Page images
PDF
EPUB

Il tient déjà mille menus propos ;
Sans se méprendre il rit à la plus belle.
C'est , ce dit-on, la meilleure cervelle
De nourrisson qui soit sous le soleil :
Pour bien teter il n'a pas son pareil ;
Il fait en tout son jugement paroître.
Quelqu'un m'a dit qu'il sera du conseil
(Sans y manquer) du dauphin qui va naitre.
Or vous voilà mère de trois Amours :
Dieu soit loué! La reine de Cythère
N'en a qu'un seul, qu'elle montre toujours ;
Et cet enfant ne va pas sans sa mère :
A se conduire il n'a pas peu d'affaire,
Étant privé de la clarté des cieux.
Mais vos trois fils ont chacun deux beaux yeur,
Deux magasins de lumière et de flamme,
Deux vrais soleils, dont l'éclat radieux
Éblouira quelque jour plus d'une ame.
De vos aînés d'autres gens ont écrit ;
De ce cadet je dirai quelque chose.
C'est un enfant tout sens et tout esprit :
D'un feu de joie au Parnasse il est cause ;
A le louer déjà l'on se dispose.
Son nom, chanté par cent auteurs divers ,
Sera bientôt le sujet de nos vers ,
Et remplira , selon son horoscope ,
Tous les échos qui sont dans l'univers :
Pour un tel nom trop petite est l'Europe.
J'ai de mon dire Apollon pour garant.
Voici de plus ce qu'ajoute Uranie :
Notre petit doit un jour être grand;
C'est Jupiter qui réglera sa vie :
Il lui promet des biens dignes d'envie ,
De hauts emplois, des honneurs à foison :
Et cet enfant est né dans sa maison,
Ce qui présage une grandeur suprême.
Voas voyez bien que ma Muse a raison ;
Car Jupiter et Louis c'est le même.
Dans l'horoscope il est encor parlé
Des qualités nobles, grandes et belles ,
Par qui sera cet enfant signalé,
Et dont il a déjà des étincelles.
Je crois qu'en lui la raison a des ailes.
Comme son père il aimera l'honneur ;
Il logera quelque jour dans son cæur
De rares dons une troupe infipie :
Ce me seroit un insigne bonheur
Si je logeois en telle compagnie.

Qui révérente n'étes guère,
Et qui moins encore êtes mère,
On vous adore en certain lieu
D'où l'on n'ose vous l'aller dire,
Si l'on v'a patentes du sire
Qui fit attraper Girardin,
Lequel alloit voir son jardin,
Puis le mit à grosse finance.
Les Rocroix , gens sans conscience,
Me prendroient aussi bien que lui,
Vous allant conter mon ennui.
J'aurois beau dire à voix soumise :
Messieurs, cherchez meilleure prise;
Pbébus n'a point de nourrisson
Qui soit ho nme à haute rançon.
Je suis un homme de Champagne,
Qui n'en reux point au roi d'Espagne ;
Cupidon seul me fait marcher.
Enfin , j'aurois beau les prêcher,
Montal ne se soucieroit guère
De Cupidon ni de sa mère :
Pour cet homme , en fer tout confit,

Passeport d'Amour ne suffit.
En attendant que Mars m'en donne un, et le sine

(Mars ou Condé, car c'est tout un,
Comme tout un vous et Cyprine, )
Je ne bouge; et j'ai bien la mine

De ne pas être importun.
Votre séjour sent un peu trop la poudre ;

Non la poudre à têtes friser,
Mais la poudre à têtes briser ;
Ce que je crains comme la foudre,
C'est à dire un peu moins que vous ;

Car tous vos coups
Ne sont pas doux

Comme ils le semblent :
Le caur dès l'abord ils nous emblent,

Puis le repos , puis le repas ,
Puis ils font tant, qu'ils causent le trépas.

Je vis pourtant, à ne vous point mentir :
Que serviroit de déguiser les choses ?
Mais comment vis-je ? et qu'il nous faut pâtir
Dans vos prisons, où l'on fait longues pauses !
Noires ne sont, et pourtant sont mieux closes
Qu'aucun châtel. Quand léans on se voit,
Pleu rs et soupirs ce sont boutons de roses ;
On n'en sort pas ainsi que l'on voudroit.

Aussi, quand on vous fit abbesse ,
Et qu'on renferma vos appas,
Qui fut camus ? c'est le trépas.
Que les champs libres on leur laisse

Un peu , Je gage

LETTRE A MADAME DE C",

ABBESSE DE M.

1658.

Qu'on verra, s'ils sortent de cage,

-Beau jeu. Dessous la clef on les a mis Comme une chose rare et dangereuse ;

Très révérente mère en Dieu ,

ÉPITAPHE D'UN GRAND PARLEUR.

166o.

Sors ce tombeau pour toujours dort
Paul, qui toujours contoit merveilles ;
Louange à Dieu, repos au mort,
Ei paix en terre à nos oreilles

RONDEAU REDOUBLÉ.

1660.

Et pour épargner ses amis
Le ciel vous fit jurer d'être religieuse.

Comme vos yeux alloient tout embraser ,
Il fut conclu par votre pare plage
Qu'on vous feroit un couvent épouser :
Deux ans après se fit mariage.
De s'y trouver votre bonté ful sage:
Sans point de faute Hymen en fit autant ;
Mot ne sonnoit; et, quant à moi, je gage
Que de l'afaire il n'étoit pas content.

Ce même jour , pour le certain ,
Amour se fit bénédictin;
Et , sans trop faire la mutine ,
Vénu s se fit bénédictine;
Les Ris, ne bougeant d'avec vous ,
Bénédictins se firent to us;
Et les Grâces , qui vous suivirent ,
Bénédictines se rendirent :
Tous les dieux qu'en Cypre on connoît

Prirent l'babit de saint Benoit.
Vous vêtir d'or, ce seroit grand dommage,
Puisqu'en habits sans coûts et sans façon
De triompher votre beauté fait rage;
Si qu'à la cour elle en feroit leçon.
Pardonnez-moi si j'ai quelque soupçon
Que cet habit dont vous êtes vêtue,
En vous voilant, soit receleur d'appas :
N'en est-il point dont il puisse à ma vue
Se confier ? je de le dirois pas.

Qu'on vain scrupule à ma flamme s'oppose ,
Je ne le puis souffrir aucunement,
Bien
que

chacun en murmure et nous glose ;
Et c'est assez pour perdre votre amant.
Si j'avois bruit de mauvais garnement,
Vous me pourriez bannir à juste cause :
Ne l'ayant point , c'est sans nul fondement
Qu'un vain scrupule à ma Damme s'oppose.
Que vous m'aimiez, c'est pour moi lettre close ;
Voire on diroit que quelque changement
A m'alléguer ces raisons vous dispose :
Je ne le puis souffrir aucunement.
Bien moins pourroit vous cacher mon tourment,
N'ayant

pas mis au contrat celle clause; Toujours ferai l'amour ouvertement, Bien

que chacun en murmure et nous glose. Ainsi s'aimer est plus doux qu'eau de rose; Souffrez-le donc, Phyllis : car autrement, Loin de vos yeux je vais faire une pause ; Et c'est assez pour perdre votre amant. Pourriez-vous voir ce triste éloignement ? De vos faveurs doublez plutôt la dose. Amour ne veut tant de raisonnement : Ce point d'honneur, ma foi, n'est autre chose

Qu'up vain scrupule.

DIZAIN POUR MADAME DE SÉVIGNÉ, FSYOYÉ A N. FOTOU ET SUR LE STJET DE LA

LETTRE PRÉCÉDENTE.

1658.

De Sévigné, depuis deux jours en-çà,
Ma lettre tient les trois parts de sa gloire.
Elle lui plut; et cela se passa
Phebus tenant chez vous son consistoire.
Entre les dieux, et c'est chose notoire,
En me louant Sévigné me plaça ;
J'étois alors deux cent mille au deca,
Voire encor plus , du temple de Mémoire.
Ingrat ne suis; son nom seroit piéca
Delà le ciel, si l'on m'en vouloit croire.

BALLADE A M. FOUQUET,

POUR LE PONT DE CHATEAU-THIERRY.

1659.

QUATRAIN

A M...

Je ne m'attendois pas d'être loué de vous ;
Cet honneur me surprend , il faut que je l'avoue :
Mais de tous les plaisirs le plaisir le plus doux
C'est de se voir loué de ceux que chacun loue.

Dans cet écrit, notre pauvre cité
Par moi, seigneur, humblement vous supplie,
Disant qu'après le pénullième élé
L'birer survint avec grande furie,
Monceaux de neiges, et gros randons de pluie,
Dont maint ruisseau croissant subitement ,
Traita nos ponts bien peu courloisement.
Si vous voulez qu'on les puisse refaire,

Au nom de Dieu , lisez-moi quelque somme
De ces écrits dont chez lui l'on fait cas.
Qu'est-il besoin qu'à présent je les nomme?
Il en est taut qu'on ne les connoit pas.
De leurs avis servez-vous pour compas.
N'admettez qu'eux en votre librairie ;
Brûlez ArnauiD arec sa coterie.
Près d'Escobar ce ne sont qu'esprits lourds.
Je vous le dis : ce n'est point raillerie,
ESCOBAR sait un chemin de velours.

Dc bons moyens j'en sais certainement :
L'argent surtout est chose nécessaire.
Or d'en avoir c'est la difliculté:
La ville en est de long-teinps dégarnie.
Qu'y feroit-on ? vice n'est pauvreté ;
Mais cependant, si l'on n'y renuédie,
Chaussée et pont s'en sont à la voirie.
Depuis dix ans nous ne savons comment
La Marne fait des siennes tellement
Que c'est pitié de la voir en colère.
Pour s'opposer à son débordement,
L'argent surtout est chose nécessaire.
Si demandez combien en vérité
L'œuvre en requiert , tant que soit accomplie,
Dix mille écus en argent bien compté,
C'est justement ce de quoi l'on vous prie.
Mais

que le prince en donne une partie,
Le tout, s'il veut, j'ai bon consentement
De l'agréer, sans craindre aucunement.
S'il ne le veut, alio d'y satisfaire ,
Aux échevins on dira franchement :
L'argent surtout est chose nécessaire.

ENVOI.

Toi, que l'orgueil poussa dans la voirie,
Qui tiens là-bas noire conciergerie,
Lucifer, chef des infernales cours,
Pour éviter les traits de ta furie,
ESCOBAR sait un chemin de velours.

SONNET

POUR S.A.R. MADEMOISELLE D'ALENÇON.

1655.

ENVOI.

Pour ce vous plaise ordonner promplement
Pour être fait du fonds suflisamment;
Car vous savez, seigueur, qu'en toute affaire
Procès, négoce, bymen, ou bâtiment,
L'argent surtout est chose nécessaire.

BALLADE

Ne serons-nous jamais affranchis des alarmnes?
Six élés n'ont pas vu la paix dans ces climals,
Et déjà le deinon qui préside aux combats
Recommence à forger l'iustrument de pos larmes.
Opposez-vous, Olympe , à la fureur des armes :
Faites parler l'Amour, et ne permettez pas
Qu'on décide sans lui du sort de tant d États;
Souffrez que votre bymen interpose ses charmes.
C'est le plus digne prix dont on puisse acheter
Ce bien qui ve sau roit aux mortels trop coûter :
Je sais qu'il nous faudra vous perdre en récompense.
Un souverain bonheur pour l'empire françois,
Ce seroit celle paix avec votre présence ;
Mais le ciel ne fait pas tous ses dons à la fois.

SUR ESCOBAR.

1664.

SONNET

POUR MADEMOISELLE DE POUSSAY.

C'est à bon droit que l'on condamne à Rome
L'évêque d'Ypre, auteur de vaios debats.
Ses sectateurs nous défendent en somme
Tous les plaisirs que l'on goûle ici-bas.
En paradis allant au petit pas,
On y parvient, quoique ARNACLD nous en die :
La volupté sans cause il a bannie.

Teut-on monter sur les célestes tours?
Chemin pierreux est grande rêverie :
ESCOBAR sait un chemin de velours.
Il ne dit pas qu'on peut tuer un homme
Qui, sans raison, nous tient en altercas
Pour un féiu ou bien pour une pomme :
Mais qu'on le peut pour quatre ou einq ducats.
Même il soutient qu'on peut en certains cas
Faire un serment plein de supercherie,
S'abandonner aux douceurs de la vie ,
S'il est besoin, conserver ses amours.
Ne faut-il pas après cela qu'on crie :
ESCOBAR sait un chemin de velours ?

J'avois brisé les fers d'Amiote el de Sylvie:
J'étois libre, el vivois content et sans amour :
L'innocente beauté des jardins et du jour
Alloit faire à jamais le cbarme de ma vie.
Quand du milieu d'un cloitre Amarante est sortir.
Que de grâces, bons dieur! tout rit dans Luxembourg :
La jeune Olympe voit maintenant à sa cour
Celle que tout Paphos en ces lieux a suivie.
Sur ce nouvel objet chacun porte les yeux:
Mais, en considérant cet ouvrage des cieux,
Je ne sais quelle crainie en mon caur se réveille.

[blocks in formation]

1669.

Petit chien , que les destinées
T'ont Glé d beureuses années !
Tu sors des mains dont les appas
De tous les sceptres d'ici-bas
Out pensé porter le plus riche;
Les mains de la maison d'Autriche
Leur out ravi ce doux espoir :
Nous ne pouvions que bien échoir.
Tu kors de mains pleines de charmes :
Heureux le dieu de qui les larmes
Mériterojent, par leur amour,
De s'en voir essuyer un jour !
De ces mains, bótesses des grâces,
Petit chien, en d'autres tu passes
Qui n'ont pas eu moins de beauté,
Sans mettre en compte leur bonté.
Elles le font mille caresses :
Tu plais aux dames, aux princesses ;
Et si la reine t'avoir vu ,
Mignon à la reine auroit plu,
Mignon a la taille mignonne ;
Toute sa pelite persone
Plait aux Iris des pelits chiens,
Ainsi qu'à celles des chrétiens.
Lasi qu'ai je dit qui te fait plaindre ?
Ce mot d'Iris est-il à craindre ?
Petit chien, qu'as-tu ? dis-le moi.
N'estu pas plus aise qu'un roi ?
Trois ou quatre jeunes fillettes
Dans leurs manchons aux peaux douillettes
Tout l'hiver te tiennent placé :
Puis de madame de Crissé
N'as-tu pas maiut dévot sourire ?
D'où vient donc que lon cæur soupire ?
Que te faut-il? un peu

d'amour,
Dans un côté du Luxembourg
Je t'apprends qu'Amour craint le suisse ;
Meme on lui rend mauvais office
Auprès de la divinité
Qui fait ouvrir l'autre côté
--- Cela vous est facile à dire,
Vous qui courez partout, beau sire ;
Mais moi.... - Parle bas, petit chien ;
Si l'évêque de Bethléem
Nous entendoit, Dieu sait la vie.
Tu verras pourtant ton envie
Satisfaite dans quelque temps.
Je le promets à ce printemps

VOTRE altesse sérénissime A, dit-on, pour moi quelque estime, Et veut que je lui mande en vers Les affaires de l'univers; J'entends les affaires de France: J'obéis et romps mon silence. L'intérêt et l'ambition Travaillent à l'élection Du monarque de la Pologne. On croit ici que la besogne Est avancée : et les esprits Font taptôt accorder le prix Au Lorrain, puis au Moscovile. Condé, Nieubourg : car le mérite De tous corés fait embarras. Conde, je crois, n'en manque pas. Si votre époux vouloit, madame, Régner ailleurs que sur votre ame, On ne peut faire un meilleur choix. Heureux qui vivroit sous ses lois! Ceux qui des allaires publiques Parlent toujours en politiques, Réglapt ceci, jugeant cela (Et je suis de ce nombre-là); Les raisonneurs, di--je, prétendent Qu'au Lorrain plusieurs princes tendent. Quant à Moscow, nous l'excluons; Voici sur quoi nous nous fundons : Le schisme y règne; et puis son prince Mettroit la Pologne en province. Nieubourg nous acccommoderoit : Au roi de France il donneroit Quelque fleuron pour sa couronne, Moyennant tant, comme l'on donne, Et point autrement ici-bas. Nous serions voisins des États; Ils en ont l'alarme , et sont brigue. Contre Louis chacun se ligue. Cela lui fait beaucoup d'honneur, Et ne lui donne point de peur. Que craindroit-il, lui dont les armes Vont aux Turcs causer des alarmes ? Nous attendons du Grand-Seigneur Un bel et bon ambassadeur: Il vient avec grande coborte. Le nôtre est Maité par la Porte.

L'expression seroit petite.
Veuille le ciel, à votre tour,
Vous donner un perit Amour
Qui, par la suite des années,
D'un grand Mars ait les destinées!
Au moment que j'écris ces vers ,
Et m informe des bruits divers,
Je viens d'apprendre une nouvelle :
C'est que, pour éviter querelle,
On s'est en Pologne choisi
Un roi dont le nom est en ski.
Ces messieurs du Nord font la nique
A toute notre politiqur.
Notre argenı , celui des États,
Est celui d'autres potentats
Bien moins en fonds , comme on peut croire,
Force santé aura fait boire ;
Et puis c'est tout. Je crois qu'en paix
Dans la Pologne désormais
On pourra s'élire des princes;
Et que l'argent de nos provinces
Ne sera pas une autre fois
Si friand de faire des rois.

POUR $. A. E.

Tout ceci la paix nous promet
Entre Saint-Marc et Mabomet,
Notre prince en sera l'arbitre :
Il le peut être à juste tiire;
Et feroit même, contre soi;
Justice au Ture en bonne foi.
Pendant que je suis sur la guerre
Que Saint-Marc souffre dans sa terre,
Deux de vos frères sur les flots
Vont secourir les Candiots,
Oh! combien de sultanes prises !
Que de croissants dans nos églises !
Quel nombre de lur bans fendu!
Tête et turban, bien entendu.
Puisqu'en parlant de ces matières
Me voici tombé sur vos frères,
Vous saurez que le chambellan
A couru cent cerfs en un an.
Courir des hommes, je le gage ,
Lui plairoit beaucoup davantage ;
Mais de long-temps il n'en courra :
Son ardeur se contentera,
S'il lui plaît, d'une ombre de guerre.
D'Auvergne s'est dans notre terre
Rompu le bras : il est guéri.
Ce prince a dans Château-Thierri
Passé deux mois et davantage.
Rien de meilleur , rien de plus sage ,
Et de plus selon mes souhaits,
Parmi les grands ne fut jamais.
Le duc d'Albret doppe à l'étude
Sa principale inquiétude.
Toujours il augmente en savoir.
Je suis jeune assez pour le voir
Au-dessus des premières tétes.
Son bel esprit, ses mæurs bonnètes
L'éleveront à tel degré
Qu'enfin je m'en contenterai.
Veuille le ciel à tous ses frères
Rendre toutes choses prospères,
Et leur donner autant de nom,
Autant d'éclat et de repom,
Autant de lauriers et de gloire
Que par les mains de la Victoire
L'oncle en reçoit depuis long-temps !
Si leurs désirs n'en sont contents,
Et que plus haut leur ame aspire,
Je serai le premier à dire
Qu'ils auront tort, et que les cours
Ne sont jamais souls de grandeurs.
Trouveront-ils en des familles
Par les garçons et par les filles,
Par le père et par les aïeus,
Un tel nombre de demi-dieux,
Et de déesses tout entières ?
Car demi-déesses n'est guères
En usage, à mon sentiment;
Puis, quand je n'aurois seulement
Qu'à p:eler de votre mérite ;

MONSEIGNEUR LE CARDINAL

DE BOUILLON, APRIS SON BREVET DE CARDINALIT.

1669.

Je n'ai pas attendu pour vous un moindre prix ;
De votre dignité je ne suis point surpris :
S'il m'en souvient, seigneur, je crois l'avoir prédile :
Vous voilà deux fois prince; et ce rang glorieux
Est en vous désormais la marque du mérite,
Aussi bien qu'il l'étoit de la faveur des cieux.

A MONSEIGNEUR

LE PRINCE DE CONTI.

Prisce chéri du ciel, qui fais voir à la France
Les fruits de l'âge mûr joints au Beurs de l'enfance,
Conti, dont le mérite avant-courrier des ans,
A des astres benins épuisé les présents ,
A l'abri de ton nom les mànes des Malherbes
Paroitront désormais plus grands et plus superbes;
Les Racan, les Godeau , auront d'autres attraits ;
La scène semblera briller de nouveaux traits ;
Par ton nom tu rendras ces ouvrages durables :
Après mille soleils ils seront agréables.
Si le pieux y règne, on n'en a point banni
Du profane innocent le mélange infini.
Pour moi, je n'ai de part en ces dons du Parnasse

« PreviousContinue »