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A LA HAYE,
Chez PIERRE GOSSE,

M. DCC. XXXIX

Barbie.

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AVERTISSEMENT

'Ouvrage qu'on donne au public

n'a rien de comun ni dans la L

matiére ni dans la forme avec celuy qui a pour tître, L'Art de

Penjer, & qui est une logique Françoise , dont tout le dessein se réduit à regler les trois opérations de l'entendement felon la méthode d'Aristote, ou plûtôt selon les principes de Descartes.

Le but que l'on se propose icy n'est point d'apprendre à concevoir de simples idées, ou à former des raisonnemens avec toute l'exactitude que demande la raison aidée de réflexions & de préceptes. - On ne s'attache pas même à re&tifier les jugemensordinaires qui se font dans le commerce de la vie & dans le discours familier sans nul rapport à l'éloquence & aux belles Lettres,

Il ne s'agit proprement que des jugemens ingénieux qui se rapportent à la feconde operation , & qui s'appellent Pensées en matiére d'ouvrages d'esprit; & ce que pré-, tend l'Auteur eft de démêler un peu les bonnes & les mauvaises qualisez de ces jugemens ou de ces pensées ; sans prétendre néanmoins preferire des regles, ni donner

des

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des loix qui gênent personne. Il dit ce qu'il penfe , & il laisse à chacun la liberté de juger autrement que luy.

Des ouvrages d'esprit dont il est question, & dans lesquels entrent les pensées que l'on examine; font les histoires, les poëmes, les piéces d'éloquence; comme les harangues, les panégyriques, les oraisons funébres; enfin tout ce qui s'écrit avec soin , & où il faut une certaine justesse qui va encore plus aux choses qu'aux paroles.

Comme le Dialogue est propre à éclaircir les questions les plus obscures , & que les gens qui y parlent peuvent aisément dire le pour & le contre sur toutes sortes de fu. jets, on a jugé à propos de traiter la matiére des pensées en Dialogues, & de la réduire à quatre, selon l'étendue qu'on a crų qu'elle devoit avoir. Le second est plus long que les autres', parce que le fujet le veut ainsi : mais les Lecteurs pourront l'abréger quand il leur plaira, en le quittant dès qu'ils sentiront de l'ennuy. Ces quatre Dialogues contiennent peut-être ce qu'ily a de plus exquis dans les Auteurs anciens & modernes ; ce qu'il y a même de vicieux en beau dans les meilleurs Ecrivains ; de forte qu'ils peuvent servir, ki je l'ofe dire, non seulement à polir l'esprit, mais à le former.

Au reste, quoy-qu'on ne traite pas les choses dans la méthode de l'Ecole, ni qu'on ac faffe pas profeffion de rien enseigner de

l'Art

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