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qu'il a tenu saint Augustin en l'Eglise, ne vous mer Dieu de tout notre cœur (1). Vous dites appartient en aucune façon : non en tant qu'il que nul ne peut aimer Dieu de tout son désigne de toutes les sociétés chrétiennes celle ceur. Ce qui ne se trouve en aucun lieu qui a la plus grande multitude, comme j'ai déjà des saintes Lettres, ne contredites-vous pas montré; non aussi en tant qu'il signifie univer- l'Ecriture ? salité et diffusion, soit au respect des temps, soit 3. L'Ecriture dit que l'Eucharistic (2) est au respect des lieux, étant clair et que vous ne le corps et le sang de Jésus-Christ , et ce avec tirez pas votre origine de Jésus-Christ et des adjonction de termes qui désignent le vrai apôtres par une suite non interrompue de corps et le vrai sang (3). Vous dites que ce vos prédécesseurs, qui aient subsisté en tout n'est pas le corps et le sang de Jésus-Christ, temps, et que vous êtes réduits en des termes mais seulement la figure, le signe et le témoisi étroits qu'on ne vous peut dire épandus en gnage, ce qui ne se trouve en aucun lieu des la plus grande partie du monde.

saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'EJe dis en troisième lieu, que n'étant pas criture ? - Catholiques vous ne pouvez être dits Chré- 4. L'Ecriture dit (4), que le baptême nous

liens si les pères en sont crus, puisque sauve, que nous sommes (5) nettoyés et (6) réS. Pacian (1) dit que le nom de Catholique générés par le lavement de l'eau (7). Vous est le surnom des Chrétiens , el S. Cyrille (2), diles que le baptême ne sauve, ne nettoye, le propre nom de la sainte Eglise de Jésus- et ne régénère pas, mais qu'il nous est seuleChrist. Vous ne pouvez véritablement être ment symbole de salut, de luvement et de dils Chrétiens, puisque, comme nous montre. généruiion, ce qui ne se trouve en aucun rons, votre créance est hérétique, et partant Jieu des saintes Lettres, ne contredites-vous du tout opposée à la Religion chrélienne, pas l'Ecriture ? qui ne peut être telle : à raison de quoi (3) 5. L'Ecriture dit que les (8) prêtres remetTertullien (4), S. Cyprien (5), S. Athana ieni les péchés (9). Vous dites qu'ils ne les se (6), S. Augustin et autres disent que remettent pas, mais qu'ils témoignent seuleT'hérétique ne peut être dit Chrétien.

ment qu'ils sont remis, ce qui ne se trouve en Je remarque en quatrième lieu, que mal à propos soutenez-vous votre Religion insti

est me in toto corde suo. ELIY.Rrg XXIII. Dicitur de fuée de Jésus-Christ, publiée et rédigée par

Josia quod reversus est ad Dominum in omni corde écrit des apôtres, puisqu'étant hérétique, S110, in inta anima sua el in universa virtute sua. comme j'ai déjà dit et qu'il paraitra au seiziè (1) Caly. II. Inst. c. 7. §. 5. Neminem sanctorum me chapitre de ce livre, elle est contraire à erlijisse dico qui corpore inortis circumdalus ad eum l'institution de Jésus-Christ, et que contre di ectionis scopum pertigerit ut ex toto corde, ex lola disant manifestement l'Ecriture en divers mente, ex tota anima, ex tota potentia , Deum amapoints comme je justifierai présentement, s'il

ret. Paræus 1. iv. de Justifi. c. 11. Talem dilectionem vous est aisé de dire qu'elle est conforme à

(ex lota anima, ex lola mente , ex omnibus viribus ,

nemo'sanctorum hibuit vel habere in hac infirmilale ce que les apôtres ont laissé par écrit, il vous

polest; manet quidem in sanctis aliquid pidaurlas el est impossible de le vérifier et d'empêcher lypocriseos. qu'on ne reconnaisse le contraire.

°12) Math. XXVI. Marc. XIII. Luc. XXII. I. Cor. XI. 1. L'Ecriture dit que (7) l'homme n'est pas (3) En la forme d'administrer les sacrements, conjustifié par la foi seulement; vous dites qu'il(8)

lenlons nous d'avoir le pain et le vin pour signe et est justifié par la seule foi, ce qui ne se trou

témoignage. Et en leur catéchisme au traité de la ve en aucun lieu des saintes Lettres, ne con

cène, Tu n'entends pas donc (demande le ininistre ) tredites-vous pas l'Ecriture ? Vous le faites si

que le corps soit enclos dedans le pain , et le sang

dedans le calice? Non (répond l'enfant), mais au conouvertement en ce point, que Luther, ne pou

traire, etc. yant accorder le lieu de S. Jacques avec ce (4) I. Petr. III. v. 21. Salvos facit baptisma. qu'il enseigne, dit que ce grand apôtre ra (5) Ephes. V. v. 26. Ut illam sanctificaret mundans dole,

la vacro aque. 2. L'Ecriture dil (9) que nous pouvons ai- (6) Joan. III. v. 5. Nisi quis renatus fuerit ex aqua.

17) Melanchthon in locis c. de Signis. Non justili(1) Pacianus Epist. 1. Christianus mihi nomen est, cant signa, ut Apostolus ait circumcisio nibil est, Ila Catholicus cognomen ; illud me nuncupal, istud os. baptismus nihil est, participalio mensa Domini nihil lendir.

est, sed lesles sunt, oppoxytoes, divinæ voluntatis erga (2) Catholica Ecclesia nomen proprium est hujus te. Calvinus VI. Institut c. 14. §. 17. Cavendum ne in sanciæ Ecclesiæ matris omnium nostrum.

errorem nos abducant quæ ad amplificandam sacra(3) Lib. de Pud.

mentorum dignitalem paulo magnificentius a veleri. (4) L. lv. ep. 2.

bus scripta sunt, ut scilicet arbitremur latentem ali(5) Serm. 2. conır. Arr.

quam virtutem sacramentis annexam aslixamque esse (6) L. de Gral. Christi. c. 11.

quo ipsa per se Spiritus Sancti gratiam nobis confe(7) Jacob. II. vers. 24. Ex operibus justificatur ho ranl , cum hoc tantum illis divinitus injuncluin sit mo, el non ex fide tantum.

munus, lestificari nobis ac sancire Dei in nos benevo18) Consess. francoise, artic. 20. Nous croyons que lentiam. nous sommes fails participants de celle justice par la (8) Math. XVIII. v. 18. Quæcumque ligavcrilis super seule foi. Confess. Helvel. c. 15. Docemus peccato- terram erunt ligata et in cælo, el quacumque solverem justificari sola fide. Luther in 22. cap. Gen. Ja ritis super lerram erunt soluta et in cælo. Joan XX. cobus delirat.

v. 23. Quorum remiseritis peccala remittuntur eis, (9) Deuteron. 30. Circumcidet cor lium et cor se quorum retinueritis relenta sunt. minis tui, ut diligas Dominum Deum umm in toto corde (9) Calv. III. Inst. cap. 4. §. 23. Absolutio quic luo et in lola anima tua. Psalın CXVIII. David ait in fidei servit, nihil aliud est quam testimonium voglie lulu corde meo exquisivi te. El ill. Reg. XIV. Secutus ex gratuita Evangelii proinissione sumplum.

aucun lieu des saintes Lettres, ne contredi- le péché comme la nue, éloigne de nous les-vous pas l'Ecrilure?

nos iniquités autant que l'orient l'est de l'oce 6. L'Ecriture dit (1), que la vierge ne pèche cident (1), nous (2) blanchil plus que la neige. pas en se mariant. Vous dites (2), que les Vous dites (3), qu'il n'ote et n'efface pas le justes pêchent en toute @uvre, ce qui ne se péché, mais seulement qu'il ne l'impule pas, Irouve en aucun lieu des sainles Leltres, ne qu'il pe blanchit pas plus que la neige, mais contredites--vous pas l'Ecriture?

qu'il (6) laisse en nous la coulpe et la salete 7. L'Ecriture (3) dit qu'il y a des méchants du péché, ce qui ne se trouve en aucun licu el des réprouvés qui croient en Jésus-Christ. des saintes Lettres, ne contrediles-vous pas Vous dites (4) qu'ils n'y croient pas, mais l'Ecriture ? qu'ils ont seulement l'ombre de la foi, ce qui 12. L'Ecriture dit que la béalitude est ne se trouve en aucun lieu des sainles Lel- un salaire (5), une récompense (6), un denier (7) tres, de contredites-vous pas l'Ecriture? journal des manquvres, une couronne (8) de

8. L'Ecriture dit qu'il y en a (5) qui ont la justice. Vous dites que c'est une (9) pure lis foi pour un temps, et ne croient pas en un béralité, et non une récompense ; ce qui ne se autre. Vous dites qu'il n'y en a point qui trouve en aucun lieu des sainles Lettres, ne croient pour un temps et perdent la foi en un contredites-vous pas l'Ecriture ? Vous le autre (6), mais que qui croit une fois ne perd ju- faites véritablement, et je le ferais voir par mais la foi, ce qui ne se trouve en aucun lieu beaucoup d'autres lieux, s'il ne ne suffisait des saintes Leures, ne contredites-vous pas de l'avoir montré en ces douze points , qui l'Ecriture ?

paraitront aux yeux de tout le monde comme 9. L'Ecriture dit (7), si iu veur entrer à la lc vrai symbole de votre foi. rie, garde les commandements. Vous dites Que direz-vous, messieurs, à ces manifesqu'il n'est pas besoin de garder les comman tes contradictions ? Qu'il n'y en a point, dements, mais que le dire (8), c'est nier - parce qu'il faut entendre l'Ecriture par fisus-Christ et abolir la foi, ce qui n'est en gure ? Aurez-vous recours à cette fraude ilucun lieu des saintes Lettres, ne contredi- remarquée par (10) Tertullien aux valentites-vous pas l'Ecriture?

niens, par (11) S. Augustin aux priscillianis10. L'Ecriture dit (9), que quelques-uns tes, par d'aulres pères en d'autres hérésiarilluminés faits participants du Saint-Esprit ques, par vous-mêmes aux anabaptistes ? Si sont déchus. crucifiant de rechef le Fils de vous le faites, je vous dirai avec S. Augus-, Dieu en eux-mêmes (10). Vous dites que ceux tin : Quoi ? quand nous lisons l'Ecriture. qui sont une fois participants du Saint-Esprit oublions-nous l'intelligence de notre langue ? ne peuvent déchoir de sa grâce; ce qui ne se perdons-nous la mémoire de notre façon de trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne parler ? l'Ecriture devait-elle parler à nous contredites-vous pas l'Ecriture?

en autre sens qu'en celui qui nous est connu, 11. L'Ecriture dit (11), que Dieu Ote et efface et qui est usité parmi nous ? J'ajouterais en (1) I. Cor. VII. Si nupserit virgo, non peccavit.

(2) Luth. art. 2. Justus in omni opere bono peccat. Delevi ut nubem iniquitates tuas et quasi nebulam Idein Calv. III. Inst, c. 12. $ 4.0innia hominum opera peccata tua. si sua dignitate censeantur nihil nisi inquinamenia (1) Psal. CII. v. 12. Quantum distat ortus ab ocsunt et sordes, et que justitia vulgo habetur, ea apud cidente, longe fecit a nobis iniquitates nostras. Denm mera est iniquitas.

(2) Psal. L. Super nivem dealbabor. (3) Joan. XII. v. 42. Multi crediderunt in eum, sed (3) Luth. art. 2. Aliud est omnia peccata reinilti, pronter Phariseos non confitebantur ot e synagoga aliud omnia lolli : Baptismus omnia remittit, sed pula non ejicerentur, dilexerunt enim gloriam hominum lum penitus lollil. magis quam gloriam Dei. Acl. 8. v. 13. Tunc Sinon (4) Calv. in Antid. sess. 5. Manel vere peccatum in et inse credidit.

nobis : Apostolus fideles his verbis non eximit a culpa, (6) Calv. III. Inst. c. 2. $ 9 et 10. Talibus fidei te sed tantum realu liberal. Paraus de Amiss. gra. c. 7. stimonium tribuitur, sed per calacbresin. liem, verum Plurima peccata etiam mortalia manent in justificilis, hæc fidei seu umbra seu imago, ut nullius est momen Kemmitius 1. par. Til, de Reliquiis peccati. Immiin. ti, ila indigna est fidei appellationc.

dities (peccati etiam in renatis hærei. Confessio Galo (5) Luc. VIII. vers. 13. Quia ad tempus credunt et lica art. 11. Affirmamus concupiscentiam etiam po i tempore ientationis recedunt.

baptismum esse vere peccatum quod ad culpam alli(6) Calv. III. Inst. e. 2. 9. 11. Nunquam disperit se nel. Catechismus palali, qurst. 126. Omnia peccata meu site electorum cordibus insitum. El in Harmon. nostra in nobis ctiam nunc herent. Wilak. I. III. de Mat:b. I. v. 20. Fidem quam semel insculpsit priorum Concupisc. c. 3. Remissio non omnem actu tollic cordibus, evan scere et perire impossibile est.

culpam. 17) Matth. X. v, 19. Si yis ad vitam ingredi, serya (6) S. Math. V. v. 12. Merces. mandala.

(6) Philip. III. v. 14. Bravinm. (8) Lutber. in II. Galat. Papistæ docent: fides in 17) Math. XX. v. 9. Denarius. Christum justificat quidem, sed simul servare oportel 18) I. Cor. IX. Coronam incorruptam. 2. Timoth. 4. etiam przcepta Dei; ibi statim Christus ncgatus el fi

lalim Christus ncgatus et A- . 8. Corona justilje. des abolita est.

(9) Caly. III. Inst. c. 15. & 4. Ipsa beatitudo mera (9) Heb. VI. v. 4. Qui semel illuminati sunt, 01- est Dei beneficentia. Et in Anlid. sess. 6. c. 17. Quod laverunt etiam donum coeleste.cl participes Incti sunt vitam alernain faciunt mercedem, in eo ab illis dissenSpiritus sancti : v. 6. ci prolapsi sunt, rursus reno- tio. Parens . de Justil. c. 11. et 13. vari ad panitentiam rursuin cruciligentes sibimetipsis (10) Prescript. c.3%. Olium Dei.

1) L. de lleresi. S. Aug. l. 111. contr. Faust. I. muda (10) Calv. III. Inst. c. 9. 6. 11.cit. Nunquam dispe docir. Christ.c 10. Si anmum præoccupavit alicujus rit semen File electorum cordibus insituni.

erroris opinio, quidquid aliter asseruorit Scriptura, (11) Joun. I. 1.29. Tollit precaluin. Isa. XLIV..?1. figuratum homincs arbitrantur.

outre avec le même Saint, que depuis que termes, en ont ressenti des effets avanlal'opinion de quelque erreur a préoccupé les geux : A quel propos rendre ceux à qui esprits, ils estiment tout ce que dit l'Ecriture vous devez tout vos redevables ? A quelle au contraire élre figuré. Par après, sans ve- fin vous vanter d'avoir été l'asile de ce grand nir au particulier des lieux dont il est ques. Henri en ses afflictions et en ses traverses? tion, je ferai voir à tout le monde par deux pourquoi représentez-vous sa couronne afraisons générales, que cette fuite vous est fermie sur sa tête par le ciment de votre inutile, et parce qu'il n'y a personne qui ne sang épandu en plusieurs batailles ? Les reconnaisse qu'il est impossible que Dicu ait Français n'élant pas étrangers en France, youlu nous enseigner tant et de si grands c'est-à-dire ignorants de ce qui s'y est passé, mystères de notre soi, non parce qu'ils sont, je ne juge pas à quelle fin vous étallez ainsi mais par le contraire qu'ils ne sont pas en vos services, si ce n'est pour donner lieu à effet, 'n'appartenant qu'aux imposteurs en tout le monde de vous condamner par sa matière importante de dire le contraire de propre connaissance', n'y ayant personne. ce qui est : et parce que vous ne pouvez in- quelque bons yeux qu'il ait, quelque soiférer de l'Ecriture ce que vous croyez en ces gneux qu'il soit de feuilleter l'histoire, qui points dont il s'agit, que par l'adjonction d'un puisse remarquer les services que vous avez principe humain, comme nous verrons par rendus sous François I et Henri II, qui sont après, ce qui est du tout injuste, puisque en ceux sous lesquels vous pouvez avec plus cela vous préférez votre raison à l'Ecriture, d'apparence prétendre avoir été persécutés, laissant de croire ce qu'elle ditexpressément, parce que sous leur règne on tâchait d'ém pour croire le contraire qu'elle ne dit pas, louffer votre erreur en sa naissance : si co mais que vous insérez par ratiocination fon- n'est qu'ainsi qu'il y en a qui pensent faire slée en un principe tiré de votre tête, pour bien lorsqu'ils ne font point de mal, vous convertir en votre sens ce que vous recon- réputiez à service ne desservir pas, ce qui naissez en vérité être pour nous.

encore ne vous donnerait pas gain de cause, C'est assez examiner ces points ; passons étant certain que si l'on doit savoir gré d'un à vos persécutions. Il n'y a personne qui mal non reçu, c'est à celui qui l'a pu faire: ne sache que le diable (1) a ses martyrs, et et il est clair que sous ces premiers rois si vous le mensonge des avocats si zélés qu'ils épan. aviez volonté de nuire, votre enfance ne vous dent leur vie pour sa défense : c'est ce qui permettait pas de l'exécuter. fait que sans m'amuser à le vérifier, il me Q ue si du règne de ces rois on passe à suffit de remarquer, que puisque (2) nul ne celui de François II et de Charles IX, et que peut prélendre gloire pour souffrir pour une vous prétendiez les avoir servis ; la conspireligion, si premièrement on ne prouve ralion d'Amboise contre le prénier, les baqu'elle est vraie : et que comme la raison et tailles de Dreux , de Saint Denis , de Jarnac, tous les pères nous l'enseignent (3), ce n'est et de Moncontour contre le dernier, l'entre, pas ia peine, mais la cause qui fait le martyre, prise qui fut faite à Meaux pour se saisir de n'étani pas prouvé que votre religion soit sa personne, peuvent-elles étre mises au vraie, mais au contraire, chose manifeste nombre des services ? Puisque vous prétendez qu'elle est fausse , vous ne pouvez tirer au: pour le mal avoir rendu le bien , il n'est pas cun avantage de vos persécutions, si ce n'est question de chercher lieu d'excuse à ces accelui de vous faire voir entachés de double tions ; mais quand on vous y recevrait, il mal, et de celui de l'erreur, et de l'obstina- vous serait impossible d'effacer la honte lion tont ensemble : vos souffrances ne lé- qu'elles ont imprimée sur le front de vos prémoignent ni volre piété ni votre courage; décesseurs : aussi peu pourriez-vous la coumais au contraire, selon saint (4) Augus- vrir par votre sang épandu en une funeste lin, que vous n'avez point de cæur; elles journée, puisque cette action étant posténe sont pas couronnes de votre foi, mais, rieure aux autres, on peut bien l'en dire selon saint Cyprien (5), peine de voire per- causée, mais non pas cause. Quant à Henri fidie?

III, les services qu'il a reçus de vous, paraiAprès avoir parlé de vos persécutions, tront par ceux que vous avez rendus à son vous représentez votre fidélité et vos ser successeur , la bataille de Coutras , la prise vices tels, à votre comple, que les rois mêmes de plusieurs villes, et diverses autres actions qui vous ont persécutés pour user de vos faisant assez connaitre qu'en servant l'un,

vous desserviez l'autre.' (1) S. Aug. Serm. 9. inter parisienses. Meleliani

Par là il parait que vos prédécesseurs ont apud Epiphan. bær. 68. vide Buron. an Christi 205.

servi le grand Henri, mais le mal est pour (2) Aug. lib. 11. contra Petil. cap. 23. Non bapli. vous, qu'il parait tout ensemble qu'ils l'ont zantur sanguine suo nisi qui occiduntur propter ju. servi, non comme roi, mais comme fauteur stitiam. liem prius est quærendum propter quid pali de leur secte, puisque leurs services prémini, et postea quid parimini.

viennent son avénement à la couronne, (3) Cypr. I. de Unit. S. August. Epist. 61. et I. . lorsqu'il les favorisait quvertement, auquel cont. Cresc. C. 48. Martyrem non facit pena, sed temps ils ne pouvaient légitimement l'assister caliga. (6) S. August. lib. contr. Gaud. c. 33. Quisquis

contre leur roi , et que depuis que le sceptre' pro parte Donati vel fimbriam vestimenti perdiderit,

royal lui fut tombé en main , qui était lo ror non habet.

temps auquel ils devaient mourir pour lui, (6) Cypr. I, de unit. Eccles. Non erit illa fidei co parce que bien qu'il fût leur roi, ayant em: rona, sed pena perfidie.

brassé la foi catholique, il ne se rendait fras

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en matière de religion promoteur de leur et celle d'une extrême vanité, et celle d'une cause, leur feu se convertit en glace, dont il grande méconnaissance, vous plaignant intémoigna de sa propre bouche sentir la froi- dustrieusement des prédécesseurs de sa Madeur au siège d'Amiens. Vous ne pouvez dire jesté, au lieu de témoigner un extrême resqu'avec témérité avoir été son refuge, mais sentiment des insignes obligations que vous on peut dire avec vérité que vous avez été leur avez. C'est le devoir d'un sujet de scrvir cause qu'il en a eu besoin : vous ne pouvez et se taire de ses services, laissant au prince dire avoir été cause de son bien, mais bien à les reconnaitre et à les publier : si le prince peut-on dire que vous l'avez été de ses mal- manque à ce qu'on doit attendre de lui, on heurs : car qui eût été plus heureux et plus n'a pas pour cela loi de s'en plaindre ; si on assuré que lui, si le séparant de l'Eglise vous s'en plaint, on est blåmable, et par conséne l'eussiez mis en état de perdre son royaume quent beaucoup plus si on le fait ayant sujet el sa vie parmi les hasards de la guerre, où de s'en louer. Les lecteurs jugeront si ceux il s'est mille et mille fois exposé, en état qui ont été reçus des rois à établir en un état d'être privé des couronnes de la terre et de une nouvelle chairc, à ériger un nouveau celles du ciel ? Celui qui après avoir précipité ministère du loul contraire à celui qu'ils rez en mer un homme pour le perdre , jugeant connaissent vrai ministère du grand Dieu, sa conservation lui être utile , lui tend la qui ont toute liberté de professer une créance inain pour le retirer du péril où il l'a mis, directement opposée à la leur, qui sont reçus ne peut tirer grande gloire de cette action : aux charges, aux dignités et aux états ; à qui si vous avez contribué quelque chose à l'é- le roi par sa bonté laisse grande quantité de tablissement de ce grand roi, qui pour avoir villes et de châteaux pour sûreté, quoique élé précipité par les vôtres du vaisseau de tous les autres Français se reposent absolul'Eglise, dans la mer de l'erreur, s'est trouvé ment en sa foi, vrai et seul asile des sujets : en de très-grands dangers , c'est seulement si ceux enfin qui ont de grandes pensions , en ce sens, encore est-ce si peu, que vous ne qui reçoivent de grands bienfaits , en faveur devez pas le tirer en ligne de compte. Au lieu desquels on a fait des édits avantageux qui de le servir, vous vous en êtes servis : il a sont gardés inviolablement, les lecteurs, combattu pour vous, et non vous pour lui, dis-je, jugeront si telles gens ont occasion de et lant s'en faut que vos armes et votre puis- se plaindre de leurs rois et les accuser tacitesance l'aient élevé à la couronne, que rien ment d'ingratitude en se représentant chargés ne lui a porté et affermi si puissamment que de maux pour salaire de leurs services. Si l'abjuration de vos erreurs qui l'avaient mis les anabaptistes avaient rendu autant d'asen péril : cependant il vous doit tout par sistance à un de vos princes pour recouvrer votre bouche: sur quoi je ne puis que je ne ses états, que vous prétendez en avoir rendu vous die ce qui est dit de Moab en Isaïe:Nous au grand Henry, lui conseilleriez-vous de avons oui su superbe, sa superbe et son arro- leur donner plus de liberté que vous en avez gance plus grande que sa force (Isa., VI). Voilà en France ? Én ayant reçu autant, les receen peu de mots comme les vôtres ont servi vriez-vous à se plaindre pour ne recevoir pas les rois, lesquels au lieu de désigner par un du tout pareil traitement que vous ? nom odieux, vous devez appeler vos bien- Au reste je vous demande en votre confaiteurs, puisque c'est sous eux que vous science, non seulement si tous les princes qui avez commencé à prendre pied en ce royaume professent votre créance, mais si aucuns avec liberté, et que ce sont eux qui ont fait

d'eux nous traitent ainsi en leurs états ? Je des édits du bénéfice desquels vous jouissez vous demande moins, je ne demande pas si encore maintenant.

les nôtres reçoivent des bienfaits , s'ils sont Si j'ai mis en jeu les déportements de vos reçus aux étals, s'ils sont élevés aux charges, prédécesseurs, ious délits étant personnels, c'est trop, je me réduis à demander si cn ce n'est pas pour vous impuler leurs fautes, leur donne la liberté de professer notre remais seulement pour remarquer en passant, ligion, non ouvertement, mais en cachette,

ligion, non ouvertement mg sur l'occasion que vous m'en donnez, ce qui avec sûreté de leur vie ? Après avoir bien s'est passé, laissant à ceux qui aiment la lec- pensé à la question que je vous fais, vous nc ture, à le voir plus au long dans nos hi- pouvez me répondre autre chosc , sinon que stoires. Et tant s'en faut que je voulusse vous s'ils reçoivent quelque grâce en tels étals , noircir du blåme de ceux qui vous ont précé

c'est celle du martyre que nous estimons le dés, qu'au contraire j'estime et liens pour plus. Aussi vos auteurs enseignent-ils qu'il assuré, que le roi , sous l'autorité duquel faut bannir et punir les hérétiques, et que la nous vivons tous, recevra tant de services, liberté de conscience est diabolique, ce qui ct de la noblesse qui vous écoute, et du fait que vous nous l'interdisez partout où peuple qui vous suit, et de vous-mêmes, que vous êtes les maitres (1). Cependant il y a la France aura occasion de perdre la mé- une grande différence entre votre condition moire des actions de vos pères qui lui ont et la nôtre, vous êtes innovatours, el parlant,

été préjudiciables. Cependant vous me per- ceux dont vous voulez troubler la possesmettrez de vous dire , que quand même les vôtres auraient servi , comme vous préten

(1) Beza, Ep. 4. Non dubitamus (magistratus) op. dez, par la vabile que vous vous en donnez, tinio jure in prefractos anabaptistas gladium strinvous en lirez la récompense de vous-mêmes, xisse. Bez. de hær. puniend. lib. integro. Id. ep. 1. quoique vous l'ayez bien reçue d'ailleurs. Est hoc mere diabolicum dogma , sinendum esse En quoi vous commcllez une double faute, unumquemque ut si volel percal.

sion, eussent pu légitimement vous empêcher avec les chréliens qui avaient sacrifié aux l'exercice de votre nouvelle créance, Luther idoles devant qu'ils eussent fait une légitime et vos propres auteurs enseignant qu'on le pénitence. Pour la même cause, les ariens , doit faire et le pratiquant ainsi. (1) Nous au rapport de S. Hilaire (1), niaient le Fils sommes possesseurs professant une doctrine élre consubstantiel au Père, de peur que la qui nous est laissée des apôtres, par trans- dignité du Père fûl épuisée par cct honneur mission de main en main, non interrompue : du Fils. Pour la même (2), Ics juifs ne vouet partant, on ne peut légitimement nous dé- laient pas que Jésus-Christ eúl la puissance bonter, sans nous avoir fait condamner par d'absoudre des péchés, rendant cet honneur un concile général, ce que tant s'en faut qu'on à Dicu, que de la laisser à lui seul. Pour la ait fait, que même nous ne sommes pas con- même, les novatiens, au rapport de S. Amdamnés avec apparence de justice par les broise (3), déniaient à l'Eglise la même puisprinces qui embrassent vos opinions, vu que sance. Pour la même , les manichéens, au nous n'avons pas été ouïs : en quoi vous rapport de S. Augustin (4), niaient certains usez de l'artifice de ceux qui ayant donné livres de l'Ecriture qu'ils disaient contenir sujet de plainte, se plaignent les premiers, des choses qui ternissaient la gloire de Jésusyous deuillants de la même chose, quoique Christ. Plusieurs autres enfin, pour abréger, celte liberté ne vous ait pas été déniée, et se sont servis de ce prétexte; mais ils ont que nous soyons très-contents qu'on vous la tous été condamné : par les pères, et avec donne, sachant bien qu'autant de combats grande raison, puisque Dieu n'a pas cherché seront autant de lauriers pour nous, et de en l'établissement de la religion chrétienne yictoires pour l'Eglise (2). Et ne désirant rien ce qui lui était honorable , principalement à plus , qu'en observant soigneusement les notre jugement, mais ce qui nous élait utile, édits faits en votre faveur, rencontrer les oc- ainsi que ces paroles : Il s'est pour nous casions de remporter à l'avantage de la vérité, anéanti soi-même, ayant pris forme de servide nouvelles dépouilles sur vos erreurs (3). teur ( Philipp., II, 7 ), nous le font connaiCHAPITRE III.

tre. C'est un mauvais moyen pour établir un

article de foi et en détruire un autre que ceSECTION 1.

Jui du plus grand ou moindre honneur que

Dieu en reçoit. Aussi S. Hilaire appelle-i-il MINISTRES.

les ariens qui s'en servent , religieusement Car si cela nous était permis, nous lui fe- impies, gens qui ont un soin irréligieux de riuns connailre clairement que notre religion Dieu. Il faut avoir d'autres fondements. Il est haie pour ce qu'elle ne reçoit autre règle de faul reconnaitre ce que nous enseigne l'Esalut que la parole de Dieu contenue ès saintes glise; et ceux qui sont si soigneux de l'honEcritures, ni autre chef de l'Eglise univer- neur de Dieu, doivent étre fort curieux de selle que Jésus-Christ notre Seigneur, ni autre s'en instruire pour ne faire pas en effet injure purgatoire de nos péchés que son sang, ni autre à celui dont ils ont l'honneur en la bouche, sacrifice propitiatoire pour nos péchés que sa ce qu'ils feraient représentant les choses aumort et passion, ni autre mérite envers Dieu trement qu'elles sont, étant certain, comme que l'obéissance qu'il a rendue pour nous d son dit Cassian, disciple de S. Chrysostome, que Père.

ce qui n'est pas dit comme il est, bien qu'il

semble honneur, est une vraie contumelie, ce RÉPONSE,

qui est vrai, quel qu'il soit, honore Dicu, La première chose qu'il faut remarquer puisqu'il l'a voulu ainsi, et que loutes ses en ce point, est l'art dont vous usez pour ga

volontés lui sont avantageuses : ce qui est gner les caurs et les aliéner de l'Eglise ca- faux, quoiqu'il semble avantageux, tourne à tholique en laquelle nous vivons. Vous repré- désavantage. Bien que beaucoup de choses sentez votre créance haïe à plusieurs titres n'aient aucun rapport à la grandeur du Toutpar lesquels toutefois vous prétendez la ren- Puissant, elles en ont toujours avec l'infinie dre recommandable devant Dieu et devant les perfection de sa charité el de son amour, athommes. Vous voulez qu'elle soit haïe pour tendu qu'elle parait d'autant plus accomplie, soutenir, aux points controversés entre nous,

que plus en vertu d'icelle il se ravale à choses ce qui fait plus à l'honneur de Dieu, et con- basses. El partant c'est un abus de mellre co damner en notre foi ce que vous reconnais avant l'honneur de Dieu pour éblouir les sez indigne de sa perfection. En cela, vous yeux du peuple. C'est cependant ce que vous faites comme les anciens hérésiarques, qui ont autrefois combattu les principaux points (1) Hil. lib. II. de Trinit. Solliciti nimium ne Pa. de la religion catholique. 'sous prétexte de trem Filius ab eo nalus evacuiel. conserver à Dieu un honneur plus enlier.

(2; M:r. II. Quis polest dimillere peccata nisi solus

Deus? Matth. IX. Pour cette raison, les schismatiques, au rap

(3) Ambr. 1. j. De pænit. c. 2. Aiunt (Novaljani) se port de S. Cyprien (4), sous prétexte d'exal

Domino deferrc reverentiam cui soli remillendorum ter la miséricorde de Dieu, communiquaient

eriininum potestatem reservent.

- (4) Aug 1. XXXII. contra Fausi. Quia talia ibi sunt (1) Luth. in 1. ad Galat. Luth. apud Sleidanum. quie Christi gloriam (lecolorent,

(5) L. 1 de Trinil. Religiose impios el l. iv. Irreli (2) Colloque de Poissy.

giosam de Deo sollicitudinem. (3) Conférence de Foniaincblc:11.

(6) Cassian. I. 1. de Incarnat. Quod non dicillir (4) Apud Cyp. Epist. 55.

ita ut cst, etiapı si honor videatur contunnelia est.

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