Politique. Julie; ou, La nouvelle Héloise

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Page 613 - Mes fautes me donnent moins d'effroi que de honte : j'ai des regrets et non des remords. Le Dieu que je sers est un Dieu clément , un père : ce qui me touche est sa bonté ; elle efface à mes yeux tous ses autres attributs; elle est le seul que je conçois. Sa puissance m'étonne, son immensité me confond, sa justice...
Page 646 - Non, je ne te quitte pas, je vais t'attendre. La vertu qui nous sépara sur la terre nous unira dans le séjour éternel. Je meurs dans cette douce attente : trop heureuse d'acheter au prix de ma vie le droit de t'aimer toujours sans crime, et de te le dire encore une fois...
Page 487 - Insensiblement la lune se leva, l'eau devint plus calme, et Julie me proposa de partir. Je lui donnai la main pour entrer dans le bateau, et en m'asseyant à côté d'elle, je ne songeai plus à quitter sa main. Nous gardions un profond silence. Le bruit égal et mesuré des rames m'excitait à rêver.
Page 646 - Ce n'est plus moi qui te parle ; je suis déjà dans les bras de la mort. Quand tu verras cette lettre , les vers rongeront le visage de ton amante, et son cœur où tu ne seras plus.
Page 392 - Le ciel ne t'imposa-t-il point avec la vie une tâche pour la remplir ? Si tu as fait ta journée avant le soir, reposetoi le reste du jour , tu le peux, mais voyons ton ouvrage. Quelle réponse tiens-tu prête au juge suprême qui te demandera compte de ton temps? Malheureux ! trouve-moi ce juste qui se vante d'avoir assez vécu ; que j'apprenne de lui comment il faut avoir porté la vie pour être en droit de la quitter.
Page 488 - Bientôt je commençai de rouler dans mon esprit des projets funestes, et, dans un transport dont je frémis en y pensant, je fus violemment tenté de la précipiter avec moi dans les flots, et d'y finir dans ses bras ma vie et mes longs tourments. Cette horrible tentation devint à la fin si forte, que je fus obligé de quitter brusquement sa main pour passer à la pointe du bateau.
Page 395 - S'il te reste au fond du cœur le moindre sentiment de vertu , viens, que je t'apprenne à aimer la vie. Chaque fois que tu seras tenté d'en sortir , dis en toi-même : « Que" je fasse encore une bonne action avant que de mourir.
Page 215 - O spectacle de volupté !... la baleine a cédé à la force de l'impression... Empreintes délicieuses, que je vous baise mille fois ! Dieux ! dieux ! que sera-ce quand... Ah ! je crois déjà sentir 'ce tendre cœur battre sous une heureuse main ! Julie ! ma charmante Julie ! je te vois, je te sens partout, je te respire avec l'air que tu as respiré ; tu pénètres toute ma substance : que ton séjour est brûlant et douloureux pour moi ! il est terrible à mon impatience.
Page 611 - Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité ; et tel est le néant des choses humaines , que , hors l'être existant par lui-même, il n'ya rien de beau que ce qui n'est pas...
Page 612 - ... elle s'y ranime, elle y trouve un nouveau ressort, elle y puise une nouvelle vie; elle y prend une autre existence qui ne tient point aux passions du corps; ou plutôt elle n'est plus en moimême, elle est toute dans l'être immense qu'elle contemple et, dégagée un moment de ses entraves, elle se console d'y rentrer par cet essai d'un état plus sublime qu'elle espère être un jour le sien.

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