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les parties nobles, on doil ordonner des remè: sein est de lui lémoigner par celle uction, des qui s'y portent : voyant qu'outre que l'- que toutes celles de ma vie n'auroni jamuis résie est comme le poison qui de sa nature autre but que son service. C'est la protestacion tend à saisir le cæur, les ministres ont particu que fait; lièrement adressé leur écrit à V. M., qui est le caur qui donne la vie d tout ce grand Etat;

Sire, de Votre Majesté, bien que je sache et qrie tout le monde reconnaisse que la fermeté de votre foi la préserve

Le très-humble, très-obéissant et de tout péril, j'ai cru que mon devoir m'obli

très-fidèle sujet el serviteur, geait de lui présenter ce contre-poison, et qu'elle l'aurait d'autant plus agréable, que mon des

ARMAND, ÉVÊQUE DE Luçox

AU LECTEUR.

SHOP Ayant appris de saint Augustin que c'est ne puissent sans rougir, et se démentir tout folie de parler sans preuve en matière de ensemble, révoquer en doule la vérité que religion, et voyant que l'écrit sur le sujet je mets en avani. duquel j'ai entrepris cette défense des princi- Je me fusse allaché à leur seule confession paux points de la foi (August., l. II, contra de loi, si elle eût été aussi entière qu'elle est litler. Peliliani, c. 39), touchait toules ques: défectueuse, mais ne contenant pas la moitions sans en prouver aucune, j'ai longlemps tié des points qui sont controversés entre estimé qu'il était plus digne de mépris que de nous, el parlant le plus souvent avec obscuréponse.

rité ou retenue de ceux qu'elle contient, j'ai Mais ayant sa qu'ainsi que c'est la cou- été contraint d'avoir recours à leurs auleurs, lume des faibles de triompher de peu, el de entre autres à Calvin et à Luther, dont ils seindre par artifice des avantages pour pu- ne peuvent rejeter l'autorité : de Calvio, parblier des victoires qu'ils n'ont point : ceux ce qu'ils s'en sont rendus particulièrement de la religion prétendue réformée de ces sectateurs, tirant leur confession, leurs priè. quartiers donpaient grande vogue à cet écrit, res ecclésiastiques, leur caléchisme et la et publiaient parioui que c'était un arsenal forme d'administrer les sacrements, de ses qui en peu d'espace contenait des pièces pour æuvres ; de Luther, puisqu'ils le tiennent ruiner de fond en comble la vérité de la reli- pour l'apôtre qui a réiabli la purelé de l'E'gion catholique, el considérant avec saint vangile, et qu'ils reconnaissent ceux qui emHilaire avec combien de fraudes el de dols brassent sa doctrine ne faire qu'une église l'hérésie tâche de pervertir la foi ( Hilar., avec eux (1). in psal. 64 ), je jugeai qu'il était meilleur d'y Je supplie messieurs les ministres, s'ils répondre que de se laire, et pour cette raison me répondent, de le faire avec ingénuité, je me résolus de l'entreprendre.

satisfaisant à tous les points de ce livre, en Mon but est de faire voir que les ministres sorte que je puisse tenir pour confessé ce de Charenton sont mal fondés en toutes leurs qu'ils n'auront pas contesté. Je les conjure, prélentions ; qu'ils ont loute occasion de se on qu'en répondanl ils confessent ingénuelouer de nos rois, et non sujet de s'en plain- ment ce que nous soutenons, ou qu'ils se dre comme ils font ; que leur créance n'est défendent sans ambiguité de paroles. Sils pas baie pour les raisons qu'ils prétendent, nous font connaitre clairement quelle est mais bien digne de haine pour beaucoup d'au- leur créance, nous leur serons beaucoup tres qu'ils dissimulent ; enfin que l'Eglise obligés, vu que d'ordinaire nous avons plus catholique, ses ministres et tous ceux qu'ils de peine à la découvrir qu'à la convaincre. accusent, demeurent déchargés des criines Ce que saint Jérôme avait expérimenté, qu'ils leur imposent.

puisque parlant aux héréliques de son Pour parvenir à celle fin j'ai divisé ce livre temps il use de ces termes : C'est une viccn 19 chapitres, és 16 premiers desquels je toire pour l'Eglise quand vous dites ouversatisfais de point en point à l'écrit des minis. tement ce que vous croyez (2). tres, employant les 5 autres à déduire les Au reste ces messieurs n'estimeront pas, raisons pour lesquelles leur doctrine doit s'il leur plait, que ce soit suffisamment réélre abhorrée de lout le monde.

pondre, lorsque j'apporte un passage de Le lecteur saura, s'il lui plait, qu'ayant eu leurs auteurs qui dit une chose, d'en prodessein d'être bres en celle réponse, je ne pré- duire un autre qui dise le contraire : cela lends pas apporter sur chaque chose tout ce ne concluant pas qu'ils n'aient pas enseigné

pourrait dire, mais bien dire assez ce que je prétends, mais seulement que c'est pour qu'il soit impossible à nos adversaires l'ordinaire des héréliques de se contredire d'ébranler ce que j'établis.

eux-mêmes. M saura en outre que je me ser; le plus

(1) Calvin. I. 1. De libero arbitrio contra Pigkium. souvent qa'il m'est possible, de la confession Witaker, ad ration. 8. Campiani. de foi de ces avec qui je traite, et du témoi- (2) Hieronym, ad Ctesiph. contra Pelagian. Ecclo.

de leurs propres auteurs, afin qu'ils siæ victoria est vos aperte dicere quod seatitis.

LES PRINCIPAUX
POINTS DE LA FOI NIJMEGEN

STUDIEHUIS

ICTETOEDERS: # NIJMEGEN

DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

PÉFENDUS CONTRE L'ÉCRIT ADRESSÉ AU ROI PAR LES

QUATRE MINISTRES DE CHARENTON.

CHAPITRE PREMIER.

condamne d'hérésie lui donne ( Respons. ad

Epist. Luth.) : on pourrait proposer à sa ma-
MINISTRES,

jesté de vous imposer silence, ou au moins

de boucher ses oreilles à ce qu'avec vérité Sire,

vous dites à son avantage. Mais je ne ferai ni
La connaissance que nous avons de la - l'un ni l'autre, le désir passionné et l'espé-
bonaireté de votre naturel nous fait espérer rance que j'ai de votre conversion m'obligent
Le vous nous ourez en nos justes plaintes ; et à vous traiter plus doucement : il me suffit
be pour juger d'une cause importante, vous de lui découvrir vos arlifices qui consistent
vous contenterez point d'ouir l'accusation. à penser lui plaire en toutes choses , pour
int que la grandeur de votre courage, et la lui plaire en ce point, et c'est où i'en de-
meur de votre esprit qui n'a point attendu le meure, vous louant de la louange que vous
los. et qui surpasse votre age, et dont Dieu lui donnez selon votre devoir, tout sujet étant
i déjà servi pour rendre la paix a la France, obligé d'avoir son roi bien en sa bouche et
split vos sujets d'espérance de voir sous vo- en son cour (1).
empire la paix et la piété florir, et la justice
maintenue.

CHAPITRE II.
RÉPONSE.

MINISTRES. n voit par expérience aux premières li

Vous avez , Sire, en votre royaume plusieurs 3 de votre écrit ce qui se remarque en

en millions de personnes faisant profession de la rs endroits des histoires anciennes, que

religion chrétienne ancienne, et telle que JésusI chose ordinaire aux dévoyés de la foi

Christ la instituée, et que les apôtres l'ont pu. us in epist. ad Constantin. apud Sozom. bliée et rédigée par écrit; lesquels pour celle 1,c. 26. Nestoriani, tom. III. Concil Ephes. cause ont souffert des horribles perséculions: ), de charmer les oreilles des princes par lesquelles toutefois ne les ont jamais empéchés s paroles , pour pouvoir plus aisément qu ils n'aient toujours été fidèles d leur prince glisser et imprimer en leurs esprits les

souverain, et qu'aux nécessités du royaume, ons qu'ils professent. Vous louez sa ma- ils ne soient accourus à la défense de

pensant, sous la douceur d'une vérité, mêmes qui les avaient persécutés. Ce sont eux, couler ce qu'il y a de mauvais en votre Sire, qui ont servi de refuge au roi Henri le ce, et cacher sous de belles apparences Grand votre père, de très-glorieuse mémoire. rpent qui tue les âmes, comme cette durant ses afflictions, et qui, sous sa conduite lienne cachait sous les figues l'aspic qui el pour sa défense ont donné des batailles, et nna la mort. Les qualités que vous at- qui, au péril de leur vie et de leurs biens, l'ont z au roi lui conviennent véritablement, porté à la pointe de l'épée au royaume, malore' n'ai-je rien à faire sur ce sujet que les ennemis de l'état. Desquels travaux, pertes, 'ouver les louanges que vous lui don

dangers, d'autres qu'eux en cueillent le salaire." les augmenter tout ensemble , chacun Car le fruit que nous en recevons est, que nous issant non seulement la force de son sommes contraints d'aller servir Dieu bien loin , la grandeur de son courage, mais en des villes. Que l'entrée aux états nous est renla solidité de son jugement, la bonté de due pour la plupart impossible ou pleine de : turel, sa piété envers son peuple, et airculte. Que nos enfants nouveau-nés qu'on le envers sa religion. A la vérité qui rigoureux, considérant que Henri VIII,

(1) Il n'est rien dit en ce chapitre de ce que les ngleterre, que vous estimez fort, ne Ministres convient le Roy à juger de leur cause, parço Ipporter les louanges que Luther qu'il qu'on y répond par après au Cb. Ireizième.

les parlies nobles; on doil ordonner des remè- sein est de lui lémoigner par cette uction, des qui s'y porlent : voyant qu'outre que l'. que toutes celles de ma vie n'auront jamais résie est comme le poison qui de sa nature autre but que son service. C'est la protestation tend à saisir le coeur, les ministres ont particu que fait; lièrement adressé leur écrit d V. M., qui est l. cæur qui donne la vie d tout ce grand Etat ;

Sire, de Votre Majesté, bien que je sache et qrie tout le monde reconnaisse que la fermeté de votre foi la préserve

Le très-humble, très-obéissant et de tout péril, j'ai cru que mon devoir m'obli

très-fidèle sujet et serviteur , geait de lui présenter ce contre-poison, et qu'elle l'aurait d'autant plus agréable, que mon des

ARMAND, ÉVÊQue de Luçox

AU LECTEUR

RENOVA Ayant appris de saint Augustin que c'est de puissent sans rougir, el se démentir lout folie de parler saps preuve en matière de cnsemble, révoquer en doute la vérité que religion, et voyant que l'écrit sur le sujet je mets en avant. duquel j'ai entrepris cette défense des princi-. Je me fusse allaché à leur seule confession paux points de la foi (August., b. II, contra de foi, si elle eût été aussi entière qu'elle est litter. Peliliani, c. 39), touchait toules ques: défectueuse, mais ne contenant pas la moitions sans en prouver aucune, j'ai longtemps tié des points qui sont controversés entre estiné qu'il était plus digne de mépris que de nous, et parlant le plus souvent avec.obscuréponse.

rité ou retenue de ceux qu'elle contient, j'ai Mais ayant su qu'ainsi que c'est la cou- été contraint d'avoir recours à leurs auteurs, lume des faibles de triompher de peu, el de entre autres à Calvin et à Luther, dont ils feindre par artifice des avantages pour pu- ne peuvent rejeter l'autorité : de Calvio, parblier des victoires qu'ils n'ont point : ceux ce qu'ils s'en sont rendus particulièrement de la religion prétendue réformée de ces sectateurs, tirant leur confession, leurs priè. quartiers donnaient grande vogue à cet écrit, res ecclésiastiques, leur catéchisme et la et publiaient parioul que c'était un arsenal fornie d'administrer les sacrements, de ses qui en peu d'espace contenail des pièces pour @uvres ; de Luther; puisqu'ils le tiennent ruiner de fond en comble la vérité de la reli pour l'apôtre qui a réiabli la pureté de l'Egion catholique, et considérant avec saint vangile, el qu'ils reconnaissent ceux qui emHilaire avec combien de fraudes et de dols brassent sa doctrine ne faire qu'une église l'hérésie tâche de pervertir la foi ( Hilar., avec eux (1). in psal. 64 ), je jugeai qu'il était meilleur d'y Je supplie messieurs les ministres, s'ils répondre que de se laire, et pour cette raison me répondent, de le faire avec ingénuité, je me résolus de l'entreprendre.

satisfaisant à tous les points de ce livre, en Mon but est de faire voir que les ministres sorte que je puisse tenir pour confessé ce de Charenton sont mal fondés en toutes leurs qu'ils n'auront pas contesté. Je les conjure, prétentions ; qu'ils ont toute occasion de se on qu'en répondant ils confessent ingéniclouer de nos rois, et non sujet de s'en plain- ment ce que nous soutenons, ou qu'ils se dre comme ils font ; que leur créance n'est défcodent sans ambiguité de paroles. Sils pas baie pour les raisons qu'ils prétendent, nous font connaitre clairement quelle est mais bien digne de haine pour beaucoup d'au- leur créance, nous leur serons beaucoup tres qu'ils dissimulent ; enfin que l'Eglise obligés, vu que d'ordinaire nous avons plus catholique, ses ministres et tous ceux qu'ils de peine à la découvrir qu'à la convaincre. accusent, demeurent déchargés des criines Ce que saint Jérôme avait expérimenté, qu'ils leur imposent.

puisque parlant aux hérétiques de son Pour parvenir à celle fin j'ai divisé ce livre lemps il use de ces termes : C'est une vicen 19 chapitres, és 14 premiers desquels je toire pour l'Eglise quand vous dites ouver. satisfais de point en point à l'écrit des minis. temeni ce que vous croyez (2). tres, employant les 5 autres à déduire les Au reste ces messieurs n'estimeront pas, raisons pour lesquelles leur doctrine doit s'il leur platt, que ce soit suffisamment réélre abhorréc de tout le monde.

pondre, lorsque j'apporte un passage de Le lecteur saura, s'il lui plait, qu'ayant eu leurs auteurs qui dit une chose, d'en prodessein d'être bref en celle réponse, je ne pré- duire un autre qui dise le contraire : cela tends pas apporter sur chaque chose tout ce ne concluant pas qu'ils n'aient pas enseigné qui se pourrait dire, mais bien dire assez ce que je prétends, mais seulement que c'est pour qu'il soit impossible à nos adversaires l'ordinaire des bérétiques de se contredire d'ébranler ce que j'établis..

eux-mêmes. saura, en outre que je me sers le plus (1) Calvin. I. 1. De libero arbitrio contra Pigkium. souvent qu'il m'est possible, de la consession witaker, ad ration. 8. Campiani. de foi de ceux avec qui je traite, et du témoi- (2) Hieronym, ad Ciesiph. contra Pelagian. Eccle. guage de leurs propres acteurs, afin qu'ils sia victoria est vos aperte dicere quod sealitis.

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STUD:CHUIS MINDERBROEDERS: NIJMEGEN

LES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

PÉFENDUS CONTRE L'ÉCRIT ADRESSÉ AU ROI PAR LES

QUATRE MINISTRES DE CHARENTON.

CHAPITRE PREMIER.

condamne d'hérésie lui donne ( Respons. ad Epist. Luth.): on pourrait proposer à sa majesté de vous imposer silence, ou au moins de boucher ses oreilles à ce qu'avec vérité vous dites à son avantage. Mais je ne ferai ni l'un ni l'autre, le désir passionné et l'espérance que j'ai de votre conversion m'obligent à vous traiter plus doucement : il me suffit de lui découvrir vos arlifices qui consistent à penser lui plaire en toutes choses, pour lui plaire en ce point, et c'est où j'en demeure, vous louant de la louange que vous lui donnez selon votre devoir, tout sujet étant obligé d'avoir son roi bien en sa bouche et en son ceur (1).

CHAPITRE II.

MINISTRES. Sire, La connaissance que nous avons de la bonnaireté de votre naturel nous fait espérer que vous nous oyrez en nos justes plaintes ; et que pour juger d'une cause importante, vous ne vous contenterez point d'ouir l'accusation. Joint que la grandeur de votre courage, et la vigueur de cotre esprit qui n'a point attendu le temas. et qui surpasse votre age, et dont Dieu s'esi déjà servi pour rendre la paix à la France, remplit vos sujets d'espérance de voir sous vofre empire la paix et la piété florir, et la justice etre maintenue.

RÉPONSE. On voit par 'expérience aux premières lignes de votre écrit ce qui se remarque en divers endroits des histoires anciennes, que c'est chose ordinaire aux dévoyés de la foi | Arius in epist. ad Constantin. apud Sozom. lib. II,c. 26. Nestoriani, tom. III. Concil Ephes. c. 18), de charnier les oreilles des princes par belles paroles , pour pouvoir plus aisément faire glisser et imprimer en leurs esprits les opinions qu'ils professent. Yous louez sa ma

Jones sa ma jesté, pensant, sous la douceur d'une vérité, faire couler ce qu'il y a de mauvais en votre créance, et cacher sous de belles apparences le serpent qui tue les âmes, comme cette Egyplienne cachait sous les figues l'aspic qui lui donna la mort. Les qualités que vous attribuez au roi lui conviennent véritablement, aussi n'ai-je rien à faire sur ce sujet que d'approuver les louanges que vous lui donnez et les augmenter tout ensemble, chacun connaissant non seulement la force de son esprit, la grandeur de son courage, mais en outre la solidité de son jugement, la bonté de son naturel, sa piété envers son peuple , et son zèle envers sa religion. A la vérité qui serait rigoureux, considérant que Henri VIII, roi d'Angleterre, que vous estimez fort, ne peut supporter les louanges que Luther qu'il

MINISTRES. Vous avez , Sire, en votre royaume plusieurs millions de personnes faisant profession de la religion chrétienne ancienne, et telle que JésusChrist l'a instituée, et que les apôtres l'ont puz bliée et rédigée par écrit; lesquels pour cette cause ont souffert des horribles perséculions: lesquelles toutefois ne les ont jamais empêchés qu'ils n'aient toujours été fidèles d leur prince souverain, et qu'aux nécessités du royaume, ils ne soient accourus d la défense de ces rois mêmes qui les avaient persécutés. Ce sont eux, Sirc, qui ont servi de refuge au roi Henri le Grand votre père, de très-glorieuse mémoire, durant ses afflictions, et qui, sous sa conduite et pour sa défense ont donné des batailles , et qui, au péril de leur vie et de leurs biens, l'ont porte à la pointe de l'épée au royaume, malgré les ennemis de l'état. Desquels travaux, pertes, dangers, d'autres qu'eux en cueillent le salaire. ! Car le fruit que nous en recevons est, que nous sommes contraints d'aller servir Dieu bien loin des villes. Que l'entrée aux états nous est rendue pour la plupart impossible ou pleine de : difficulté. Que nos enfants nouveau-nés qu'on

(1) Il n'est rien dit en ce chapitre de ce que les Ministres convient le Roy à juger de leur cause, parce qu'on y répond par après au Cb. Ireizième.

borre bien loin au baptême sont exposés d la de vos travaux, que de faire voir volre apliFiqueur du temps, dont plusicurs en meurent, quité bornée du terme d'un siècle, au lieu que e oue leur instruction nous est empéchée. Et, celle de l'Eglise de Jésus-Christ en a seize ce qui nous est le plus gries, est que notre re- sur la tête. Il est vrai que volre religion est ligion est diffamée et noircie de calomnies en ancienne en certain sens, puisque, comme votre présence, sans qu'il nous soit permis de nous verrons ci-après, elle est composée de nous purger de ces blames en présence de votre diverses hérésies condamnées en la primitive Majesté.

Eglise, même du temps des apôtres ; mais

vous ne pouvez lui donner ce titre d'ancienne, RÉPONSE.

pour que le corps de rotre créance, toute la C'est la coutume de ceux qui sont entachés substance de votre foi ait été crue de long, de l'erreur, de se vanter plus de ce qu'ils ont lemps : étant clair que l'article de la justitile moins, s'en vanter avec paroles avanta- cation par votre foi spéciale, qui est de l'âme geuses, qui leur sont ordinaires, comme re- de votre religion, était inconnu devant le siè, margue saint Jérôme (S. Hieron, in Osec. cle où nous vivons : j'ajoute ce mot spéciale, cao. 10. Spumantibus verbis tument). C'est vé- parce que bien qu'Eunomius et autres plus riiablement ce que vous faites, nombrant vos anciens hérétiques aient dit que l'homme était sectateurs en France par millions, quoiqu'ils justifié par la seule foi (Apud s. Aug. hær. 54. soient réduits à bien moindre nombre. En Et lib. de fid. et oper. c. 14), parlant de la foi cela imitant les donatistes qui, quoiqu'en pe- dogmatique, nul devant Lulher n'a estimé lit nombre, réduits aux termes d'une partie celte foi justifiante consister en l'appréhension de l'Afriqué et encore petite, se prévalaient spéciale que chaque fidèle fait de la justice de de la multitude de leurs sectateurs, vous usez Jésus-Christ, qu'il s'applique par la créance d'une ruse, mais bien aisée à découvrir : vous qu'il a d'être justifié. Au resle ne pouvant vovez que l'Ecriture et tous les pères rendent nommer personne qui devant Luther ait prol'Eglise catholique légitime épouse de Jé- fessé votre créance tout ențière, et ce grand sus-Christ, plus féconde qu'aucune adultère prophète de votre loi se vantant en termes ( S. Hierony: contr. Lucif.) : pour cet effet exprès d'avoir été le premier d qui Dieu a daivous vous attribuez beaucoup de frères, mais gné révéler ce qu'il préche (1), reconnaissant en vain, étant clair aux aveagles mêmes que en outre clairement la façon de servir et hole nombre des vôtres n'est non plus considé- norer Dieu par la messe ancienne et enracirable , au respect des autres sujets du roi, née (2), la sienne au contraire, nouvelle et que celui de tous ceux qui professent votre inaccoutumée; disant davantage que Dieu en créance au monde, eu égard à ceux qui en son temps a allumé de nouveau la lumière de toute la chrétienté vivent sous les lois de l'E- l'Evangile, que sans lui on n'en eût pas oui un glise romaine. Qu'il soit ainsi, il m'est aisé iota (3). De plus Calvin assurant que c'est lui d'en rendre preuve par le même argument qui a commencé à prendre en main la cause de dont saint Augustin se sert contre les dona- l'Evangile (4), que c'est le premier qui a monlistes pour l'Eglise universelle (S. August. c, 3. tré le chemin aux autres, qui pourra dire de unit. Eccl. et lib. de past. c. 18); me suflişant que votre religion ait plus de ceat ans d'ande faire voir que votre créance n'a point de Liquilé ? Nul ne l'osera penser à mon avis, Jieu en plusieurs villes et lieux de ce royaume principalement s'il jetle les yeux sur ce qu'en où est l'Eglise catholique, et que l'Eglise ca- dil un de vos confrères, contemporain de Lutholique se trouve en tous les lieux où l'on ther, secrétaire de l'électeur de Saxe, le preprofesse volre religion. Au reste quand il mier de ses fauteurs, une telle confession n'a serail yrai que vous pourriez vous compter jamais été faite non seulement depuis mille ans, par millions, que vous seriez épandus par mais même depuis la création du monde, et on toute la France, yous n'auriez pas grand ne trouve en aucune histoire, en aucun père, avantage. Saint Augustin vous comparant, à en aucun auteur une telle confession (5). juste lilre, à la lumée qui s'évanouit d'autant Je dis en second lieu qu'imitant Luther qui plus tôt que plus elle est grande et épandue ôte le mot de catholique du symbole, vous (S. August, Serm. ll. in Ps. 36).

ne l'allribuez pas en cet endroit à votre reliDe la multitude de vos frères vous passez gion, reconnaissant en volre conscience que à l'ancienneté de votre religion, la professant ce nom de catholique, nom de si grand poids chrétienne et telle que Jésus-Christ l'a instituée et que les apolres l'ont publiée et rédigée par

(1) Luth. tom. vii. primus sui cui Deus ea quæ volis écrit, sur quoi je ferai qualre remarques.

prædicata sunt revelare dignalus esi. Je dis premièrement ou que vous voulez

(2) Luih. Tom. II. in forinuli Mis-e ait, nosiram dire que vous avez l'ancienne doctrine de rationem colendi Deum per missam fui se reterem el l'Eglisc, quoique reçue de nouveau, ou que inolitam, suam vero recentem el insuetam. vous l'avez eue de tout temps, l'ayant toujours (3) Luth. tom. II ad princpi. Bolem. Deus hoc conservée par une succession non interrom- tempore lucem sui Evangelii rursus accendit. Luth. pue. Si le premier, quoiqu'il soit faus, sup

lom. v. in cap. 15. 1. ad Cor. absque sua opera nul.

luin verbum, ne iota quidem de Evangelio fuissel auposé qu'on vous l'accorde, il vous est inutile,

dilom. l'ancienne et vraie doctrine ne suffisant pas

(4) C:ls. in 2. defens. conır. Westphal. ail de Luà salut si on n'a l'Eglise, qu'on ne peut avoir thero quod cansam Evangelii agere creperit, el viam si on n'a toujours eu la vraie doctrine. Si le primus demonstraverit. second, quand vous aurez bien travaillé pour (5) Spalal. in rolul. confess. Aug., Cont. Episl. prouver votre dire, vous ne lircrez autre fruit fundam. c. 4.

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