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To ne vois pas que les chofes pour nous en puiflen:
ê:re ni pis, ni mieux.

SILVESTRE.
Vous aviez grande envie de babiller;. & c'est a.
voir bien de la langue , que de ne pouvoir se faire
de ses propres affaires.

ZERBINETTE.
N'auroit-il pas appris cela de quelqu'autre?

SCENE V.
ARGANTE, SILVESTRE.

H

AR GA N T E.
Ola , Silvestre.

SILVESTRE.
Rentrez dans la maison. Voila mon Maître qui
m'appelle.

AR GA N T E.
Vous vous étes donc accordez, Coquin; vous
Vous étes accordez, Scapin, vous, & mon fils,
pour me fourber, & vous croyez que je l'endure.

SILVESTRE.
Ma foi, Monsieur, li Scapin vous fourbe, je
m'en lave les mains , & vous affûre que je n'!
trempe en aucune façon.

ARGAN TE.
Nous verrons cette affaire, Pendard , nous ver-
rons cette affaire, & je ne prétens pas qu'on me
fasse pafier la plume par le bec.

SCENE VI.
GERONTE, ARGANTE,

SILVESTRE.

GERONTE.
H, Seigneur Argante, vous me voyez acca.
Lblé de disgrace.

AR GAN T E.
Vous me voyez aufli dans un accublement hor.
rible

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GERO N T E.
Le pendard de Scapin, par une fourberie, m'a
attrapé cinq cens écus.

AR GA N T E.
Le même pendard de Scapin, par une fourberie
aussi, m'a atirappé deux cens pistoles.

GERON T E.
Ii ne s'est pas contenté de m'attraper cinq cens
écus, il m'a traitcé d'une maniere que j'ay honie
de dire. Mais il me la payera.

ARG A N T E.
Je veux qu'il me fasse raison de la piece qu'il m'a
jouee.

GERONT E.
Et je prétens faire de luy une vangeance exem-
plaire.

SILVESTRE.
Plaise au Ciel, que dans tout cecy je n'aye point
ma part!

GERO N T E.
Mais ce n'est pas encor tout , Seigneur Argante,
8 un malheur nous est toûjours l'avant-coureur
d'un autre. Je me réjouifiois aujourd'huy de l'ef-
perance d'avoir ma fille , dont je faisois toute ma
consolation ; & je viens d'apprendre de mon hom-
me qu'elle est partie il y a long-temps de Tarente ,
& qu'on y croit qu'elle a peri dans le vaisleau où
elle s'embarqua.

AR GANTE.
Mais pourquoi , s'il vous plaît, la tenir à Ta.
rente, & ne vous être pas donné la joye de l'avoir
avec vous ?

G ER ON T E.
L'ay eu mes raisons pour cela , & des interêts de
famille m'ont obligé jusques icy à tenir fort secret
ee second mariage. Mais que vois-je ?

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A

SCENE VII.
NERINE, ARGANTE, GERONTE,

SILVESTRE.

GERONT E.
H te voilà, Nourrice.

NERIN E se jettant à ses genoux.
Ah, Seigneur Pandolphe, que...

GERONT E.
Appelle-moi Geronte , & ne te fers plus de ce
nom. Les raisons ont cessé, qui m'avoient oblige
à le prendre parmy vous à Tarente.

N ERIN E.
Las! que ce changement de nom nous a causé de
troubles & d'inquietudes dans les soins que nous
avons pris de vous venir chercher ici ?

GERONT E.
Où elt ma fille, & fa mere ?

NERI NE.
Vôtre fille, Mongeur, n'est pas loin d'ici. Mais
avant que de vous la faire voir, il faut que je vous
demande pardon de l'avoir mariée, dans l'aban-
donnement, où faute de vous rencontrer, je me
suis trouvée avec elle.

GERONT E.
Ma fille mariée !

NERIN E.
MonGeur.

GERONT E.
Et avec qui ?

NERIN E.
Avec un jeune homme nommé Octave, fils d'un
sertain Seigneur Argante.

GERONT E.
O Ciel!

AR GANT E.
Quelle rencontre !

GERONTE.
Méne-nous,méne-nous promptement où elle eft.

N ERINE.
Vous r’avez qu'à entrer dans ce logis.

GE.

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GERO N T E.
Passe devant. Suivez-moi, suivez-moi, Seigneur
Argante.

SIL V E S T R E.
Voila une avanture qui est tout-à-fait surpre-
nante!

SCENE VIII.
SCAPIN, SILVESTRE,

SCAPI N.
E' bien, Silvestre, que font nos gens ?

SIL VEST R E.
J'ay deux avis à te donner. L'un, que l'affaire
d'Octave eft accommodée. Nôire Hiacinte s'est
trouvéc la fille du Seigneur Geronte ; & le hazard
a fait, ce que la prudence des peres avoit déliberé.
L'autre avis, c'est que les deux vieillards font con-
tre toi des menaces épouvantables, & sur tout le Sei-
gneur Geronte.

SCAPIN.
Cela n'est rien. Les menaces ne m'ont jamais
fait mal; & ce sont des nuées qui paflenc bien loin
sur nos têtes.

SILVESTRE,
Pren garde à toi , les fils se pourroient bien rac-
commoder avec les peres, & toi demeurer dans la
naffe.

SCAPIN.
Laisse-moi faire, je trouverai moyen d'appaiser
leur courroux, &...

SILVESTRE.
Retire-toi, les voilà qui sortent.

SCENE IX.
GERONTE,ARGANTE,SILVESTRE,

NERINE, HIACINTE.

GERO N T E.
Llons, ma fille, venez chez inoi. Ma joie auroir

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ARGAN T E.
Voici Octave tout à propos.

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.

SCENE X.
OCTAVE, ARGANTE, GERONTE,
HIACINTE, NERINE, ZERBI.
NETTE, SILVESTRE.

ARGANT E.
Enez , mon fils, venez vous réjouir avec nous

de
Ciel....

OCTAVE fans voir Hiacinte.
Non, mon pere, toutes vos propositions de ma-
Tiage ne serviront de rien. Je dois lever le masque
avec vous, & l'on vous a dit mon engagemenc,

AR GANTE.
Oüi; mais tu ne sçais pas....

OCT AVE
Je sçais tout ce qu'il faut sçavoir.

AR GA N T E.
Je te veux dire que la fille du Seigneur Geron-

OCTA y E.
La fille du Seigneur Geronte ne me sera jamais
de rien.

GERONT E.
C'est elle....

OCTA v E.
Non, Monheur , je vous demande pardon, mes
résolutions sont prises.

SILVESTRE.
Ecoutez....

OCTA V E.
Non, tai-toi, je n'écoute rien,

AR GAN TE.
Ta femme....

OCTA V E.
Non, vous dis-je, mon Pere, je mourrai plu-
tôt, que de quitter mon aimable Hiacinte. Tra-
versant le theatre pour aller a elle.Oui,vous avez beau
faire , la voilà celle à qui ma foi est engagee; je l'ai-

merai

te....

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