Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIe siècle, Volume 1

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Page 49 - Donnez en cette Grèce menteresse et y semez encore un coup la fameuse nation des Gallogrecs. Pillez-moi sans conscience les sacrés trésors de ce temple delphique, ainsi que vous avez fait autrefois, et ne craignez plus ce muet Apollon, ses faux oracles ni ses flèches rebouchées [émousséesj.
Page 318 - Je vois l'être et la vie et leur source inconnue , Dans les fleuves d'éther tous les mondes roulants. Je poursuis la comète aux crins étincelants, Les astres et leurs poids, leurs formes, leurs distances ; Je voyage avec eux dans leurs cercles immenses. Comme eux, astre, soudain je m'entoure de feux, Dans l'éternel concert je me place avec eux : En moi leurs doubles lois agissent et respirent ; Je sens tendre vers eux mon globe qu'ils attirent. Sur moi qui les attire ils pèsent à leur tour.
Page 71 - Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ! ses beautez laissé cheoir ! O vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir...
Page 295 - Jodelle ayant gaigné par une voix hardie L'honneur que l'homme Grec donne à la Tragédie, Pour avoir, en haussant le bas...
Page 435 - Pâle étoile du soir, messagère lointaine", Dont le front sort brillant des voiles du couchant, De ton palais d'azur, au sein du firmament, Que regardes-tu dans la plaine ? La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés. La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère-, Le phalène doré, dans sa. course légère Traverse les prés embaumés. Que cherches-tu sur la terre endormie ? Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser; Tu fuis, en souriant, mélancolique amie, Et ton tremblant regard...
Page 108 - Où sont tant de promesses saintes, Tant de pleurs versés en partant? Est-il vrai que ces tristes plaintes Sortissent d'un cœur inconstant ? Dieux ! que vous êtes mensongère ! Maudit soit qui plus vous croira ! Nous verrons, volage bergère, Qui premier s'en repentira. Celui qui a gagné ma place, Ne vous peut aimer tant que moi ; Et celle que j'aime vous passe De beauté, d'amour, et de foi. Gardez bien votre amitié neuve, La mienne plus ne variera, Et puis nous verrons à l'épreuve Qui premier...
Page 318 - AUJOURD'HUI qu'au tombeau je suis prêt à des[cendre, Mes amis, dans vos mains je dépose ma cendre. Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul, Que les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain lent et sombre, De leur chant lamentable accompagnent mon ombre Et sous des murs sacrés aillent ensevelir Ma vie et ma dépouille, et tout mon souvenir.
Page 91 - Mais moy je donne ma voix A ce mois, Qui prend le surnom de celle Qui de l'escumeuse mer Veit germer Sa naissance maternelle.
Page 305 - Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame, Las ! le temps non, mais nous, nous en allons, Et tost serons estendus sous la lame...
Page 107 - Rozctte, pour un peu d'absence, Votre cœur vous avez changé ; Et moi, sachant cette inconstance. Le mien autre part j'ai rangé. Jamais plus beauté si légère Sur moi tant de pouvoir n'aura. Nous verrons, volage Bergère, Qui premier s'en repentira.

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