Page images
PDF
EPUB

OE U VRES

POSTIIUMES

DE JACQUES-HENRI-BERNARDIN

DE

SAINT-PIERRE.

EVERAT, IMPRIMEUR, rue du Cadran, Vo 16.

[merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][subsumed]

A PARIS,
CHEZ LEFÈVRE, LIBRAIRE - ÉDITEUR,

RUE DE L'ÉPERON, N° 6.

M DCCC XXXIII,

[ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small]

PRÉFACE. Arant d'écrire cet Essai, il nous a fallu approfondir les cavrages, le caractère et les mæurs de Bernardin de Saint-Pierre. Plus de quatre années ont été consacrées à cette étude.

Il n'a pas dépendu de nous d'ètre meilleur juge et pelas habile historien ; mais il a dépendu de nous d'être wpars vrai, et nous l'avons toujours été.

L'auteur des Études parait ici avec ses faiblesses et ses vertus : aimable dans son enfance; inquiet, présompmeu, ambitieux dans sa jeunesse ; puis mûri par le beur, et se refaisant bomme dans la solitude. Heureur parce qu'il était devenu sage , il éprouvait alors la rerile de cette maxime d'un ancien , que lorsque Dieu , pour nos fautes, nous abat d'une main, il nous relève des deux.

La Vie de Bernardin de Saint-Pierre jelte un grand jär sur ses ouvrages. Comne Montaigne, il a étudié le pommes dans lui-même. Ses fautes Ini ont montré le vices de nos institutions, et ses maux lui ont appris a annaitre ceux du genre humain. Il a condamné nos educations de collége, parce qu'elles l'avaient fait amwieux; et il a táché, par ses écrits, de ramener son siècle 3 Dieu et à la nature, parce que là seulement il a trouvé let baheur.

Les hommes les plus sages reçoivent toujours quelque impressions des objets qui les environnent. Pénétré de cette sérité, nous avons cru devoir esquisser quel990-0ne des sociétés où Bernardin de Saint-Pierre ne is, il est vrai, qu'apparaitre. L'aspect du monde a été pag nous comme ces fonds de tableaux sur lesquels les peintres font ressortir leurs figures principales.

Quant ags matériaux de cet Essai, ils sont assez wbreur. On sait que l'auteur a disséminé dans ses ogvrages des souvenirs sur les principales époques de sa rie ; nous les avons recueillis pour servir de base à nothe travail. Ses manuscrits et les notes informes qu'il avait préparées lorsqu'il conçut le projet d'écrire ses Menoires, nous ont également fourni plusieurs faits intéressans.

Une correspondance immense, mise en ordre pour le même objet , nous a fait connaitre les aventures de sa jeunesse. Nous avons eu sous les yeux les lettres de ses deux frères et de sa seur, et une grande partie de celles de Duval, de Taubenheim, du chevalier de Chazot, de M. de La Roche, da prince Dolgorouki , du baron de Breteuil, de M. Poivre, de Rulbière, des généraux de Villebois et du Bosquet, et du maréchal Munich. Plusieurs billets de la princesse Marie M..... nous ont également été remis , avec les lettres écrites par d'Alembert, mademoiselle de Lespinasse, M. et madame Necker, Vernet , l'archevėque d'Aix, l'abbé Fauchet, Ducis, etc. Cependant, malgré de si nombreux matériaux, une multitude de faits nous eussent échappé, si la veuve de Bernardin de Sint-Pierre n'eût pris soin de les recueillir. Devenue à dix-huit ans, et par son choix, la compagne d'un homine célèbre, elle reçut de la Providence la double mission de le rendre heureux dans cette vie et de le faire honorer après sa mort. Nous lui devons les circonstances les plus touchantes de cet Essai : confidente de toutes les pensées de cet illustre écrivain, il semble lui avoir légué les sonvenirs de sa vie entière et son ame pour les exprimer.

Le 11 novembre 1820.

Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre naquit au Havre le 19 janvier 1737. Son père, Nicolas de SaintPierre, avait la prétention de descendre d'une famille noble; il comptait au nombre de ses aïeux le célèbre Eustache de Saint-Pierre, maire de Calais ; et quoiqu'il ne pút donner des preuves bien claires de cette illustration, il ne cessait d'en parler à ses enfans comme d'une gloire appartenant à la famille. Le jeune Henri avait deux frères, Dutailly et Dominique, et une sæur nommée Catherine. Cette dernière était spirituelle et jolie , mais vaine et précieuse. Elle resta fille par pruderie, refusant tous les partis qui se présentaient, et s'irritant de l'oubli de ceux qui ne s'empressaient pas de se faire refuser. Sa mère, qui élait une femme de grand

« PreviousContinue »