilà que quelques pauvres évêques, en disant seulement : Je ne puis, brisent ce pouvoir qui prétendait tout briser et triomphent du triomphateur au milieu, de sa capitale et dans le siège même de son orgueilleuse puissance ! Que cela est beau ! que cela est divin ! Qui est-ce qui, à ce spectacle, refuserait de croire...

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