L'Echo des alpes: organe du club alpin suisse pour les sections de langue francaise

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A. Jullien., 1908 - Alps

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Page 306 - Arbres harmonieux, sapins, harpe des bois, Où tous les vents du ciel modulent une voix, Vous êtes l'instrument où tout pleure, où tout chante, Où de ses mille échos la nature s'enchante, Où, dans les doux...
Page 314 - Livourne, rivage terne et sans poésie, je me souvins de cette nuit sur la corniche, et j'essayai de la reproduire ici. Hélas ! en lisant un jour ces vers à Chiavari, par une soirée d'été aussi splendide que la première, je m'aperçus que j'avais défiguré mon modèle. La poésie pleure bien, chante bien; mais elle décrit mal. Le moindre coup de crayon d'un dessinateur ou d'un peintre vaut pour les yeux tout Homère, tout Virgile, tout Théocrite.
Page 323 - Mon âme est un torrent qui descend des montagnes Et qui roule sans fin ses vagues sans repos, A travers les vallons, les plaines, les campagnes, Où leur pente entraîne ses flots...
Page 254 - ... vapeur humide et blanche de lointaines cascades. Souvent, quand tous mes camarades étaient endormis, quand la nuit était limpide et que la lune éclairait le ciel, je me levais sans bruit; je grimpais contre les barreaux d'un dossier de chaise, dont je me faisais une échelle, et je m'accoudais des heures entières sur le socle de cette fenêtre, pour regarder amoureusement cet horizon de silence, de solitude et de recueillement. Mon âme se portait avec d'indicibles élans vers ces prés,...
Page 259 - Je m'arrêtais à tous les tournants de la rampe, je m'asseyais auprès de toutes les sources, à l'ombre des plus beaux châtaigniers, pour m'incorporer, pour ainsi dire, cette splendide nature par les yeux. J'hésitais involontairement, d'ailleurs, à me présenter au château de Vincy.
Page 261 - Rentré dans ma chambre, j'y retrouvais avant le sommeil le murmure assoupissant du lac qui roulait et reprenait les cailloux à chaque lame. Ma chambre était si près de l'eau que, les jours de tempête, les vagues, en se brisant, jetaient leur écume jusque sur ma fenêtre. Je n'ai jamais tant étudié les murmures, les plaintes, les colères, les tortures, les gémissements et les ondulations des eaux que pendant ces nuits et ces jours passés ainsi tout seul dans la société monotone d'un lac....
Page 314 - J'aime mieux le balancement d'une seule voile de pêcheur sur les lames bordées d'écume de ce golfe; j'aime mieux l'ombre d'un pin d'Italie transpercée d'une pluie de rayons de lune sur cette grève; j'aime mieux les grands bras d'un châtaignier de ces montagnes penchés sous le vent tiède , sonore et embaumé de l'Apennin, que les deux ou trois cents vers dans lesquels j'ai tenté de me réfléchir à moimême cette nuit. Impuissance de l'art , impuissance surtout de l'artiste devant la toute-puissance...
Page 256 - Salut au nom des cieux , des monts et des rivages Où s'écoulèrent tes beaux jours, Voyageur fatigué qui reviens sur nos plages Demander à tes champs leurs antiques ombrages, A ton cœur ses premiers amours! Que de jours ont passé sur ces chères empreintes! Que d'adieux éternels! que de rêves déçus! Que de liens brisés ! que d'amitiés éteintes ! Que d'échos assoupis qui ne répondent plus! Moins de flots ont roulé sur les sables...
Page 313 - L'imagination est le miroir de la nature , miroir que nous portons en nous , et dans lequel elle se peint. La plus belle imagination est le miroir le plus clair et le plus vrai, celui que nous ternissons le moins par le souffle de nos propres inventions...
Page 323 - Dans leurs nids de mousses Font peur aux oiseaux. La mère, qui tremble, Aux branches du tremble, Appelle et rassemble Ses petits tout trempés de la poudre des eaux ! (1) Nous n'insisterons pas sur les douzains qui commencent par un quintil (2).

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